le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 5 juillet 2023 15:33 | mis à jour le 25 mars 2024 15:36 Local

Cinq jeunes filles inuit s’apprêtent à vivre l’aventure On the land

Le programme Arnait On the Land se déroulera dans le parc territorial de Katannilak, où le groupe fera une randonnée de 12 km et campera à la cabine 7 sur le sentier Itijjagiaq. — Crédit : Melissa Bascunan
Le programme Arnait On the Land se déroulera dans le parc territorial de Katannilak, où le groupe fera une randonnée de 12 km et campera à la cabine 7 sur le sentier Itijjagiaq.
Crédit : Melissa Bascunan
Des adolescentes de 13 et 14 ans participeront au mois d’aout au programme Arnait On the Land. Elles pourront vivre des activités basées sur l’Inuit Qaujimajatuqangit, l’importance de se soucier de la nature et de fournir un espace et des outils pour en apprendre davantage sur elles-mêmes et sur leur environnement.

Melissa Bascunan et Nicole Amagoalik sont étudiantes au Collège de l’Arctique à Iqaluit et instigatrices de ce projet.

À l’automne dernier, les deux jeunes femmes ont eu la chance de se rendre en Norvège pour un échange étudiant. Sur place, elles ont pu participer à un programme axé sur l’idéologie du mélange entre le plein air et l’éducation.

Inspirées par ce voyage, elles ont eu le gout de proposer à leur tour un programme, Arnait On the Land (Femmes sur le territoire), rassemblant le plein air moderne et les valeurs traditionnelles inuit. Le programme est dédié aux jeunes adolescentes.

Après avoir appliqué afin d’obtenir une subvention auprès du ministère de la Culture et du Patrimoine du Nunavut, leur projet a été sélectionné et se met à présent en branle.

Crédit : Melissa Bascunan

Être en communion avec la nature

Melissa Bascunan souhaitait depuis longtemps faire un programme permettant la transmission d’outils aux jeunes qui allait ensuite leur servir tout au long de leur vie.

Le fait de connecter à la nature est un élément majeur du programme.    

Les deux partenaires souhaitaient aussi insérer d’autres apprentissages dans leur projet.

« Un des aspects aussi qu’on veut travailler, c’est avec les jeunes par rapport à la connaissance de soi. On voulait faire aussi un programme qui inclut comment avoir une relation saine avec nous-mêmes, comment connaitre nos limites personnelles, comment comprendre les émotions puis travailler avec les émotions, comment cultiver de bonnes relations avec autrui ou la communauté », explique Melissa Bascunan.

Par exemple, divers sujets seront abordés lorsque le groupe sera assis autour du feu.

La cueillette de baies et la cuisine comptent aussi parmi les activités proposées durant le périple.

Pour les deux organisatrices, cibler les jeunes filles de 13 et 14 ans était intéressant, car l’expérience leur offrira une belle transition vers le secondaire.

Avec un taux élevé de suicide chez les jeunes sur le territoire, un programme comme celui-ci vise aussi à faire de la prévention à ce niveau.

Récemment, la seule maison de jeunes pour filles du territoire a fermé ses portes et les ressources jeunesse dédiées aux situations de crise sont peu nombreuses.

Melissa Bascunan souligne avoir trouvé une partenaire incroyable en Nicole Amagoalik. Étant non-Inuit, Melissa estime qu’elle n’aurait pas pu réaliser ce programme seule. Les bagages différents des deux jeunes femmes font en sorte de se complémenter.

Un objectif déjà atteint

Le programme se déroulera du 17 au 22 aout dans le parc territorial Katannilik.

Après avoir fait un premier bout de chemin en avion, le groupe fera une randonnée de 12 km et campera à la cabane 7 sur le sentier Itijjagiaq.

Une bonne planification et préparation sont nécessaires pour s’assurer du bon déroulement du programme. Avant la fonte de la neige, deux personnes avaient déjà été engagées pour aller porter en motoneige des provisions et des matériaux.

Une rencontre a aussi déjà eu lieu avec les cinq jeunes filles inuit participantes ainsi que leurs parents. Ce moment a permis de prendre les mensurations de chaque participante en vue de l’achat de l’équipement nécessaire à la réalisation du projet.

À la fin du programme, les participantes conserveront leurs pièces d’équipement en souhaitant qu’elles continuent à pratiquer des activités extérieures dans l’avenir.

La deuxième rencontre d’orientation est dédiée à essayer l’équipement et à aborder l’aspect de la sécurité. Un représentant du Parc parlera également aux jeunes participantes de la vie dans cet espace et de la façon dont les Inuit vivaient dans le passé avec la présence d’un ainé.

En proposant un programme de cette envergure, Melissa Bascunan estime avoir déjà atteint un objectif.

Les nombreuses réactions et le grand intérêt sous la publication Facebook annonçant le programme représentent aussi une réussite pour les deux jeunes femmes.

« Juste là, on peut déjà démontrer qu’il y a une demande incroyable pour ce genre de programme », souligne Melissa Bascunan qui souhaiterait voir l’offre de programmes similaires se multiplier sur le territoire.

L’objectif est aussi d’ouvrir la porte pour des programmes plus inclusifs On the Land.