le Mercredi 29 mai 2024

Mise en scène et chorégraphiée par Jacques Poulin-Denis, cette production de la compagnie Grand Poney a été créée en allant à la rencontre d’étudiants d’écoles secondaires.

Le tapis roulant, qui suscite la fascination des spectateurs, se veut une métaphore du temps qui passe ; du passage de l’enfance à la vie adulte, de la voie que nous parcourons et de la vie qu’il faut apprendre à dompter.

Que ce soit en solo, en duo ou en groupe, le quintette de danseurs propose différents tableaux amenant son auditoire à naviguer à travers plusieurs univers et émotions.  

Le tapis roulant, qui suscite la fascination des spectateurs, se veut une métaphore du temps qui passe ; du passage de l’enfance à la vie adulte, de la voie que nous parcourons et de la vie qu’il faut apprendre à dompter.

Crédit : Vincent Desrosiers

Donner le goût à la danse

Le public d’Iqaluit a eu le privilège d’assister à l’une des 25 représentations du spectacle ON/OFF offerte cette année. En 2025, ce sont plus d’une quarantaine de dates qui sont déjà programmées.

L’engouement des diffuseurs confirme le vif succès du spectacle.

« Les jeunes embarquent, ils crient. Ça se passe vraiment dans la musique. C’est très entrainant. Ça fonctionne très très bien », indique Émilie Voyer, directrice de production chez Grand Poney.

Abordant des thématiques importantes en utilisant la musique et très peu de paroles, les artistes parviennent à exprimer leurs émotions avec leur corps.

Acteur de formation, Gabriel-Antoine Roy, l’un des cinq artistes du spectacle, s’est découvert une passion pour la danse au fil de l’aventure.

Il compare le tapis roulant au quotidien qui défile.

« Je pense que ce tapis-là, si on ne danse pas dessus, on marche, on marche, on avance avec. Mais après, c’est comment s’en défaire pour devenir libre et s’épanouir dans notre quotidien », exprime-t-il.

Au contact du public, le groupe est toujours fasciné de constater que les jeunes trouvent constamment un parallèle entre leur vie et le message véhiculé par le spectacle.

Lors de leur passage à Iqaluit, les artistes ont d’abord offert une représentation devant les jeunes de l’École des Trois-Soleils, puis une deuxième destinée à toute la communauté.

Des ateliers ont aussi été offerts aux étudiants.

« Il y a des jeunes dans les ateliers qui ne s’attendaient pas nécessairement à aimer la danse mais qui se sont mis à danser […] On les encourage et puis, rapidement, ça leur donne le goût de continuer », explique Gabriel-Antoine Roy.

Les artistes ont été surpris de constater qu’il y avait beaucoup d’immigrants parmi les francophones d’Iqaluit.

Pour eux, cette mixité était très intéressante et enrichissante puisque le rapport à la danse est différent selon la culture.

Que ce soit en solo, en duo ou en groupe, le quintette de danseurs propose différents tableaux amenant son auditoire à naviguer à travers plusieurs univers et émotions. 

Crédit : Vincent Desrosiers

Les danseurs ont offert une période de questions après le spectacle, durant laquelle les jeunes ont été particulièrement curieux au sujet du tapis roulant.

Crédit : Vincent Desrosiers

Un instrument peu banal

Le tapis roulant utilisé dans le spectacle est en réalité un convoyeur, qui est beaucoup plus grand qu’un tapis roulant maison.

La courroie sur laquelle les artistes dansent mesure 4 pieds de large et 11 pieds de long.

« Ça ressemble plus à des tapis roulants qu’on utilise pour entrainer les chevaux », souligne Émilie Voyer.

Avec une salle plus petite qu’à l’habitude et le fait qu’il n’y ait pas de coulisses au Franco-Centre, les artistes ont dû faire quelques adaptations.

« On avait tellement le goût de venir à Iqaluit et de vivre cette expérience-là qu’on voulait le faire coûte que coûte », explique Gabriel-Antoine Roy.

Il a aussi fallu prévoir le temps nécessaire pour acheminer le tapis roulant et également, s’assurer qu’il puisse revenir au Québec à temps pour la prochaine représentation.

« Le risque en vaut la chandelle! Je pense que l’équipe sait la chance qu’elle a d’aller à Iqaluit dans le cadre du travail ; de faire un spectacle là-bas. En plus, avec les ateliers, ça permet un contact avec la population. C’est enrichissant! », déclare Émilie Voyer.

Chose certaine, bouger à cinq sur un tapis roulant sans s’accrocher et sans nuire aux mouvements des autres n’est pas simple.  

« Il faut s’entrainer spécifiquement pour le tapis ; donc vraiment, travailler les équilibres, puis travailler l’alerte aussi. On essaie de toujours trouver des façons de s’entrainer où on ne rentre pas dans un pilote automatique. Il faut tout le temps être bousculé, disons, dans notre entrainement », précise l’artiste.

Lors de la période de questions après le spectacle, les jeunes ont été particulièrement curieux de savoir d’où est partie l’idée d’un spectacle utilisant le tapis roulant.

Outre le fait que plusieurs spectateurs auraient souhaité essayer le tapis roulant, ce qui est malheureusement impossible question d’assurances, de nombreux questionnements concernent le fonctionnement de la machine et ce qui est improvisé ou prévu dans la chorégraphie.

Tout au long de l’année, Skills Canada Nunavut propose une variété de programmes et d’activités liés aux métiers spécialisés et aux carrières technologiques.

En collaboration avec les écoles, les gouvernements et les leaders de l’industrie à travers tout le territoire, l’organisation propose aussi plusieurs événements gratuits.

Le plus grand d’entre eux est le concours territorial qui permet également de sélectionner les participants ayant le mieux performé pour faire partie de l’équipe nationale de Compétences Canada.

Cette année, une dizaine de jeunes iront représenter le territoire lors de cette compétition qui aura lieu à Québec les 30 et 31 mai prochains.

Les participants de la plus récente compétition de Skills Nunavut ont pu démontrer leurs habiletés dans des domaines tels que le perlage, la mode nordique, la photographie, la vidéographie, la menuiserie, la plomberie, le soudage, l’électricité, la cuisine, la coiffure, l’esthétique et l’ébénisterie.

Crédit : Akshay Achuth
Crédit : Akshay Achuth

Des domaines de compétition variés

Le concours de compétence a été créé afin que chaque province et territoire puisse mettre en valeur le savoir-faire des étudiants dans les métiers et les carrières technologiques.

Les participants de la plus récente compétition, qui se tenait à l’école secondaire Inuksuk, ont pu concourir dans les domaines proposés par Compétences Canada, ainsi que dans ceux créés par l’organisation territoriale.

Les jeunes ont ainsi pu démontrer leurs habiletés dans des domaines tels que le perlage, la mode nordique, la photographie, la vidéographie, la menuiserie, la plomberie, le soudage, l’électricité, la cuisine, la coiffure, l’esthétique et l’ébénisterie.

Par exemple, alors qu’en menuiserie, les participants devaient construire une niche pour chien, les compétiteurs dans le domaine de la cuisine ont eu à créer des menus et des repas composés d’entrées, de plats principaux et de desserts.

La création de vêtements traditionnels tels que les parkas et les mitaines était à l’honneur pour la mode nordique. 

L’organisation estime que cette 19e édition était la plus réussie à ce jour et est satisfaite de la participation de la trentaine de jeunes en provenance de sept communautés.

« C’est à peu près la moyenne chaque année en raison des coûts de vol, des hébergements, du nombre de communautés impliquées, du nombre de bénévoles que nous avons, etc. », explique Natalie Maerzluft, coordonnatrice de programmes pour Skills Canada Nunavut.

Crédit : Akshay Achuth

Des champs d’expertise essentiels

Selon Natalie Maerzluft, les carrières dans le domaine des métiers spécialisés et de la technologie sont importantes pour de nombreuses raisons, la première étant que c’est ce qui fait « fonctionner le monde ».

Au Nunavut, en particulier, les établissements scolaires offrent peu de programmes dans ces domaines.

« Il est difficile d’amener les étudiants à comprendre que vous pouvez vivre et travailler dans un métier spécialisé et que c’est un emploi et un cheminement de carrière incroyable », soutient-elle.

Natalie Maerzluft estime qu’un événement tel que le concours Skills Canada Nunavut fait en sorte d’aider les jeunes Nunavummiut à comprendre que ces types d’emplois sont aussi pour eux.

« Ils ne sont pas hors de portée ou quelque chose que vous devez rêver pour “plus tard”. Vous pouvez faire ce genre de travail dès maintenant, et cela en vaut vraiment la peine ! Plus tôt les gens peuvent faire des métiers avec leurs mains, plus tôt ils comprennent qu’ils peuvent poursuivre ces métiers et ainsi redonner à leur communauté », conclut-elle.

« Il est essentiel que nous commémorions nos sœurs volées d’une manière qui reflète la douleur et la guérison des Nunavummiut », a déclaré la ministre Margaret Nakashuk lors du dévoilement.

Crédit : Conseil Qulliit de la condition féminine du Nunavut

Margaret Nakashuk, ministre responsable de la Condition féminine du Nunavut et Amber Aglukark, présidente du Conseil Qulliit de la condition féminine du Nunavut étaient réunies à l’occasion du dévoilement du projet RED.

Disponible en ligne dès maintenant, cette nouvelle exposition est axée sur la commémoration, la guérison et l’émancipation des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées à travers les yeux d’artistes du Nunavut.

Le volet itinérant de l’exposition débutera au Musée Nunatta Sunakkutaangit d’Iqaluit le 2 septembre prochain.

14 œuvres porteuses d’un message

« Il est essentiel que nous commémorions nos sœurs volées d’une manière qui reflète la douleur et la guérison des Nunavummiut », a déclaré la ministre Margaret Nakashuk lors du dévoilement.

« Nous voulions faire quelque chose de concret qui parle du parcours, de la lutte et de l’immense perte que nous ressentons, mais qui donne aussi de l’espoir et de l’autonomisation à tous », a-t-elle ajouté.

Le Conseil Qulliit de la condition féminine du Nunavut a cru qu’une exposition était la meilleure façon de rendre hommage aux femmes et filles autochtones disparues et assassinées du Nunavut.

« Nous avons eu plusieurs discussions à ce sujet, car nous voulions aller au-delà de la marche commémorative, créer un espace sûr et durable qui amène, entre autres, une compréhension immédiate et puissante de l’immense tragédie qui affecte les communautés autochtones en général et les femmes, filles et personnes LGBTQS+ Inuit en particulier. Cette initiative reflète cette volonté », explique Angela Petru, gestionnaire de projets au Conseil Qulliit de la condition féminine du Nunavut.

Elle estime que l’art est un bon moyen pour éveiller les consciences et dénoncer l’injustice tout en offrant la possibilité de démontrer la volonté de prendre en main son destin et de créer un monde meilleur pour les générations à venir.

La collection actuelle compte 14 œuvres qui ont été acquises d’artistes professionnels et d’artistes Nunavummiut.

Ces œuvres sont divisées en deux catégories, soit « Vision des artistes », qui présente une collection d’œuvres commandées auprès d’artistes du Nunavut et « Perspectives des Nunavummiut », qui sont des œuvres d’art non commandées, sélectionnées par le Conseil Qulliit de la condition féminine du Nunavut. 

Différentes formes d’art ont été utilisées par les artistes, dont la peinture, la sculpture et la création de différents objets tels qu’un collier, des bottes, un kalikuk et un nasaq.

« Je souhaite créer une tapisserie en 3D en hommage à tous les Inuit qui ne se sont jamais sentis en sécurité dans cette vie. Elle symbolisera la protection qu’ils auraient dû avoir et, je l’espère, la paix dont ils jouissent désormais », a déclaré l’artiste d’Iqaluit Yurak, pour présenter son œuvre.

Le Conseil Qulliit de la condition féminine du Nunavut a souhaité garder ses critères de sélection au minimum afin de donner le plus de liberté créative aux participants.

De façon générale, l’œuvre devait refléter l’esprit de l’initiative, être facilement exposée et transportée et être conçue pour durer.

Le Conseil Qulliit de la condition féminine du Nunavut a cru qu’une exposition était la meilleure façon de rendre hommage aux femmes et filles autochtones disparues et assassinées du Nunavut.

Crédit : Conseil Qulliit de la condition féminine du Nunavut

Une exposition qui prendra de l’ampleur

L’exposition en présentiel débutera au mois de septembre 2024 à Iqaluit et le Conseil Qulliit de la condition féminine du Nunavut prévoit la présenter dans toutes les régions du Nunavut dans le futur.

Dans l’objectif de faire grandir cette exposition, le Conseil approchera chaque année des artistes et la population du Nunavut en général pour qu’ils soumettent leurs visions de RED.

Ces œuvres pourront ensuite être vues sur le site Web.

En visitant l’exposition, l’organisation souhaite que le public puisse en retirer un message important.

« Il est important de créer des espaces sûrs, ou nous pouvons nous recueillir pour nous rappeler, mais aussi pour apprendre, guérir et réfléchir aux pistes de solutions individuelles et collectives », conclut Angela Petru.

Le grand prix de 1 000 000 $ a été décerné au Centre Inotsiavik à Hopedale au Nunatsiavut. Inotsiavik signifie « un endroit où bien vivre » en nunatsiavummiutut et ce centre sécuritaire et accueillant est voué à la revitalisation de l’inuktitut et de la culture inuit.

Avec ce prix, des programmes destinés à renforcer les compétences, l’estime de soi et la fierté d’être Inuit.e. seront mis en place par l’intermédiaire de cours d’inuktitut et de formations culturelles variées.

« Ce prix change tout, pas seulement pour notre équipe, mais aussi pour toute la communauté du Nunatsiavut. Nous n’en serions pas là aujourd’hui sans l’indéfectible soutien de notre communauté, et recevoir la reconnaissance du Prix Inspiration Arctique ainsi que le prix de 1 million de dollars nous comble de bonheur. Merci à l’équipe du Prix Inspiration Arctique pour son énorme soutien. Quel privilège d’avoir maintenant les moyens de planifier et de financer des programmes culturels et linguistiques pour les prochaines années! », a déclaré l’équipe d’Inotsiavik.

Face à l’insécurité alimentaire et la perte des liens avec la culture autochtone auxquels font face ses employés, Brenda Dragon (à droite), fondatrice d’Aurora Heat, souhaite leur apporter son soutien dans un environnement de travail flexible. Une serre arctique va être construite sur le lieu de travail afin que les employés bénéficient, pendant leurs heures de travail, d’ateliers avec des personnes aînées sur l’importance de la nourriture traditionnelle et de la connexion au territoire.

Crédit : Nelly Guidici

Cinq prix allant de 112 000 $ à 500 000 $ ont également été remis.

La ferme-école thérapeutique du Yukon a reçu un prix de 500 000 $ et est destinée aux élèves souffrant d’autisme, de retards cognitifs ou de TDAH, de la maternelle à la 12e année. Cette école atypique favorise l’apprentissage par l’expérience en proposant notamment des approches basées sur l’ergothérapie, l’orthophonie, la thérapie par le jeu, la musicothérapie et la thérapie équine.

Le Centre Thay K’i Anint’i au Yukon a reçu 499 000 $. Depuis que le territoire a décrété en janvier 2022 l’urgence de santé publique liée à la consommation de substances, les services de postintervention ne suffisent pas à la demande.

Ce centre offrira donc des services supplémentaires de rétablissement et de mieux-être pour bonifier les programmes de rétablissement de la santé qui allient la culture autochtone et les pratiques occidentales afin d’intervenir auprès des personnes et des communautés. Ce centre biculturel va maintenant élargir ses activités et intervenir dans l’ensemble du territoire pour que toute la population ait accès à des programmes de rétablissement.

L’initiative Apprendre, s’approvisionner en nourriture, gagner sa vie (Learning, Harvesting, Earning) a reçu 425 000 $.

Face au fléau de l’insécurité alimentaire au Nunavut, ce projet a pour but d’enseigner aux garçons et aux jeunes hommes les techniques traditionnelles de pêche à l’omble chevalier, autant dans les sites de pêche estivaux qu’hivernaux. Par l’apprentissage de la pratique durable de la pêche et l’acquisition de compétences traditionnelles, les garçons et les jeunes hommes autochtones gagneront en autonomie et contribueront à l’essor de leur collectivité.

Le projet « Les Réunions de Nutak et de Hebron » a reçu la somme de 298 000 $ afin de permettre aux personnes encore vivantes et valides qui ont été expulsées de Hebron, de Nutak et d’Okkak au Nunatsiavut, de retourner ensemble vers leur terre natale en juillet 2024.

« Nous ne voulons pas choisir qui peut s’y rendre, mais nous voulons y retourner tous ensemble », a déclaré Lena Onalik, très émue lors de la réception du prix.

Les effets durables de ce projet permettront aux personnes expulsées et les membres de leurs familles d’y retourner régulièrement dans le futur. Fondé dans les années 1830 par les missionnaires moraves, Hebron est l’un des lieux les plus importants du Labrador sur le plan culturel.

Des offices religieux y étaient dispensés et on y trouvait également un centre éducatif, commercial et médical. De nombreux Inuits de la région s’y rendaient aussi à l’occasion de fêtes religieuses comme Noël et Pâques.

Les trois communautés ont été abandonnées en 1956 et 1959 à la suite de la fermeture des missions moraves. Sans aucun préavis et sans avoir été consultés, 417 résidents inuit ont été relocalisés à plus de 150 kilomètres au Sud, à Nain notamment.

Enfin, le projet « Autochtoniser l’emploi par le soutien et le savoir traditionnel » a reçu 112 000 $ et est implanté dans les Territoires du Nord-Ouest. Ce projet s’adresse aux employés de l’entreprise d’artisanat Aurora Heat à Fort Smith.

Cette entreprise conçoit et fabrique des produits en fourrure de castor comme des chauffe-mains ou des chauffe-pieds. Ces produits sont tous faits à la main par 14 employés. Cependant face à l’insécurité alimentaire et la perte des liens avec la culture autochtone auxquels font face ses employés, Brenda Dragon, fondatrice de l’entreprise, souhaite leur apporter son soutien dans un environnement de travail flexible.

Avec cette somme, une serre arctique va être construite sur le lieu de travail afin que les employés bénéficient, pendant leurs heures de travail, d’ateliers avec des personnes ainées sur l’importance de la nourriture traditionnelle et de la connexion au territoire.

Le projet L.O.V.E. Inuktut, dont le but est de revitaliser et de protéger 11 dialectes d’inuktut, a reçu 100 000 $.

Crédit : Nelly Guidici

Dans la catégorie jeunesse, quatre projets ont été récompensés.

Le projet Investir dans l’avenir des femmes inuites a reçu 98 000 $ et a pour objectif de créer des occasions d’emploi et d’acquisition de compétences pour de jeunes femmes et de jeunes mères inuites. Les compétences ainsi acquises leur permettront d’augmenter à la fois leurs revenus et leur estime de soi.

La troupe de théâtre jeunesse du Yukon (Yukon Theatre for Young People) a reçu 99 000 $. Cette somme permettra d’organiser un festival d’art dramatique de trois jours au Centre des Arts du Yukon au début de l’année 2025.

L.O.V.E. Inuktut, dont le but est de revitaliser et de protéger onze dialectes d’inuktut, a reçu 100 000 $. La création d’une application novatrice qui intègre des vidéos d’apprentissage des langues dans les activités de la vie quotidienne s’ajoutera aux ressources existantes d’enseignement de l’inuktut.

La Coalition des jeunes pour la sécurité alimentaire – Nord a reçu 100 000 $ pour son projet qui vise à échanger avec les jeunes, à les soutenir et à les mettre en relation pour qu’ils lancent des initiatives alimentaires dans leur région.

Le but de la Coalition est d’amener les jeunes à s’engager dans la production alimentaire locale et à se sentir en confiance pour partager leurs connaissances et leurs expériences. Les responsables du projet entendent créer un réseau de ressources gérées par et pour les jeunes, réseau qui les encouragera à participer aux débats et aux initiatives en lien avec l’alimentation dans le Nord.

En processus d’idéation depuis environ un an, le projet « La peur du noir » de Murielle Jassinthe se base sur une suite poétique et parle du vécu de l’artiste ; en abordant entre autres son vécu en tant que femme noire qui a voyagé.

Ce projet, qu’elle qualifie de « voyage identitaire à travers le temps et l’espace », est réalisé avec Guillaume Tondreau, un partenaire musicien de Québec qui travaille de son côté à la création de la musique.  

Étant une artiste interdisciplinaire, Murielle Jassinthe est toujours en réflexion sur les types d’arts qui seront intégrés à « La peur du noir ». Vidéo, photographie, danse, chant ; tout est envisagé pour le moment.  

Étant une artiste interdisciplinaire, Murielle Jassinthe est toujours en réflexion sur les types d’arts qui seront intégrés à « La peur du noir ». Vidéo, photographie, danse, chant ; tout est envisagé pour le moment. 

Crédit : Julie Martin

De nombreuses découvertes

Ce séjour de travail de deux semaines, qui a fait en sorte que son projet prenne un élan considérable, a été possible après que Murielle Jassinthe ait posé sa candidature au Labo.

« J’ai pris des photos et vidéos de la ville parce que je voulais aller chercher un côté urbain de Toronto », explique Murielle Jassinthe.

Elle a entre autres réalisé des prises de vue sur le toit du Labo.

Ces semaines ont été très profitables pour l’artiste qui travaille sur plusieurs éléments à la fois.

« J’ai tellement découvert dans ma recherche-création des avenues intéressantes. J’ai pu jouer avec la lumière. J’ai pu jouer avec les ombres. J’ai pu jouer avec la couleur, avec les projections », soulève-t-elle.

Le fait d’aller travailler deux jours à Québec avec Guillaume Tondreau lui a aussi apporté beaucoup d’éclaircissement sur la façon qu’elle souhaite présenter ce projet en premier lieu.

Alors qu’il reste encore beaucoup de travail à réaliser pour l’aboutissement de cette création, elle croit que « La peur du noir » pourrait être sous la forme de poésie et de musique.

« Créer c’est toujours bien, mais on pense aussi à comment on va le diffuser », indique Murielle Jassinthe.

Durant sa résidence artistique, la femme a été rejointe par Oana Avasilichioaei, artiste de Montréal qui venait de son côté travailler sur la partie sonore de son projet « Chamber Sonic » en menant notamment des expérimentations à partir du son produit par des perles, des fermetures éclair ou une brosse.  

Une causerie artistique a eu lieu avec les deux artistes le 2 mai au Labo.

« On a partagé plein de choses avec la population sur qu’est-ce qu’on faisait, pourquoi on le faisait. Il y avait vraiment de belles questions par rapport à notre démarche artistique, parfois aussi l’engagement social, etc. Ça faisait du bien de pouvoir partager tout ça », affirme-t-elle.

Des ressources insuffisantes au Nunavut

Le Labo se décrit comme étant « pour tous les artistes souhaitant bénéficier d’un soutien et disposer d’un lieu et d’équipements professionnels, pour tous les passionnés d’arts qui souhaitent se perfectionner et rejoindre la communauté artistique de Toronto, pour tous les curieux qui adhèrent à notre mission ».

Pour une artiste du Nunavut, avoir accès à un studio, du matériel, des ressources et de l’accompagnement comme le fait cette organisation est précieux et enrichissant.

« Surtout le fait de rencontrer d’autres artistes francophones et autres à Toronto, créer des liens, faire du réseautage, rencontrer pas seulement des artistes, mais aussi d’autres formes d’artistes avec qui je pourrais travailler éventuellement », explique la femme.

Le fait de quitter sa ville pour aller travailler ailleurs permet de placer toutes ses énergies dans la création et d’avoir un regard artistique aiguisé en tout temps.

« J’étais comme à 100 % concentrée dans la création en fait, toujours dans ma tête à penser à créer, observer, observer la ville… Sincèrement, j’ai créé sans arrêt », déclare Murielle Jassinthe.  

De façon naturelle, Murielle Jassinthe aime partager ses apprentissages avec les gens autour d’elle et ce qu’elle a retiré de sa résidence artistique ne fera pas exception.

Elle travaille actuellement sur différents projets pour promouvoir et valoriser les arts au Nunavut.

Visite à l’École des Trois-Soleils et à l’École secondaire Inuksuk, découverte de la danse du tambour, du chant de gorge et des jeux inuit, confection de mitaines, construction d’un igloo étaient parmi les activités au programme.

Crédit : Courtoisie

Le voyage du groupe en provenance du Nord de l’Ontario, nommé « Destination Iqaluit », visait à découvrir la communauté, se familiariser avec la culture inuit et prendre conscience de l’importance de l’inclusion et de la réconciliation.

Au CSCDGR, un poste de responsable des dossiers des Premières Nations, Métis et Inuit a été créé en 2015 en réponse aux appels à l’action 62 et 63 de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada et pour répondre à la vision et aux attentes du ministère de l’Éducation de l’Ontario.

Une visite préalable

Le CSCDGR possède un comité d’éducation autochtone comprenant des élèves autochtones, des organismes autochtones, des parents, des grands-parents, des gens de la communauté et des employés du Conseil qui travaille à trouver des façons de faire découvrir davantage l’éducation autochtone aux élèves et au personnel.

Évoquée pour la première fois en 2018, l’idée du voyage à Iqaluit avait été mise sur pause en raison de la pandémie, puis est revenue dans les plans l’année dernière.

« Ce n’était pas un voyage humanitaire ; c’était vraiment un voyage pour comprendre l’importance de la réconciliation et une compréhension interculturelle pour faire vraiment tomber nos préjugés », explique la responsable des dossiers des Premières Nations, Métis et Inuit au CSCDGR, Angèle Beaudry.

L’idée était de voir de quelle façon un travail dans les gestes et les pensées peut être réalisé afin d’en venir à davantage d’égalité envers tous les gens qui demeurent au Canada.

En octobre 2023, trois des membres du comité organisateur s’étaient rendus une première fois à Iqaluit pour faire la connaissance de résidents, explorer les lieux et faire des approches avec les écoles.

« On a tissé des liens, rencontré des personnes, on est allé faire du bénévolat dans la ville, on est allé vérifier où on était pour habiter, s’assurer que les jeunes seraient en sécurité et qu’ils seraient bien. On est allé aux endroits qu’on pensait que ça serait bien pour les jeunes comme l’Assemblée législative, le centre touristique, le musée, l’église. De là, on a rencontré ces gens-là et on leur a dit “On veut revenir avec les élèves, c’est un rêve, on travaille là-dessus” », résume Diane Levesque-Raymond, conseillère en construction identitaire du CSCDGR.

Le voyage du groupe en provenance du Nord de l’Ontario, nommé « Destination Iqaluit », visait à découvrir la communauté, se familiariser avec la culture inuit et prendre conscience de l’importance de l’inclusion et de la réconciliation.

Crédit : Courtoisie
Crédit : Courtoisie

Pas le temps de s’ennuyer !

Arrivé en pleine cérémonie de clôture du Festival Toonik Tyme, où ils ont pu entendre l’inuktitut, le groupe a pu apprécier la soirée de festivité, ce qui a bien amorcé cette semaine chargée.

Visite à l’École des Trois-Soleils et à l’École secondaire Inuksuk, découverte de la danse du tambour, du chant de gorge et des jeux inuit, confection de mitaines, construction d’un igloo étaient parmi les activités au programme.

Une tournée de la ville en autobus, la visite de l’Assemblée législative du Nunavut, du Musée Nunatta Sunakkutaangit, des églises et du Centre touristique Unikkaarvik, de la baignade au Centre aquatique, une soirée Impro-Poutine au Franco-Centre étaient aussi à l’horaire.

Une excursion en chien de traîneaux a permis de voir des paysages qui ont coupé le souffle au groupe tout en en apprenant davantage sur la culture inuit.

Le vendredi, Stef Paquette, un des accompagnateurs, a offert un concert au Franco-Centre pour toute la communauté.

Le groupe s’est aussi rendu à l’épicerie pour constater la réalité des coûts d’alimentation et les défis des personnes qui demeurent à Iqaluit.

« On a parlé quand même des choses politiques et des choses qui couvrent la réalité de cet endroit à comparé à peut-être qu’est-ce que nous, on fait face ici, qui sont pas mal des défis mineurs comparés à la réalité de cette communauté inuit », souligne Angèle Beaudry.

L’accueil chaleureux reçu tout au long de la semaine a été l’un des éléments marquants du voyage.

« Ce qui m’a impressionnée le plus est l’accueil que nous avons reçu des gens locaux. Durant chaque activité, ils étaient toujours contents de nous voir, prêts à nous apprendre de leur culture et à répondre à nos questions », affirme Hailey Migneault, participante.

En guise de remerciement pour l’incroyable hospitalité, le groupe a offert des jeux de poche « cornhole » pour chacune des écoles secondaires.

Faire connaitre la culture inuit

De retour de ce voyage marquant, les jeunes participants peuvent maintenant partager cette expérience inoubliable.

« On a dit qu’on va aller à la rencontre du peuple inuit pour les connaitre, mais en revenant, on a dit à nos élèves : “Vous allez être des ambassadeurs pour faire connaitre le peuple inuit aux personnes dans notre Conseil et au-delà dans nos communautés parce qu’on a été choyés d’aller les rencontrer ; maintenant, on veut les faire connaitre” », affirme Diane Levesque-Raymond.

Des présentations dans les écoles élémentaires et secondaires pour parler du voyage et répondre aux questions sont prévues.

« La culture inuit est tellement intéressante et contient beaucoup de belles histoires et légendes que j’ai pu apprendre. Maintenant, je peux faire connaitre les Inuit et leur région extraordinaire », a offert comme commentaire l’un des participants lors d’une rencontre de rétroaction.

Cette année, la région circumpolaire a été ajoutée comme sixième région de mises en candidature, augmentant ainsi la représentation du paysage artistique contemporain.

Le montant global des bourses s’élève désormais à 465 000 $ et est financé par la Fondation Sobey pour les arts.

« Ce prix est le plus généreux au pays et l’un des plus élevés au monde en arts visuels », peut-on lire dans le communiqué de presse émis par le Musée des Beaux-Arts du Canada (MBAC).

Pour Jonathan Shaughnessy, directeur des Initiatives curatoriales au MBAC et président du jury du Prix Sobey 2024, « l’ajout de cinq artistes de la région circumpolaire nous sensibilise davantage à la diversité de notre pays et, dans une égale mesure, à nos expériences communes. Nous sommes très fiers des changements apportés cette année au prix en collaboration avec le Musée des beaux-arts du Canada, et heureux de poursuivre notre mission, qui consiste à propulser l’art contemporain canadien au-devant de la scène nationale et internationale. »

Trois artistes du Nunatsiavut figurent parmi les artistes sélectionnés pour la région Arctique. Jessica Winters, Jason Sikoak et Eldred Allen sont originaires, respectivement, de Makkovik et Rigolet.

L’auteure, poétesse et artiste visuelle Taqralik Partridge est originaire de Kuujjuaq au Nunavik, mais vit aujourd’hui à Ottawa. Casey Koyczan, artiste interdisciplinaire Déné originaire de Yellowknife fait également partie de cette sélection.

Casey Koyczan réimagine l’humain et ses histoires dans le futur, sans entrave et en toute liberté. Il utilise divers supports et techniques pour montrer comment la culture et la technologie peuvent évoluer ensemble afin de mieux comprendre l’identité autochtone du passé, du présent et du futur.

Ses œuvres d’art à grande échelle combinent diverses techniques expérimentales pour atteindre une esthétique unique. La sculpture, la vidéo et les créations audios telles que la musique, les paysages sonores et les musiques de film lui permettent combler le fossé entre les interprétations visuelles et sonores de l’art, tout en mettant en lumière les valeurs et les politiques autochtones.

Artiste international, il a participé à de nombreuses résidences, expositions, festivals et collaborations en Europe, mais aussi aux États-Unis, au Mexique, en Colombie et au Chili.

Il est titulaire d’un diplôme de production multimédia du Lethbridge College en Alberta, d’une licence en beaux-arts de l’université Thompson Rivers en Colombie-Britannique et d’une maitrise en beaux-arts de l’université du Manitoba.

Ilitaqsiniq a financé le projet à la hauteur de 950 000 $, ce qui représente environ les deux tiers des coûts de rénovation.

Crédit : Ilitaqsiniq

Les bureaux de Ilitaqsiniq à Rankin Inlet se trouvent maintenant au 1er étage de l’immeuble situé au 221, avenue Piqtuq; étage que l’organisation partage avec Pêches et Océans Canada.

Le bâtiment, dont la construction avait débuté en mai 2022, appartient à l’entreprise inuit EPLS Properties LTD et a une valeur de 8 millions de dollars.

Lors du dévoilement, Ilitaqsiniq a entre autres souhaité remercier les aînés, dont la sagesse et les conseils façonnent l’essence de leur travail.

Malgré le déménagement, la majeure partie des activités offertes dans la communauté continuera de l’être à partir de différents endroits, selon le programme.

Crédit : Ilitaqsiniq

Un manque de place difficile à gérer

Pour l’organisation, le déménagement était devenu inévitable.

« Nous avons décidé de déménager de nos anciens bureaux parce que nous étions en train de dépasser notre espace actuel en fonction du nombre d’employés que nous avions et des programmes que nous essayions de gérer », explique Olivia Tagalik, directrice de projets pour Ilitaqsiniq.

Ilitaqsiniq, qui a pu participer aux étapes de la conception, de l’aménagement, du concept et de l’esthétique de l’espace de bureau de 3 300 pieds carrés a pu concevoir des locaux qui soutiendront davantage un environnement de travail sain et accueillant.

« Nous avons conçu l’espace pour inclure une grande cuisine pour soutenir nos programmes alimentaires, ainsi qu’un espace de réunion du conseil d’administration pour être en mesure de fournir un lieu de réunion supplémentaire pour les nôtres ainsi que pour les organisations externes pour des réunions et des ateliers », précise la directrice de projets.

La directrice générale de Ilitaqsiniq, Adriana Kusugak, a déclaré qu’il était important pour l’organisation que son personnel travaille dans un bon environnement pour faire ressortir le meilleur de ce qu’il a à offrir, et croit qu’avec ce nouvel espace de bureau, ce sera chose accomplie.  

Ilitaqsiniq a financé le projet à la hauteur de 950 000 $, ce qui représente environ les deux tiers des coûts de rénovation.

Répondre aux besoins des communautés

Ilitaqsiniq poursuit ses efforts afin d’offrir une grande variété de programmes à travers le territoire.

« Nos programmes répondent aux besoins et aux désirs de la communauté et dépendent du financement nous permettant de les réaliser », souligne Olivia Tagalik.

Récemment, l’organisation a annoncé la tenue du programme « Baking Social Enterprise » qui se tiendra du 24 juin au 1er août 2024 à Rankin Inlet.

S’adressant aux personnes de 14 ans et plus, cette initiative rémunérée de six semaines permettra aux participants d’apprendre à gérer une entreprise sociale tout en améliorant leurs compétences en boulangerie.

Malgré le déménagement, la majeure partie des activités offertes dans la communauté continuera de l’être à partir de différents endroits, selon le programme.

Par exemple, un programme parascolaire se déroule jusqu’au 31 mai 2024 dans l’objectif d’offrir aux étudiants un environnement sûr, accueillant et passionnant pour grandir et apprendre.

Dans le futur, Ilitaqsiniq souhaiterait avoir tout l’espace nécessaire pour accueillir tant son personnel de bureau que les participants à ses différents programmes.

Jayme Lee Lessard, Meriva Manebou, Inez Canil, Arthur Lagacé et Wensly Adrien sont les jeunes derrière la réalisation du podcast « Question d’engagement ».

Sous le mentorat de Murielle Jassinthe, PDG de Black Lantern Inc. et Black Lantern Media Inc, le groupe a pu participer à chaque étape de la réalisation d’un balado.

Carrefour Nunavut avait d’abord approché Murielle Jassinthe avec le programme « 15-30 en actionÉ qui offre des subventions pour un projet de service communautaire ou d’entrepreneuriat social entraînant un impact direct dans les communautés.

Des invités généreux

Dès le départ, Murielle Jassinthe a pensé à Jayme Lee Lessard comme candidat idéal pour être le leader de ce projet ; lui qui avait déjà fait de la radio étant plus jeune.

Après avoir travaillé avec le jeune homme, elle ne regrette en rien son choix.

Le groupe a d’abord réalisé plusieurs rencontres pour discuter des objectifs du projet et de la structure de chaque épisode.

« On a décidé de faire quelque chose avec un impact social parce qu’on s’est dit que ça serait le fun, puisqu’on a cette plateforme, de bien l’exploiter », indique Jayme Lee Lessard.

Carrefour Nunavut a prêté ses locaux pour permettre la tenue des rencontres et a travaillé à l’affiche promotionnelle du podcast.

L’étape consistant à communiquer avec les invités potentiels afin de voir leur intérêt à participer au projet a posé quelques défis puisque certaines personnes avaient d’abord confirmé leur présence et se sont désistées.

Les enregistrements, la postproduction et la publication se sont bien déroulés.

Wensly Adrien, qui était absent lors de l’entrevue, a conçu le jingle du podcast.

« Tout le monde était super gentil et content de prendre part à notre projet », souligne Jayme Lee Lessard.

Murielle Jassinthe abonde dans le même sens et souligne la générosité des invités ainsi que la façon dont ils ont réussi à partager des conseils utiles pour tout jeune qui a envie de pratiquer le même genre d’activités.

Alors qu’au départ, le groupe visait de trois à cinq épisodes, le podcast en comprend finalement sept.

« Je pense qu’il se distingue un peu pour les gens du Nunavut, d’Iqaluit, parce que c’est un podcast local », estime Arthur Lagacé.

Le chanteur Bebi Philip, Janet P. Brewster, représentante à L’Assemblée législative, Stephanie Bernard, présidente de la Nunavut Black History Society font partie des invités.

Les élections ont été abordées avec Jean-Claude Nguyen et Cindy Lin s’est jointe à la conversation pour un second podcast portant sur le droit.

Avec Raymonde Lonla, le groupe a voulu en connaitre davantage sur le thème de l’implication sociale dans la jeunesse.

Enfin, en hors-série, Marc-Antoine Joly et Nicholas Monette, animateurs du podcast « De quoi tu parles de? », ont été questionnés au sujet de leurs carrières respectives.

Les épisodes, qui seront aussi disponibles sur le site Web de la radio à la suite de leur diffusion, ne s’adressent pas seulement aux adolescents et sont susceptibles d’intéresser toute la population.

Étant derrière l’idéation du projet, Murielle Jassinthe s’est positionnée comme mentore pour aider les jeunes à penser par eux-mêmes et trouver des solutions.

Elle qualifie son expérience de travail avec ces jeunes de « vrai charme ».

« J’ai tellement été impressionnée sincèrement par leur créativité, intelligence, professionnalisme », exprime-t-elle.

La mentore donnait des idées au groupe en les amenant sur certaines pistes lorsque cela était nécessaire.

« Je savais où on s’en allait, mais je voulais que ça soit eux qu’ils trouvent », indique-t-elle.

Elle a aussi pu répondre à des questions davantage techniques comme sur la formule à employer pour débuter une communication.

Le développement de compétences pour le futur

Meriva Manebou avait déjà participé à des projets de radio à son école.

« J’avais déjà un peu d’expérience. Toutefois, ça m’a permis de développer mes capacités, mes aptitudes, car j’étais l’autre bord du micro. Il y avait l’ordi, il y avait tout le système », relate-t-elle.

Elle ressort grandie de son expérience.

« Le projet m’a permis de sortir de ma coquille un peu, car je devais interviewer des personnes que j’admirais comme par exemple Jean-Claude Nguyen, qui est un avocat ici au Nunavut. C’était vraiment intéressant, car généralement je suis un peu plus réservée et devoir poser des questions, c’est un peu inconfortable pour moi », déclare-t-elle.

Elle estime aussi que de travailler sur un tel projet permet de développer des amitiés, pas seulement avec le groupe, mais aussi avec les personnes interviewées.

La création de ces liens pourra possiblement être utile dans le futur.

Inez Canil, qui avait aussi une certaine expérience, a pu développer davantage ses capacités.

« J’étais plus confiante. J’étais capable de parler, de poser des questions. Ça l’a aidé que mes amis soient là avec moi », explique-t-elle.

Pour Arthur Lagacé, il s’agissait d’une belle occasion pour apprivoiser un autre média de communication.

 « On a appris à utiliser les micros, ce que j’avais pas fait avant. On n’a pas ça à la maison, nous des micros », blague-t-il.

Tous les membres du groupe s’entendent pour dire que Jayme Lee a abattu le plus gros du travail.

« Tout ça, c’était comme assez stressant, je dirais. Donc, juste apprendre à “manager” ce stress-là, ça l’a été assez utile. C’est ça que j’ai tiré en fait du projet », conclut-il.

Cette conférence rassemble chaque année plus de 1 000 participants venant de 25 pays d’Amérique du Nord, de l’Europe et de l’Asie. Des dirigeants autochtones comme le chef Bill Erasmus de la Nation dénée et M. Edward Alexander du Conseil International Gwich’in, mais aussi des scientifiques, des représentants de gouvernements et des chefs d’entreprise étaient présents.

L’évènement permet non seulement de renforcer les liens entre le Canada, les États-Unis et d’autres pays circumpolaires, mais aussi de discuter des différentes perspectives sur les nombreux enjeux en Arctique comme la sécurité ou encore le réchauffement climatique.

Cette année, l’importance du leadeurship autochtone inuit et iñupiat en Alaska, dans le développement de nouveaux projets d’infrastructures, a été abordée dès le premier jour du symposium.

L’augmentation de la fréquence des incendies de forêt dans le Nord est aussi un sujet majeur de préoccupation et a fait l’objet d’une discussion lors de laquelle M. Edward Alexander, coprésident du Conseil international Gwich’in basé à Yellowknife a partagé son point de vue aux côtés de Morten Høglund, à la tête de la présidence norvégienne du Conseil de l’Arctique et ambassadeur norvégien pour l’Arctique.

Pour Dan Vandal, les discussions ont été positives et productives dans un contexte arctique évoluant rapidement.

« Dans un contexte où l’Arctique devient un environnement géopolitique de plus en plus complexe, je suis fier d’avoir participé aux importantes discussions tenues lors du symposium Arctic Encounter. Le Canada a élaboré le Cadre stratégique pour l’Arctique et le Nord, qui définit sa vision à long terme pour le Nord et l’Arctique, conjointement avec des représentants autochtones et six gouvernements territoriaux et provinciaux. Les dialogues constructifs de ce genre sont conformes à l’engagement pris par le Canada et ses alliés circumpolaires de faire en sorte que l’Arctique reste une région de paix et de stabilité », a-t-il déclaré le 15 avril 2024.

Ranj Pillai, premier ministre du Yukon, a de son côté, participé à une séance plénière portant sur l’investissement et les possibilités de croissance et de développement dans l’Arctique.

Pillai et le gouverneur de l’Alaska, Mike Dunleavy, ont ensuite tenu une table ronde pour discuter de leur engagement renouvelé envers la coopération entre le Yukon et l’Alaska, et ont souligné les retombées de la visite du gouverneur à Whitehorse en février dernier.

« Nous sommes déterminés à renforcer nos relations avec l’Alaska et ce symposium a été l’occasion idéale de le faire, de nous concentrer sur les débouchés économiques dans le Nord et de prendre part à des conversations cruciales sur les enjeux communs aux administrations nordiques », estime M. Pillai qui a constaté un renforcement des liens et une meilleure collaboration entre l’Alaska et le Yukon.