le Jeudi 5 février 2026

Inez Canil, Azriel Tagnigou et Loric Havard ont participé au Parlement jeunesse pancanadien début janvier au Sénat. Accompagnés par Olivier Bourit, ces jeunes franco-nunavummiut ont découvert le fonctionnement des institutions parlementaires du Canada. Un événement organisé chaque année par la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF).

Pour cette année 2025-2026, la SHN finance 114 nouveaux logements dans plusieurs collectivités du territoire. Ces projets en sont à différentes étapes de construction et une partie devrait être achevée cet hiver, selon l’échéancier.  Au moment d’écrire ces lignes, la SHN n’était pas en mesure de fournir les statistiques finales sur le nombre d’unités terminées en 2025. L’organisation précise que ces données seront confirmées une fois les rapports finalisés et validés.

Des avancées réelles ?

Chaque année, la SHN affirme se fixer des cibles pour accroître la création de nouveaux logements sociaux tout en réalisant parallèlement des rénovations jugées prioritaires selon le financement disponible. À l’heure actuelle, 114 unités ont été approuvées dans les collectivités d’Arviat, Baker Lake, Cambridge Bay, Clyde River, Gjoa Haven, Grise Fiord, Igloolik, Iqaluit, Kugaaruk, Rankin Inlet et Taloyoak.

Au cours de la dernière année, la SHN souligne que la hausse marquée des coûts, les contraintes persistantes liées à la main-d’œuvre de même que les défis logistiques et les échéanciers serrés du transport maritime ont exercé une pression importante sur la concrétisation des projets. 

Consultante aux communications pour la SHN, Winter Fedyk mentionne que les efforts se poursuivront pour atteindre les objectifs de la Stratégie Nunavut 3000. Cela passera notamment par un recours accru à la construction modulaire, l’optimisation du transport et de l’entreposage ainsi qu’une meilleure coordination avec les municipalités et les associations de logement en matière de préparation et de viabilisation des terrains. « Le développement de la main-d’œuvre et la capacité des entrepreneurs demeurent des priorités », insiste la consultante.

En 2025, la SHN informe avoir livré dix maisons modulaires à Arviat, offrant des habitations de deux et trois chambres. Pour 2026, l’organisation travaille à la construction de 20 logements sociaux, dont un immeuble de huit unités qui pourrait être occupé dès cet hiver ainsi qu’un second bâtiment de douze logis dont la livraison est attendue à l’été 2026.

Bien que la majorité des onze collectivités visées par le développement de nouvelles unités aient été contactées pour commenter l’avancement des chantiers et si ceux-ci répondaient à leurs besoins, seul le maire d’Arviat, Joe Savikataaq Jr, a accepté de réagir. Il émet d’importantes réserves à l’égard des annonces faites pour sa communauté.

« À l’heure actuelle, nous n’avons vu aucune unité complétée dans le cadre de la Stratégie Nunavut 3000. Les maisons modulaires qui sont arrivées l’automne dernier sont toujours emballées et n’ont jamais été déplacées depuis leur débarquement du navire », déclare le maire, qui dit avoir tenté en vain d’obtenir des explications sur la situation.

S’il reconnait que ces nouveaux logements aideront plusieurs familles, il considère toutefois qu’il s’agit d’un « pas mineur », en raison de l’ampleur des besoins dans sa communauté.

Récemment, des membres de la SHN étaient à Cambridge Bay pour célébrer l’inauguration de 21 nouvelles unités dont neuf maisons modulaires fournies par Arctic Modular Homes, ainsi qu’un complexe de 12 logements construit par Développement NCC Ltée. « Au Nunavut, les conditions de logement ont une incidence directe sur la vie quotidienne, la santé, l’éducation, la sécurité et le bien-être familial. Ces projets aident à bâtir une communauté plus forte à Cambridge Bay et offrent un soutien aux familles, maintenant et pour les années à venir », peut-on lire dans une publication de l’organisation sur Facebook.

La SHN reste confiante vis-à-vis des objectifs de la Stratégie 3000

Pour l’exercice 2026-2027, la SHN prévoit de poursuivre la livraison de logements neufs et rénovés, notamment par la construction de nouvelles unités, la modernisation du parc existant et la mise en œuvre de programmes d’immobilisations ciblés. Toutefois, Winter Fedyk tient à rappeler que le nombre total de nouvelles unités sera défini en fonction des ressources allouées au budget d’immobilisations de la SHN par l’Assemblée législative au début de 2026.

Selon la Société d’habitation, le suivi des échéanciers et des coûts, la livraison des logements, les inspections de qualité et la préparation des collectivités servent à déterminer si la production annuelle progresse conformément aux objectifs de la Stratégie Nunavut 3000, notamment en matière de rapidité, de rentabilité et de durabilité. 

L’organisation affirme que l’objectif de livrer 3 000 unités de logement d’ici 2030 demeure réalisable. Elle souligne que cette cible repose sur une collaboration soutenue avec les communautés, les organisations inuit et les partenaires gouvernementaux, ainsi que sur des investissements coordonnés, des approches de construction innovantes et des collaborations solides et durables qui favorisent la capacité locale. « Avec ces éléments en place, la SHN reste concentrée sur l’accélération de la livraison de logements et l’amélioration de l’accès à des logements sûrs et stables pour les Nunavummiut à travers le territoire », conclut Winter Fedyk.

Francopresse : Quel bilan tirez-vous de vos neuf ans de mandat ?

Raymond Théberge : Lorsque j’ai entamé mon mandat en 2018, je voulais assurer une présence continue des langues officielles sur la scène nationale. Et je pense qu’on a réussi à être très présents sur l’échiquier national. C’était une période où il y a eu des changements importants dans le domaine des langues officielles avec la modernisation de la loi, auquel le Commissariat a participé proactivement. Mais on attend toujours certains règlements. Ce qui est important dans la nouvelle loi, c’est qu’on reconnait la vulnérabilité du français. On a une loi précise, claire, moderne. On doit poser des gestes pour assurer l’activité du français à l’échelle du pays.

On a [aussi] eu un impact sur le Plan d’action pour les langues officielles. On a fait des recommandations et on a beaucoup travaillé dans le domaine de l’immigration. Elle va continuer d’être un enjeu important étant donné la fragilité démographique de nos communautés.

Nous avons également entrepris des travaux de recherche dans le domaine de la sécurité publique, de la langue au travail, de l’état des lieux des communautés, etc. Et finalement, il y a eu un travail important au niveau de la mobilisation des communautés. On a travaillé de près avec les parlementaires pour faire progresser les langues officielles, donc un projet de société qui est fondé contre les espaces de respect, la diversité et l’inclusion. C’est un mandat qui a été, à mon avis, très rempli. On a un travail d’équipe extraordinaire. Les intervenants ont aussi été extrêmement importants dans nos travaux. Maintenant je passe le bâton et on s’en va à une prochaine étape de l’évolution des langues officielles.

Justement, quel est votre message pour Kelly Burke, qui prend votre suite ? Que lui léguez-vous ?

Nous léguons un nouveau régime linguistique avec une loi qui offre beaucoup de possibilités et de flexibilité pour assurer une meilleure conformité en matière de langue officielle et […] pour appuyer le développement de nos communautés. Je pense que madame Burke apporte à cette tâche une expérience importante. Il y a le travail qui doit se faire immédiatement au niveau des règlements. L’important, c’est d’assurer une mise en œuvre robuste de la nouvelle loi.

Le gouvernement doit, à mon avis, écouter les propos des comités. Plusieurs intervenants – y compris le Commissariat aux langues officielles – vont faire des propositions.

Cette mise en œuvre, vous l’avez en partie commentée en formulant de premières inquiétudes, notamment concernant le règlement de la partie VII de la Loi sur les langues officielles, qui cible les mesures positives pour les francophones. Est-ce que vous avez des suggestions aux parlementaires et à Kelly Burke pour bonifier ce règlement?

Je pense qu’on doit tenir compte des travaux des comités parlementaires. Par la suite, le gouvernement doit, à mon avis, écouter les propos des comités. Plusieurs intervenants – y compris le Commissariat aux langues officielles – vont faire des propositions.

La partie VII appuie le développement de nos communautés, donc on doit trouver un équilibre entre flexibilité et rigidité sur sa mise en œuvre. Ce qui est extrêmement important, c’est de s’assurer que les institutions fédérales respectent leurs obligations liées à cette partie. Toutes les institutions fédérales ont une obligation de prendre des mesures positives, des obligations de limiter l’impact négatif de leurs décisions sur les communautés. C’est un travail de longue haleine.

Sur les nouveaux pouvoirs de sanctions pécuniaires administratives du Commissariat aux langues officielles, pensez-vous que les montants devraient être revus à la hausse? Le ministre Marc Miller s’est dit ouvert à les revoir.

Je pense que le montant qui est fixé [actuellement de 5000 à 50 000 $], qu’il soit plus élevé ou non, doit limiter la lourdeur administrative des sanctions administratives pécuniaires. À ce moment-ci, c’est très très lourd pour arriver à en imposer.

Ce que je souhaiterais aussi, c’est d’élargir le nombre d’institutions qui sont assujetties à ce règlement. Par exemple, les agents de sécurité dans les aéroports, des services frontaliers, etc. Tous ceux et celles qui sont impliqués dans ce qu’on appelle le public voyageur.

Sur un autre sujet, en l’occurrence la commission scolaire de Terre-Neuve et Labrador, Marc Miller a décidé de ne pas faire appel de la décision qui reconnait que le ministère dont il est responsable – Patrimoine canadien – doit consulter les communautés. Mais rien ne l’oblige à prendre en compte les demandes raisonnables formulées. Avez-vous une mise en garde particulière à faire à ce propos?

Je pars de la perspective que lorsqu’on consulte, qu’on tienne compte des propos de ceux qui sont consultés pour s’assurer qu’on a les meilleurs programmes et les meilleurs politiques pour appuyer le développement de nos communautés.

Dernière question : est-ce que vous êtes particulièrement inquiet dans les mois, les années à venir, pour les communautés francophones en situation minoritaire? Et si oui, pourquoi?

Les deux communautés en situation linguistique minoritaire, que ce soient les communautés anglophones au Québec ou les francophones hors Québec, ont leurs propres défis. Lorsqu’on parle des communautés francophones en situation militaire, il y a toujours le défi démographique, d’où l’importance de l’immigration et de la mise en œuvre du continuum en éducation. Pour la communauté anglophone du Québec, elle est tout à fait différente. Ils veulent faire partie du projet de société québécois. Je pense que ces deux communautés sont reconnues dans la Loi sur les langues officielles et on doit tenir compte de leurs spécificités.

Ces infrastructures communautaires soutiennent à la fois les activités de conservation et l’économie locale dans les collectivités de Tallurutiup Imanga, notamment à Arctic Bay, Clyde River, Grise Fiord, Pond Inlet et Resolute Bay. Des espaces y sont aménagés pour préparer des aliments et appuyer les gardiens dans leurs activités.

La chasse, la recherche et la surveillance ainsi que l’engagement auprès des jeunes sont les trois principales responsabilités des Nauttiqsuqtiit qui y sont employés.

Des yeux et des oreilles

Le rapport annuel 2024-2025 de la QIA indique que ces centres soutiennent la gestion responsable des terres menée par les Inuit. Ils créent également des emplois locaux et offrent un espace où les jeunes et les aînés peuvent partager leurs connaissances. « Ils représentent un exemple clair de ce que signifient donner aux Inuit les moyens de diriger les efforts de conservation, de surveillance et de protection de leurs territoires ancestraux », souligne le rapport.

Parcs Canada Nunavut qualifie les Centre Nauttiqsuqtiit d’Arctic Bay et de Resolute Bay comme les yeux et les oreilles de la zone de conservation marine nationale Tallurutiup Imanga. « Ils sont essentiels pour assurer une gestion coopérative efficace et respectueuse des cultures, qui préserve à la fois l’intégrité écologique et les liens culturels des Inuit avec cette aire marine ainsi qu’avec les terres et les eaux environnantes », mentionne Teevi Mackay, agente des relations publiques et des communications pour Parcs Canada Nunavut.

Tallurutiup Imanga est une vaste zone maritime où la conservation de la biodiversité et des écosystèmes marins est prioritaire, tout en permettant certaines activités durables au bénéfice des communautés locales.

Plusieurs dignitaires et membres d’Arctic Bay ont assisté à l’événement marquant l’ouverture officielle du centre. Parmi eux figuraient Olayuk Akesuk, président de la QIA et Levi Barnabas, vice-président ainsi que Steven Taqtu, député territorial de Quttiktuq. Ce dernier s’est dit honoré de prendre part à la cérémonie et y a prononcé une allocution.

Selon lui, le bâtiment Nautiqsutii jouera un rôle important pour la communauté, notamment en soutenant la transformation et le partage des ressources fauniques récoltées localement qui sont ensuite redistribuées aux résidents de la collectivité.

Un leadership inuit

Teevi Mackay soutient que l’ouverture du Centre Nauttiqsuqtiit à Arctic Bay incarne un nouveau modèle de collaboration fondé sur l’article 9 de l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuit de Tallurutiup Imanga. « Ce modèle reconnait et renforce le rôle des Inuit comme leaders et gardiens dans la conservation et la gestion de cette aire protégée ».

Selon elle, cette approche repose sur un espace partagé favorisant la coopération quotidienne, l’intégration de l’Inuit Qaujimajatuqangit (IQ) et les méthodes scientifiques afin de garantir que la prise de décision conjointe reflète ces deux perspectives. Teevi Mackay estime que cela permet une conservation adaptée et portée par la communauté, où les connaissances, les valeurs et les priorités inuit sont au cœur de la gouvernance et de la protection du territoire.

Pour la NTFL, la solution à cette situation critique passe notamment par un meilleur ratio infirmier-patient, des mesures accrues de rétention du personnel, la formation d’employés du Nord et un renforcement des soins primaires dans les communautés nordiques.  

Cette urgence d’agir est aussi soulignée sur le site Web de la campagne : « Les soins de santé dans le nord sont en crise, et les habitants du nord exigent que les gouvernements territorial et fédéral travaillent ensemble pour améliorer la situation ».

Des revendications claires

La NTFL se décrit comme « des défenseurs des soins de santé dans le Nord qui représentent les travailleuses et travailleurs de la santé ainsi que leurs communautés ». « L’organisation en est actuellement à la phase “racontez-nous votre histoire” de sa campagne. Nous espérons qu’en présentant certaines de ces histoires très réelles, tant celles de patients confrontés à des difficultés d’accès aux services que celles de professionnels réclamant des améliorations, les gouvernements commenceront à mettre en œuvre de véritables changements », explique Sara-Jayne Dempster, présidente de l’organisation.

Le sous-effectif chronique et l’épuisement professionnel figurent parmi les enjeux majeurs soulevés par la Fédération. À cela s’ajoutent les sommes considérables versées par le gouvernement à des entreprises privées pour offrir du personnel provenant de l’extérieur ainsi que l’éloignement de nombreuses collectivités qui se retrouvent sans accès fiable aux services de santé. Sara-Jayne Dempster souhaite rencontrer les ministres de la Santé des deux territoires pour discuter des témoignages recueillis dans le cadre de cette campagne. Selon elle, les gouvernements semblent ignorer la réalité des patients et des employés.

La NTFL est sans équivoque : la sous-traitance n’est pas une solution puisqu’elle dépouille les populations du Nord de fournisseurs de soins constants et dignes de confiance. De surcroît l’organisation évoque entre autres les montants faramineux qui pourraient plutôt servir à financer des moyens durables, qui renforceraient donc l’offre à long terme.

Une campagne appuyée par le Syndicat des employés du Nunavut

Concernant le Nunavut, des données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICHI) indiquent que le Nunavut possède le système de santé le plus coûteux du Canada, avec des dépenses atteignant 30 086 $ par personne en 2025. Toutefois, le Syndicat des employés du Nunavut (NEU) rappelle que ces sommes records ne reflètent pas la qualité des soins fournis à la population.  

Le NEU affirme soutenir pleinement cette démarche de mobilisation et souhaite qu’elle puisse mener à des changements.

. « Notre syndicat espère que le gouvernement du Nunavut prendra cette campagne au sérieux et qu’il s’efforcera de réduire sa dépendance à l’égard des travailleurs contractuels du secteur privé, qui n’ont pas toujours de l’expérience dans le Nord ni la formation nécessaire pour offrir des soins culturellement adaptés dans les communautés inuit du Nunavut », exprime la vice-présidente du NEU, Amanda Arsenault, qui est également vice-présidente régionale pour la région de Kivalliq au sein de la NTFL.

Elle estime qu’au Nunavut, les travailleurs de la santé font face à des défis constants. Par exemple, à la fin de 2022, cinq des huit techniciens de laboratoire du territoire ont démissionné, invoquant le fait qu’ils avaient été exclus des primes de 10 000 $ qui étaient à ce moment accordées aux infirmières.

Tout comme la NTFL, le NEU souhaite voir davantage de soutien et de possibilités de formation pour les Inuit voulant œuvrer dans le domaine de la santé, ainsi qu’une formation pour les travailleurs non inuit afin qu’ils puissent offrir des soins culturellement adaptés au Nunavut.

L’organisation désire également de meilleures conditions de travail pour tous les employés, ce qui comprend une hausse de la rémunération, davantage d’heures de repos et des politiques de rétention améliorées. « Le manque de soutien dans les milieux de travail à travers le territoire a un impact profond sur la santé mentale de tous nos travailleurs, y compris ceux du secteur de la santé », déclare Amanda Arsenault.

Le président de NEU, Jason Rochon, et la vice-présidente Amanda Arsenault sont allés à la rencontre des travailleurs de la santé à Iqaluit en mars dernier.

Ministère de la Santé du Nunavut

Quelles avancées ?

Dans un échange de courriels, le ministère de la Santé reconnait que le personnel est confronté à des défis uniques. La pénurie d’employés se fait également ressentir au Nunavut. Il affirme que l’accès aux services de santé essentiels demeure sa priorité.

« Le gouvernement du Nunavut continue de renforcer les mesures incitatives visant à attirer et à retenir les professionnels de la santé, tout en élargissant les programmes de pré-emploi, ainsi que les possibilités de formation et d’éducation afin de bâtir une main-d’œuvre locale solide », soutient Allexxis Amores, en charge des communications du ministère.

En tant que syndicat représentant ces travailleurs, le NEU s’attaque continuellement à certains de ces problèmes liés à la rétention et aux horaires de travail par le biais de la convention collective, dont la plus récente a été ratifiée en décembre dernier et comporte des dispositions bonifiées pour les membres.

Le ministère de la Santé indique également poursuivre le renforcement des soins primaires et des services diagnostiques, notamment par l’élargissement des services à domiciles et pharmaceutiques, la réduction des listes d’attente et l’ajout de nouveaux outils de diagnostics et de soins virtuels. D’autres initiatives comme le Programme de triage téléphonique virtuel visent à soutenir les travailleurs de première ligne en période de forte demande et à leur offrir du temps protégé pour le repos et la récupération.

Le ministère affirme s’inspirer des principes de l’Inuit Qaujimajatuqangit tels que l’innovation et le travail collectif, afin de répondre aux défis du recrutement infirmier et d’assurer que les services de santé demeurent accessibles à l’ensemble des Nunavummiut.

Sara-Jayne Dempster déclare que ceci n’est pas suffisant : « Nous croyons que l’inaction actuelle des deux gouvernements continuera d’aggraver les inégalités en matière de santé entre le Nord et le reste du pays ». Elle poursuit : « Notre personnel infirmier et les autres professionnels de la santé sont épuisés, désillusionnés et quittent les territoires pour des emplois ailleurs où ils sont traités avec plus de respect », conclut la présidente de la NTFL.

Le groupe destiné aux demandes et aux dons de nourriture dans un climat de positivité et de respect a rapidement rassemblé plus de 240 membres depuis sa création le 12 janvier, démontrant les attentes de ce type d’initiative.

Une réponse à la crise

Maika Niego-Akavak est claire dans ses propos : le territoire traverse une véritable crise alimentaire. « Elle est encore plus marquée dans les communautés nordiques, mais dans une ville comme Iqaluit, il faut davantage de points de distribution et de ressources. Au-delà du travail déjà accompli par les organismes, la collectivité doit aussi s’impliquer », estime l’instigatrice du groupe.

Selon les dernières données de Statistiques Canada (2017-2018), 57 % des ménages au Nunavut vivaient dans une situation d’insécurité alimentaire. En l’absence de chiffres officiels récents, de nombreux intervenants affirment que la réalité demeure critique, et qu’elle s’est aggravée depuis.

En septembre 2025, Joseph Murdoch-Flowers, co-directeur exécutif du Centre communautaire alimentaire Qajuqturvik indiquait que le nombre de repas servis par le centre a augmentait chaque année, passant d’environ 58 000 en 2022 à 70 000 en 2024. Le 17 septembre 2025, l’organisation a offert 639 repas en un seul diner, soit près de 8 % de la population de la ville.

Joseph Murdoch-Flowers a présenté des chiffres alarmants lors d’une conférence de presse tenue en septembre.

Archives - Brice Ivanovic

Une initiative complémentaire bien reçue dans la communauté

Préférant garder l’anonymat, un Iqalummiuq considère que cette initiative est nécessaire. Il souligne que les personnes dans le besoin doivent souvent passer par des annonces dans des groupes ou services publics, une démarche qui peut être embarrassante et humiliante. « J’ai l’impression que le but du groupe est d’offrir un espace sans jugement ; une sorte de réfrigérateur communautaire virtuel » ajoute-t-il.

Maika Niego-Akavak espère que son initiative permettra à la communauté de s’organiser pour contrer l’insécurité alimentaire à Iqaluit.

La créatrice de cette nouvelle initiative sur les réseaux sociaux confie ne pas être surprise de la réussite de son lancement. « Je suis très reconnaissante et chanceuse de connaître plusieurs membres de notre communauté et je suis fière d’avoir ce soutien ». Ayant d’abord partagé le groupe avec ses amis et sa famille, elle a rapidement été encouragée à le faire publiquement.

Maika Niego-Akavak note qu’il existe à Iqaluit des lieux où l’on peut obtenir de la nourriture, mais que ces services sont généralement donnés à des heures fixes. Selon elle, cette réalité entraîne certaines contraintes : le transport, les files d’attente mais aussi une incertitude sur les quantités disponibles. « La banque alimentaire est une ressource sur laquelle on compte énormément. Elle assume une grande part des responsabilités alors que partout dans la ville, des gens jettent probablement des restes de nourriture chaque jour », insiste la jeune femme. 

Janet Laisa a déjà connu l’insécurité alimentaire et a vite adhéré à ce mouvement. « J’aide qui je peux, quand je le peux. Je donne même quand j’ai peu », affirme-t-elle pour sa part.

Élargir la portée du groupe

Alors que ce réseau d’entraide en est encore à ses balbutiements, Maika Niego-Akavak affirme avoir reçu de nombreux messages soulignant la nécessité d’un tel type d’initiative. D’ici six mois, elle espère atteindre au moins 5 000 membres dans sa communauté virtuelle afin de multiplier les occasions de partage de nourriture. « Ce groupe génère déjà un fort potentiel pour réduire le gaspillage alimentaire, renforcer les liens entre les personnes, favoriser de meilleures économies et, enfin, offrir une réponse plus positive à ceux qui subissent le coût de la vie élevé dans le Nord » ajoute la jeune femme.

Kevin Lamoureux, secrétaire parlementaire du leadeur du gouvernement à la Chambre des communes, a déposé le certificat de nomination après la période de questions ce 26 janvier.

Le nom de Kelly Burke avait été révélé dans les médias en novembre, sans être démenti ou confirmé officiellement par le gouvernement. La juriste prendra ainsi son poste d’ici plusieurs semaines, le temps que le processus parlementaire suive son cours.  

Kelly Burke succède donc à Raymond Théberge, qui partira à la retraite ce 28 janvier. Ce dernier a été aux commandes du Commissariat aux langues officielles pendant près de 9 ans, après une prolongation d’un an, notamment en raison des élections fédérales en 2025. Son mandat a été marqué notamment par la modernisation de la Loi sur les langues officielles, en 2023.

« On attend un fort leadership »

Pour la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Liane Roy : « C’est important qu’on ait cette nomination avant que le travail des comités se poursuive ou commence, parce qu’on est en plein dedans. (…) On attend un leadeurship fort de cette nouvelle personne ».

Pour la FCFA, le fait que Kelly Burke soit une juriste et qu’elle ait œuvré comme commissaire aux services en français de l’Ontario facilitera son entrée en poste, au moment même où les règlements, notamment ceux liés à ses nouveaux pouvoirs de sanction et celui sur les mesures positives – qui est encore à l’état de projet – devront être validés.

En terrain connu

La Franco-Ontarienne originaire de Cornwall a été commissaire aux services en français de l’Ontario de 2020 à 2023, au sein du Bureau de l’Ombudsman. Elle avait obtenu le poste après l’abolition du Commissariat aux services en français par le gouvernement de Doug Ford. Première titulaire du poste sous cette nouvelle forme, elle a traité plus d’un millier de plaintes et enquêté sur les compressions aux programmes en français de l’Université Laurentienne.

Elle a quitté ses fonctions abruptement en mars 2023, sans qu’aucune explication ne soit fournie par elle ou par l’Ombudsman. Avocate de formation, Kelly Burke possède une expertise en droits linguistiques et a occupé plusieurs postes de haute direction au sein de la fonction publique ontarienne.

En donnant un aperçu du fonctionnement de la vie politique fédérale lorsque le Parlement siège, cette simulation réservée aux jeunes francophones inscrits auprès de la FJCF a éveillé des prises de conscience ou les a ravivées, comme celle de vouloir être plus « vu » par les politiciens et politiciennes au niveau fédéral.

Issus de toutes les provinces et territoires du Canada, 72 francophones de 14 à 25 ans se sont retrouvés à Ottawa pour siéger lors d’une simulation de Parlement. Les participants ont occupé tous les rôles qui font fonctionner l’institution : ministres, députés de l’opposition officielle, journalistes, pages… avec un but : mieux connaitre la vie politique canadienne courante.

Trois jeunes ont accepté de répondre aux questions de Francopresse. Les trois ont déjà à leur actif entre deux et treize simulations de Parlement jeunesse, dans leur province ou au niveau national.

« Maintenant, il faut juste qu’on nous écoute »

Ce que Sofia Lemay, porte-parole de l’Économie dans l’Opposition et originaire de Vancouver, a préféré, c’était « l’aspect théâtral de donner un discours », indique-t-elle à Francopresse.

Mais la jeune étudiante en littérature a pris conscience d’une autre chose :

« Personnellement, j’aimerais me sentir plus vue et écoutée par les politiciens autour de moi. J’ai l’impression que beaucoup d’attention est accordée à de grosses corporations, ou encore à des électeurs dans des grandes villes et correspondant à des profils spécifiques. Si le Parlement jeunesse m’a enseigné quelque chose, c’est que les jeunes ont le désir et la capacité de s’impliquer en politique. Maintenant, il faut juste qu’on nous écoute ».

Sans aller jusqu’à vouloir travailler en politique, l’étudiante en littérature, qui souhaite enseigner plus tard au secondaire, affirme ressortir de la simulation avec une envie de s’impliquer. « Par exemple, en faisant du lobbying ou en [intégrant] des groupes qui militent pour les droits des jeunes ainsi que pour d’autres enjeux », en référence notamment à la FJCF.

Sofia Lemay espère voir davantage de projets de loi qui défendent l’environnement et les droits de la personne. « Plusieurs enjeux requièrent de la collaboration entre partis politiques et à l’international. J’aimerais que cela soit un point focal », ajoute-t-elle.

La sénatrice du Québec et ingénieure de formation, Suze Youance, a participé à un panel avec les jeunes lors du Parlement jeunesse. Celle-ci y a décelé « un processus de questionnement » de la part des jeunes, « qui ont aussi leurs points de vue très arrêtés ».

Avec cela en tête, « ils se demandent donc quels sont les dossiers qu’ils veulent faire avancer, comment ils peuvent exprimer leurs objectifs, comment ils peuvent s’impliquer en politique ». « Ils ont un sac à dos et puis ils veulent savoir où passer pour porter ce qu’ils ont dans leurs sacs à dos », résume la sénatrice. 

Deux jeunes francophones, Sofia Lemay et Alexandre Veilleux, ont siégé au sein des partis d’opposition lors de la simulation du Parlement jeunesse organisée par la FJCF.

Courtoisie - Souhir Leteif

« Plus de collaboration aiderait pas mal mieux »

De son côté, Alexandre Veilleux, originaire de Moncton, était le chef du « tiers parti », l’équivalent du Bloc québécois. Il a particulièrement apprécié la collaboration entre les personnes participantes, quel que soit le parti politique auquel ils appartenaient pendant la simulation. « La situation politique actuelle serait pas mal mieux si elle permettait de collaborer autant que nous on s’est permis de collaborer dans nos simulations parlementaires », a-t-il fait valoir. « Moi, je sortirais la bonne vieille méthode acadienne : l’union fait la force », ajoute-t-il avec humour. « Je me considère chanceux d’être au Canada, nuance-t-il, en comparaison à nos voisins du Sud. On a quand même des politiciens qui font attention. On est encore dans un mindset où on peut y arriver ensemble. Mon inquiétude, c’est qu’un jour, on arrête ce mindset », précise-t-il.

Céleste Beaupré, lors de son 13e et dernier Parlement jeunesse.

Courtoisie - Souhir Leteif

Connexions francophones

Sa collègue de l’autre bord de la Chambre, Céleste Beaupré, une Franco-Albertaine qui en était à son 13e et dernier Parlement jeunesse entre sa province et le fédéral, raconte que cette session était unique, surtout pour la participation qu’elle a affichée.

« Je n’ai jamais participé à un parlement jeunesse dont la majorité des participants était là pour la première fois, mais j’ai été impressionné par leur intérêt, leur passion et de leur participation à la simulation », souligne celle qui était ministre au sein du gouvernement dans la simulation.

Céleste Beaupré précise que la préparation des participants quant à l’analyse des projets des lois ainsi que les lignes de partis a surtout permis d’avoir « un bon déroulement des débats ».

« Ce niveau de participation était une première et je suis très confiante pour l’avenir des parlements jeunesse »

Sa longue expérience dans les parlements jeunesse ne l’a pas poussée vers les sciences politiques, mais plutôt en finance et la fonction publique. Céleste Beaupré travaille maintenant au sien du ministère de Patrimoine canadien.

Elle assure que les divers parlements jeunesse auxquels elle a participé et les « connexions » qu’elle a créées au sein de la francophonie canadienne « ont joué un grand rôle » pour qu’elle y soit.

L’Entente Canada–Nunavut relative à l’enseignement dans la langue de la minorité et l’enseignement de la seconde langue officielle 2024‑2025 à 2027‑2028 a pour objectif d’offrir aux membres de la minorité francophone du Nunavut la possibilité de recevoir une éducation en français tout en proposant aux apprenants inuktut et anglophones l’occasion d’acquérir le français comme langue seconde.

En annonçant cette entente, Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, a réitéré l’engagement du gouvernement du Canada envers les communautés francophones du Nunavut.  

Des retombées multiples

Par voie de communiqué de presse, David Akeeagok, ministre de l’Éducation du Nunavut a décrit ce financement comme essentiel pour son département. Un propos soutenu par Annie Larocque, directrice générale de la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN). « Ces fonds sont vraiment indispensables pour nous, afin de garantir une éducation de qualité en français ».

Le ministère de l’Éducation précise que la majorité de ce financement est destinée à l’enseignement en français pour la communauté franco-nunavummiut, tel qu’offert par la CSFN par l’entremise de l’École des Trois-Soleils. Une partie des fonds est également consacrée au français comme langue additionnelle, notamment aux initiatives relevant de l’administration scolaire du district d’Iqaluit. En date du 9 janvier 2026, 113 élèves fréquentaient l’établissement francophone tandis que 353 autres avaient accès à un apprentissage en français dans les écoles Nakasuk, Joamie, Aqsarniit et Inuksuk.

La directrice de la Commission indique qu’un total de 792 297 $ pour l’année 2024-2025 et de 791 597 $ pour 2025-2026 ont été reçus afin de soutenir la réalisation de plusieurs actions, dont une offre de cours en ligne, un service d’orientation, une bibliothèque et l’embauche d’un responsable au service de garde.

Les enseignants et le personnel ont aussi pu se développer grâce à des formations portant notamment sur le curriculum, l’intimidation et l’inclusion. « Cela permet donc de recruter et retenir des professeurs francophones qualifiés », poursuit la directrice générale. Ces fonds donneront également aux élèves la chance de voyager dans différentes villes et communautés de langue française tout en favorisant la promotion de la culture par des rencontres avec des artistes s’exprimant en français.

Les enfants de 6 à 12 ans peuvent pour leur part bénéficier du camp d’été FrancoFun, offert par Carrefour Nunavut. En 2025, le programme a rejoint environ 87 participants, ce qui représente une hausse par rapport aux années précédentes. Par ailleurs, au 16 janvier 2026, 31 enfants fréquentaient le CPE Les Petits Nanooks, inclus dans cet investissement.

Ce soutien s’inscrit dans une série d’accords conclus entre le gouvernement fédéral, provinces et territoires pour assurer l’égalité entre les deux langues officielles du Canada.

Définir les priorités

David Larose des relations avec les médias pour Patrimoine Canadien explique que le montant alloué au Nunavut est établi selon des formules de financement prévues au cadre de collaboration et tient notamment compte des effectifs scolaires et de leur potentiel de croissance ainsi que des programmes d’études offerts. « Le Protocole reconnait explicitement la situation unique des territoires et engage le gouvernement du Canada à faire preuve de flexibilité dans la répartition des contributions financières rattachées aux plans d’action territoriaux », ajoute-t-il.

Comme l’éducation relève de la compétence exclusive des provinces et des territoires, le gouvernement du Nunavut est responsable de planifier le système éducatif, de fixer des objectifs, de définir les contenus, d’établir les priorités et d’évaluer ses programmes, y compris ceux liés à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’apprentissage de la langue seconde.

Le gouvernement du Nunavut affirme ne pas anticiper de difficultés à atteindre les visées de l’accord. Selon un échange de courriels, l’élaboration du plan d’action s’est appuyée sur de nombreuses consultations avec les partenaires en éducation afin de déterminer les priorités et les grandes orientations à retenir. Le gouvernement soutient que cette démarche reflète les besoins des Nunavummiut, y compris ceux de la communauté francophone.

L’année 2025 a été marquée par des records de température en Arctique et en Antarctique. Un rapport de l’agence européenne Copernicus a indiqué que, dès février 2025, la couverture combinée de glace de mer des deux pôles a atteint son niveau le plus bas depuis, au moins, le début des observations par satellite à la fin des années 1970.

De plus, l’étendue mensuelle de la glace de mer, en Arctique, a été la plus faible jamais enregistrée pour les mois de janvier, février, mars et décembre, et la deuxième plus faible en juin et octobre.

Le mois de mars a enregistré le minimum annuel le plus bas jamais enregistré, tandis que le minimum de septembre ne s’est classé qu’au 13e rang des plus bas. Dans l’Antarctique, l’étendue mensuelle a atteint son quatrième minimum annuel le plus bas en février et son troisième maximum annuel le plus bas en septembre.

Dans l’Arctique, l’étendue moyenne de la banquise en décembre 2025 était de 11,3 millions de km², environ 9 % de moins que la moyenne de 1991-2020, mise à mal par des conditions exceptionnellement douces qui ont concerné l’est de l’Arctique canadien. Il s’agit de l’étendue la plus faible jamais enregistrée en décembre depuis 47 ans, dépassant le précédent record de décembre 2024. Avant 2024, la plus faible étendue observée en décembre fut enregistrée en 2016.

Anomalie d’extension de la glace de mer en Arctique, décembre 2025.

Source : ECMWF

Le principal facteur, l’activité humaine

Si les anomalies de l’étendue de la banquise en décembre ont été négatives chaque année depuis lors, celles enregistrées entre 2017 et 2023 étaient toutes inférieures à 5 % en dessous de la moyenne et ne montraient pas de tendance claire.

Les anomalies négatives plus importantes observées en décembre au cours des deux dernières années sont donc des phénomènes plus récents, indique l’agence. En décembre 2025, la configuration des anomalies de concentration de la glace de mer dans l’Arctique présentait des similitudes avec celle observée en novembre, avec une couverture de glace de mer beaucoup moins importante dans deux secteurs principaux : le secteur ouest de l’Eurasie et de la mer de Kara ainsi que le secteur nord-est du Canada, comprenant toute la baie d’Hudson et une partie de la baie de Baffin. Certaines parties de ces deux régions ont connu des températures de l’air en surface bien supérieures à la moyenne en décembre.

À gauche : concentration moyenne de la glace de mer arctique pour décembre 2025. La ligne blanche indique la limite climatologique de la glace de mer pour décembre pour la période 1991-2020. À droite : anomalie de la concentration de la glace de mer arctique pour décembre 2025 par rapport à la moyenne de décembre pour la période 1991-2020.

Source : ECMWF

Pour Laurence Rouil, directrice du service de surveillance de l’atmosphère Copernicus, les données atmosphériques de 2025 dressent un tableau clair où l’activité humaine reste le principal facteur à l’origine des températures exceptionnelles observées en 2025. « Les gaz à effet de serre atmosphériques ont augmenté de manière constante au cours des dix dernières années, a-t-elle déclaré le 8 janvier dernier. Nous continuerons à suivre les gaz à effet de serre, les aérosols et d’autres indicateurs atmosphériques afin d’aider les décideurs à comprendre les risques liés à la poursuite des émissions et à réagir efficacement, en renforçant les synergies entre les politiques en matière de qualité de l’air et de climat. L’atmosphère nous envoie un message, et nous devons l’écouter » développe-t-elle.

 2026, une année chaude en prévision

Selon les prévisions d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), il y a plus de 99 % de chances que 2026 soit plus chaude que toutes les années enregistrées avant 2023, mais seulement 1 % de chance qu’elle batte le record de température élevée de 1,55 °C établi en 2024. « La Niña exerce une influence refroidissante généralisée, semblable à une “climatisation mondiale”, tandis qu’El Niño agit comme un “fourneau mondial”. Ces effets sont la principale cause des fluctuations qui ponctuent la hausse constante des températures mondiales. Il est probable que le record de température mondiale établi en 2024 à la suite du dernier El Niño sera battu la prochaine fois qu’un El Niño se produira », a indiqué Dr Bill Merryfield, scientifique à ECCC.