le Vendredi 5 juin 2026

Le théâtre Uiviit accueillait cette fin de semaine le 𝐶𝑖𝑟𝑞𝑢𝑒 𝐼𝑛𝑡𝑖𝑚𝑒 au Franco-Centre. La troupe venue de Montréal a offert un événement disruptif avec son expérience 𝑫𝑬𝑼𝑿𝑿. Le concept ? Une immersion dans la littérature érotique, exprimée par les arts de la scène et articulée autour de la liberté d’observation, de la proximité et du consentement.

Selon un rapport de la Commission de coopération environnementale qui a analysé la transition énergétique de neuf collectivités isolées et autochtones en Amérique du Nord, le projet éolien de la colline Haeckel–Thay T’äw constitue une étape importante vers l’acquisition de l’autonomie énergétique de la Première Nation Kwanlin Dün (KDFN) à Whitehorse. En effet, les quatre éoliennes sont situées sur leur territoire traditionnel et sont à 100 % détenues par KDFN par l’intermédiaire de sa branche commerciale, Chu Níikwän Limited Partnership (CNLP).

« Ce projet vise à garantir un avenir où nos enfants et petits-enfants n’auront plus à dépendre du diésel. Il s’agit de construire quelque chose de durable pour les générations futures. »

— Sean Smith, chef de la Première Nation Kwanlin Dün,

Au sommet de la colline Haeckel à quelques kilomètres au nord de Whitehorse, deux parcs éoliens de deux éoliennes chacun, a une capacité totale de production de quatre mégawatts. Ces éoliennes conçues aux Pays-Bas ont été acheminées par voie maritime et installées en 2023. L’alimentation du réseau a débuté en mars 2024 et approvisionne aujourd’hui 500 foyers avec un objectif de 650 foyers dans l’avenir.

Malgré les conditions rudes de décembre 2025 et janvier 2026, les éoliennes ont bien fonctionné. Mais quand le mercure descend en dessous de moins 40, les composants électroniques ne fonctionnent plus correctement.

« Les turbines sont donc passées en mode de protection contre les basses températures quand il faisait si froid, afin de préserver les composants électroniques », précise Kailey Wright, gestionnaire de projet à Northern Energy Capital (NEC), qui s’occupe de la logistique et du fonctionnement de ce parc éolien.

Même s’il y a certaines contraintes liées aux températures, le vent est en général plus faible, voire absent, lorsque le thermomètre chute.

Qu’est-ce que l’énergie éolienne ?

L’énergie éolienne consiste à utiliser la force du vent pour produire de l’électricité ou de l’énergie mécanique. Des éoliennes équipées de grandes pales sont installées dans des endroits bien exposés au vent et fonctionnent seulement lorsque le vent souffle à une vitesse adaptée : suffisamment forte pour faire tourner les pales, mais pas trop pour préserver les équipements.

Pour Sean Smith, chef de la Première Nation Kwanlin Dün, le projet éolien de la colline Haeckel–Thay T’äw vise à garantir un avenir durable où les générations futures ne dépendront plus du diésel.

Crédit : Nelly Guidici

Un emplacement stratégique

La colline Haeckel est connue depuis la nuit des temps. Dans la langue Tutchone du sud, Thay T’äw signifie « le nid de l’aigle royal » et le site où se trouvent les éoliennes est dans le territoire traditionnel de la Première Nation Kwanlin Dün. En 1990, le Centre boréal de l’énergie alternative (Boréal Alternate Energy Centre) installe une tour de surveillance et mesure la vitesse du vent qui s’avère dix fois plus élevée qu’à l’aéroport. Puis en 2015, NEC conçoit le projet actuel et cinq ans plus tard, en 2020, la Première Nation Kwanlin Dün en devient propriétaire par l’intermédiaire de sa branche commerciale Chu Níikwän Limited Partnership.

Selon le chef Sean Smith, il est vraiment important pour KDFN, mais aussi pour n’importe quelle autre Première Nation, de prendre les devants lorsqu’il est question d’énergie. « En tant que nation autonome, nous ne sommes pas aussi grands que le gouvernement du Yukon, sans parler du gouvernement fédéral du Canada, et nous pouvons donc agir beaucoup plus rapidement. »

Face à la demande croissante du territoire qui fait écho à l’augmentation de la population dans la capitale depuis les dernières années, « le Yukon a désespérément besoin d’un véritable apport d’investissements dans le système existant pour répondre à cette demande », rappelle M. Smith.

Le projet éolien de la colline Haeckel–Thay T’äw est « l’un des exemples concrets qui peuvent servir de modèle à d’autres communautés autochtones et, plus généralement, à toutes les communautés du Nord », pense le chef Smith.

Dans le delta du Beaufort

À Inuvik dans les TNO, une éolienne en service depuis deux ans a connu des niveaux de performance variable. Si en 2024 aucun problème n’était survenu, les températures frigides de la fin de l’année 2025 ont affecté le fonctionnement de l’éolienne. Même si elle est connue pour fonctionner dans un environnement arctique, les équipements électroniques ont cependant des limites, indique Doug Prendergast, responsable de la communication chez Northwest Territories Power Corporation. « Les longues périodes où la température est descendue en dessous de -40 °C ont posé quelques problèmes, souligne-t-il, mais nous continuons à travailler pour augmenter son rendement et nos opérateurs acquièrent chaque jour davantage d’expérience. »

Au cours du dernier exercice financier, l’éolienne a produit environ 15 % de l’électricité de la communauté d’Inuvik, soit l’équivalent d’environ 4,4 gigawattheures d’énergie.

À Inuvik dans les TNO, une éolienne en service depuis 2024 produit environ 15 % de l’électricité de la communauté.

Courtoisie Northwest Territories Power Corporation

Cette réalisation se traduit par plus de 2 millions de dollars d’économies de carburant, ce qui constitue un résultat positif même si l’objectif ambitieux de 10 gigawattheures de production annuelle, visant à couvrir environ 35 % de la production énergétique totale de la communauté, n’a pas été atteint.

Selon M. Prendergast, l’éolien est considéré comme une option tout à fait viable, en particulier dans le delta de Beaufort comme dans d’autres régions des Territoires du Nord-Ouest :

« Je pense qu’il est juste de dire que les gens penchent soit pour des installations solaires, soit peut-être même pour la mini-hydroélectricité. Ainsi, chaque communauté a son propre contexte, ses propres avantages et inconvénients lorsqu’il s’agit de choisir l’option de production d’électricité la plus adaptée à ses besoins. Nous avons toujours collaboré avec ces communautés et nous sommes impatients de poursuivre ce travail afin d’atteindre un objectif que nous partageons tous, le gouvernement et les communautés, à savoir réduire la quantité de diésel que nous utilisons pour produire de l’électricité. »

— Doug Prendergast, responsable de la communication chez Northwest Territories Power Corporation

Au cœur de la baie d’Hudson

Une partie de l’électricité du village de Sanikiluaq, sur les iles Belcher au Nunavut, sera bientôt fournie par une éolienne d’une puissance de 1 mégawatt. Le projet Anuriqjuak Nukkiksautiit (ANP) qui a débuté en 2016 est encore en cours de développement, mais les différentes parties de l’éolienne ont déjà été livrées et sa mise en service commerciale est prévue pour l’automne 2026. La production annuelle prévue est entre 3000 et 4000 MWh.

À Sanikiluaq, sur les iles Belcher au Nunavut, les différentes parties d’une éolienne ont été livrées et sa mise en service commerciale est prévue pour l’automne 2026. Elle devrait permettre de réduire d’au moins 50 % l’utilisation du diésel pour la production d’électricité dans le hameau de Sanikiluaq. 

Courtoisie Nunavut Nukkiksautiit Corporation

L’ANP vise à réduire d’au moins 50 % la consommation de diésel de la communauté pour la production d’électricité et cela permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 2 397 tonnes de CO2 par an.

L’achèvement du projet Anuriqjuak Nukkiksautiit marquera la mise en place du tout premier projet éolien à l’échelle communautaire au Nunavut et concrétise une étape importante dans la transition énergétique du territoire. Ce parc éolien permettra de réduire d’au moins 50 % l’utilisation du diésel pour la production d’électricité dans le hameau.

Pour Clara Phillips, responsable des projets de développement chez Nunavut Nukkiksautiit Corporation, l’exploitation d’une ressource locale, propre et renouvelable, et la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles (dont les Nunavummiut ne contrôlent ni le prix ni l’approvisionnement) apportent aux communautés un sentiment de fierté quant à leur capacité à subvenir à leurs propres besoins de manière indépendante.

« Il s’agit d’un acte de réconciliation dans la mesure où il redonne aux Inuit la capacité d’agir pour prendre en charge le développement et l’entretien de leurs propres systèmes et de prendre des décisions collectives conformes à l’Inuit Qaujimajatuqangit (NDLR : les valeurs sociétales inuit). »

— Clara Phillips, responsable des projets de développement chez Nunavut Nukkiksautiit Corporation

En effet, ce projet a été développé par un promoteur détenu à 100 % par des Inuits.

Alors que le Nunavut dépend actuellement à 100 % du diésel pour la production d’électricité sur l’ensemble du territoire et que cette situation n’est viable ni sur le plan environnemental, ni sur le plan économique, ni sur le plan social, tous les bénéfices seront partagés avec la communauté afin de soutenir les objectifs visant à améliorer la qualité de vie à plus grande échelle. Le reste sera investi conformément aux priorités régionales définies par les Inuits concernant la transition vers les énergies propres dans son ensemble, détaille Mme Phillips.

Quels sont les risques pour les oiseaux ?

Que ce soit au Yukon ou au Nunavut, des études d’impacts sur la faune, en particulier les oiseaux ont été menées en amont des projets. Au Yukon, le projet éolien de la colline Haeckel–Thay T’äw ne se trouve pas sur le parcours migratoire des oiseaux.

Le printemps est installé à Iqaluit, synonyme de festivités et festins communautaires. S’il est difficile de trouver des érablières dans le Grand Nord, l’Association des francophones du Nunavut a transformé son Franco-Centre en véritable cabane à sucre le 16 mai dernier. Un buffet a été offert, accompagné par Jean-Philippe Dupont à la chansonnette, sans oublier l’incontournable tire d’érable pour se sucrer le bec. Une belle réussite avec plus de 100 personnes qui ont répondu présent à l’événement.

Crédit : Arnaud Goghi - AFN
Crédit : Arnaud Goghi - AFN
Crédit : Arnaud Goghi - AFN

Sur un budget total de fonctionnement de 3,67 milliards de dollars, le ministère de la Santé recevrait alors 663 millions de dollars, soit une augmentation de 14,3 % par rapport à l’exercice financier précédent qui s’est terminé le 31 mars. Il s’agit de la plus forte augmentation de tous les ministères du gouvernement du territoire.

Le gouvernement prévoit d’embaucher du personnel supplémentaire dans plusieurs ministères pour faire face à la crise du suicide touchant le territoire. « Cela comprend également des investissements dans les services médicaux, les services de soins de longue durée sous contrat et le financement opérationnel pour commencer l’ouverture progressive du nouveau centre de traitement des addictions et des traumatismes Aqqusariaq, afin que les Nunavummiut qui ont besoin d’aide puissent y accéder plus près de chez eux », a déclaré le Premier ministre devant les députés.

De son côté, le ministère de l’Éducation verrait son enveloppe budgétaire augmenter de 20 millions de dollars. Six millions de dollars seraient alloués aux salaires du personnel enseignant. Figurent la construction d’un nouvel établissement secondaire à Taloyoak, ainsi que d’écoles à Coral Harbour et à Arctic Bay.

Le Programme d’aide financière aux étudiants du Nunavut bénéficierait d’un financement supplémentaire de 14,5 millions de dollars.

Dépenses par ministère :

Amélioration des infrastructures

La Société d’habitation du Nunavut recevra 87 millions de dollars pour construire des logements sociaux  et pour embaucher du personnel, ainsi que pour soutenir l’accession à la propriété et les réparations domiciliaires. Le gouvernement prévoit un financement additionnel de 10 millions de dollars  destiné aux organismes locaux d’habitation afin d’appuyer la construction de nouveaux logements. « Les progrès en matière de logement ne se font pas du jour au lendemain », a rappelé le premier ministre.

Le ministère des Transports et de l’Infrastructures aurait un budget de 281 millions de dollars, soit une hausse de 7,2 % par rapport à l’année dernière.

Ce plan d’investissement comprendrait la poursuite des travaux du terminal aérien de Rankin Inlet et d’autres modernisations aéroportuaires, le resurfaçage de la piste à Rankin Inlet, des travaux sur le parc de réservoirs de carburant à Arviat. Ces dépenses comprendraient également des projets de remplacement des conduites principales d’eau et d’égouts, des améliorations de la connectivité par fibre optique, ainsi que des projets municipaux liés à l’eau, aux eaux usées et aux déchets solides à travers le territoire.

Le Premier ministre a réaffirmé son engagement à soutenir les familles.

« Pour de nombreuses familles du Nunavut, les difficultés financières ne sont plus un phénomène ponctuel. Elles sont désormais permanentes. »

— John Main, Premier ministre du Nunavut

Ainsi, John Main propose de doubler la prestation pour enfants du Nunavut et prévoit son indexation annuelle pour suivre l’inflation. Actuellement, cette prestation est nettement inférieure à celles offertes au Yukon et aux Territoires du Nord-Ouest.

Il a également annoncé une hausse de 4 millions de dollars (soit 2,9 fois plus) pour le soutien financier aux garderies.

Des revenus à la hausse

Ce plan de dépenses, en hausse de 8 % par rapport à l’exercice précédent, s’appuie sur une augmentation de 12 % des recettes fiscales Pour un total de 3,5 milliards de dollars, les revenus proviendraient des transferts fédéraux (2,47 M$), des ententes avec des tiers (647 M$), des taxes (209 M$) et d’autres revenus autonomes (91 M$).

Toutefois, l’augmentation de ces dépenses entraînerait également celle d’un déficit. « Le gouvernement prévoit un déficit opérationnel de -169 M$ en 2026-27, en supposant que les fonds de réserve soient entièrement dépensés », peut-on lire sur le site du gouvernement.

« Après deux années de pressions déficitaires, nous nous employons à rétablir un meilleur équilibre budgétaire au cours des trois prochaines années », a assuré le premier ministre.

Le budget proposé doit encore être débattu et voté par les députés avant son adoption définitive.

Baffinland Iron Mines a demandé une protection en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers (LACC), une démarche qui lui permet d’obtenir un répit judiciaire pendant qu’elle tente de restructurer ses finances.

La compagnie minière attribue ses difficultés financières à une combinaison de facteurs, selon des documents déposés à la cour le 14 mai 2026. L’entreprise affirme avoir engagé d’importantes dépenses liées au projet du chemin de fer Milne, soit plus de 1,06 milliard de dollars entre 2017 et 2022. Ces dépenses avaient été réalisées en prévision d’une approbation réglementaire qui n’a finalement jamais été accordée.

La société évoque aussi le poids de sa dette, les limites actuelles de transport et de production à la mine Mary River, en plus des coûts élevés d’exploitation dans un environnement nordique isolé. Les documents judiciaires indiquent que l’entreprise est plafonnée à un volume annuel de 4,2 millions de tonnes, ce qui limiterait sa capacité à générer suffisamment de revenus pour couvrir ses dépenses et assurer le remboursement de ses emprunts.

Baffinland affirme par ailleurs verser environ 2,5 millions de dollars par mois en intérêts liés à certaines facilités de crédit.

Une situation financière qualifiée d’urgente

Au-delà de ces facteurs structurels, Baffinland juge sa situation financière critique. Toujours selon les documents fournis à la cour, la société dit fonctionner « de semaine en semaine » sur le plan des liquidités et manquer de fonds pour répondre à certains engagements immédiats.

L’entreprise affirme avoir besoin d’environ 100 millions de dollars pour assurer les expéditions maritimes de 2026, incluant l’approvisionnement en carburant. Elle indique devoir composer avec près de 87 millions de dollars en comptes impayés et ne pas disposer de fonds suffisants pour honorer l’ensemble de ses obligations.

Baffinland emploie environ 1200 personnes au Nunavut, dont près de 300 Inuit et soutient qu’un arrêt de ses activités entraînerait des répercussions au-delà de ses créanciers et de sa situation financière. Selon les documents déposés, des entreprises locales, des fournisseurs et certaines communautés dépendraient aussi de la poursuite des opérations de la mine Mary River.

La Chambre de commerce régionale de Baffin n’a pas souhaité commenter la situation, affirmant ne pas se prononcer sur les dossiers d’entreprises individuelles, particulièrement dans le cadre d’un processus de restructuration.

Aucune perturbation des activités n’est pour le moment annoncée à la mine Mary River et au port de Milne pendant le processus de restructuration.

Courtoisie - Baffinland Iron Mines Corporation

Aucun arrêt des activités annoncé

Le 19 mai, le gouvernement du Nunavut a indiqué avoir reçu l’assurance que les activités de Baffinland se poursuivraient « normalement pour le moment », malgré le processus de restructuration judiciaire.

Dans un communiqué conjoint, le premier ministre John Main et le ministre des Services communautaires, Craig Simailak, ont affirmé vouloir protéger « les moyens de subsistance et le bien-être » des centaines de Nunavummiut travaillant pour Baffinland. Ils ont décrit l’entreprise comme un employeur important et un contributeur majeur à l’économie du territoire.

Le 22 mai, lors d’une séance de l’Assemblée législative, Craig Simailak, qui est aussi ministre responsable des Mines, a réitéré que les activités de Mary River se poursuivent et qu’« aucun licenciement » n’avait été annoncé à ce stade. Le gouvernement du Nunavut a également rappelé l’importance du projet pour l’activité économique du Nunavut et l’emploi inuit.

Peter Akman, responsable des relations avec les parties prenantes et des communications de Baffinland, indique que l’entreprise évalue diverses options dans le cadre du processus, dont une possible recapitalisation ou une vente.

Il ajoute que les employés continueront d’être payés « normalement » et que les avantages sociaux demeureront en place. Les décisions quotidiennes resteront entre les mains de l’équipe de direction de l’entreprise, sous supervision judiciaire. « Aucune perturbation » des activités à la mine Mary River et au port de Milne n’est prévue pendant le processus de restructuration. La saison maritime 2026 devrait aussi avoir lieu comme prévu, selon lui.

Peter Akman affirme que les ententes conclues avec la Qikiqtani Inuit Association (QIA) continueront d’être respectées et que la minière souhaite également faire avancer le développement du composant Steensby du projet Mary River, lié à l’expansion des infrastructures de transport du minerai.  

Le porte-parole de Baffinland a toutefois indiqué que l’entreprise ne commenterait pas davantage les chiffres et les détails figurant dans les documents déposés au tribunal.

Annie Thomlinson, directrice des communications de Nunavut Tunngavik Inc. (NTI), précise que l’organisation surveille de près la procédure judiciaire avec la QIA afin de s’assurer que les droits, intérêts et ententes inuit soient respectés.

NTI affirme vouloir collaborer avec la QIA, les gouvernements, Baffinland et les autres parties concernées afin que les Inuit aient « une voix importante dans le processus et dans toute issue qui pourrait découler du dossier ».  

Pour l’instant, Baffinland dit poursuivre ses activités malgré une situation financière qu’elle qualifie d’urgente.

55 millions du Fédéral destiné aux minéraux critiques

Le gouvernement du Canada a annoncé le 20 mai l’investissement de plus de 55 millions de dollars pour des projets liés aux minéraux critiques au Nunavut, notamment le projet de route et de port de Gray’s Bay et une technologie visant à réduire les émissions dans le secteur minier. L’annonce survient dans un contexte où l’industrie minière du Nunavut retient l’attention, alors que Baffinland Iron Mines, traverse un processus de restructuration financière sous protection judiciaire.

C’est en complétant « Le Nunavut : découvrir et comprendre un territoire unique », une formation en ligne du Centre de formation Qaujimaniq divisée en huit modules, qu’Olivier Bourit estime avoir mieux saisi certaines facettes du Nunavut.

Installé depuis bientôt trois ans à Iqaluit, il dit avoir été surpris par tout ce qu’il ignorait encore de la région. « Je me rends compte que même après trois ans où je pensais connaitre la majorité des choses sur la vie et les réalités du Nunavut, j’ai appris pas mal de choses ».

Amateur d’histoire, il affirme avoir particulièrement aimé le volet historique de la formation. « Moi qui adore l’histoire puis les anecdotes, j’ai été très satisfait. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de recherches », souligne-t-il.

Avant son arrivée au Nunavut, Olivier Bourit reconnait qu’il connaissait peu le territoire et avait quelques interrogations, notamment liées au coût de la vie. Selon lui, la formation permet justement de mieux comprendre des aspects parfois difficiles à saisir lorsqu’on s’installe au territoire.   

Marie-France Talbot (droite) et Olivier Bourit (gauche) espèrent que l’initiative permettra aux nouveaux arrivants d’avoir les outils pour mieux saisir les réalités du territoire.

Crédit : Brice Ivanovic

Comprendre le Nunavut autrement

Mieux comprendre le Nunavut est justement au cœur de la démarche, explique Marie-France Talbot, cheffe du service Formation du Centre de formation Qaujimaniq. Le but était d’offrir davantage qu’une simple introduction.

« Monsieur Madame Tout-le-Monde qui s’installe ici, on veut qu’il ait un contexte, on veut qu’il comprenne, pour qu’il soit un membre bienveillant de la communauté et qu’il parvienne à s’intégrer. »

— Marie-France Talbot, cheffe du service Formation du Centre de formation Qaujimaniq

Elle indique que l’initiative, qui a rallié jusqu’à maintenant une trentaine de participants, est née d’une demande exprimée par la communauté francophone. Plusieurs partenaires souhaitaient aussi faciliter l’accueil des nouveaux arrivants et employés.

Le contenu s’inspire d’un outil développé à l’origine pour les enseignants du gouvernement du Nunavut, puis adapté par la suite à la réalité francophone pour mieux répondre aux besoins des personnes qui s’installent sur le territoire.

La formation aborde notamment l’histoire du territoire, le savoir inuit, le climat ainsi que divers enjeux liés à la francophonie et l’intégration communautaire.

Un outil pour mieux s’intégrer

Marick Romedenne, formatrice et gestionnaire petite enfance au Centre de formation Qaujimaniq, souligne d’ailleurs que plusieurs nouveaux arrivants s’installent au Nunavut directement d’un autre pays. « C’est quand même un gros choc. Le Nunavut, c’est très particulier par rapport au reste du Canada », dit-elle, estimant qu’il était important d’offrir plus de contexte aux personnes qui viennent s’établir.

Le Centre de formation a aussi opté pour un format d’environ neuf heures afin d’aller au-delà d’une simple introduction. « Si quelqu’un vient vivre au Nunavut, je pense que c’est correct qu’il prenne une journée pour s’informer, pour avoir du contexte », fait valoir Marie-France Talbot.  

Offerte en ligne depuis janvier 2026, la formation peut être suivie à son propre rythme et aborde notamment l’histoire du territoire, le savoir inuit, le climat ainsi que divers enjeux liés à la francophonie et l’intégration communautaire.

Saisir les réalités du Nunavut

Olivier Bourit estime que la formation en vaut la peine. « J’ai trouvé ça très complet. J’ai appris beaucoup de choses. C’est long, mais ça va quand même assez vite », dit-il.

Parmi les différents modules, celui consacré aux Franco-Nunavummiut l’a particulièrement marqué, notamment en raison de la place accordée à la communauté francophone du territoire :

« En tant que francophone, je trouve que c’est important de suivre cette formation parce que ça permet de relativiser quand on défend le français. Oui, c’est une langue officielle, mais on représente seulement que 4%. C’est très important de s’en rendre compte et de rester modeste. »

Cette mise en contexte aide, à son avis, à mieux saisir l’histoire et la place de cette communauté sur le territoire. « J’ai beaucoup aimé cette partie chiffrée et, en même temps, la partie historique pour voir l’héritage positif qu’elle a laissé ».

Les capsules vidéo et témoignages intégrés aux modules figurent parmi les éléments qu’il a appréciés.  « Il n’y a pas tant de plateformes où toute la partie historique est retracée », dit-il, citant notamment l’expédition Franklin comme l’un des contenus ayant retenu son attention.

Même si elle demande du temps, Olivier Bourit croit que la formation gagnerait à être complétée plus largement, particulièrement chez les nouveaux arrivants francophones. « Après avoir fait cette formation, ça va tellement les aiguiller ».

Selon les responsables du projet, l’objectif est de permettre aux personnes qui s’installent au Nunavut de devenir des alliés de leur communauté d’accueil plutôt que de simples visiteurs. Certains suivraient le programme avant même leur arrivée au Nunavut afin de se préparer plus adéquatement à leur déménagement.

Olivier Bourit croit que le moment idéal pour réaliser la formation serait dans les trois premiers mois suivants l’établissement au Nunavut afin de comprendre leur milieu d’accueil et ses communautés. 

« À partir du moment où tu comprends mieux certaines réalités, tu vas moins les juger déjà d’une part parce que tu sais d’où ils viennent, tu vas mieux comprendre. Ça te remet tout en contexte », conclut-il.

L’élection vise à pourvoir le poste laissé vacant après la démission de Jeremy Tunraluk en janvier dernier. Quelques semaines auparavant, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d’Iqaluit avait porté contre lui une accusation de voies de fait armées ou causant des lésions corporelles. La procédure a ensuite été suspendue lors de sa première comparution en cour.

Initialement prévue en décembre 2026, l’élection partielle a finalement été devancée au 27 mai par les membres et le conseil d’administration de NTI.

Dans un communiqué publié en mars, l’organisation indiquait éprouver des difficultés à représenter efficacement les Inuit avec un seul dirigeant exécutif en poste. NTI avait alors nommé Paul Irngaut, jusqu’alors vice-président, comme président par intérim.

Une course pour un poste clé

Dix candidats sont en lice dans cette élection partielle, contre quatre lors du précédent scrutin présidentiel de NTI en 2024, selon le responsable du scrutin, Joe Adla Kunuk. La course oppose notamment Paul Irngaut, actuel président par intérim, Jeremy Tunraluk et l’ex-présidente Cathy Towtongie, qui a occupé ce poste à deux reprises. Parmi les autres noms figurent Samuel Alagalak, Jerry Komaksiutiksak, Andrew Nakashuk, Willie Nakoolak, Jerry Natanine et Gloria Uluqsi.

Sur les réseaux sociaux, NTI a récemment invité le public à se prononcer sur les priorités de la prochaine direction. Parmi les préoccupations soulevées figurent notamment le coût de la vie, la mise en œuvre de l’Accord du Nunavut, les services de santé et la représentation des Inuit vivant à l’extérieur du territoire.

Cinq façons de voter

Environ 29 254 électeurs sont admissibles à voter, au Nunavut comme à l’extérieur du territoire. Le taux de participation à la dernière élection s’élevait à 68 %.

Les bénéficiaires de l’Accord du Nunavut peuvent voter de cinq façons, notamment lors du scrutin du 27 mai de 10 h à 19 h, dans les communautés du territoire.

Un vote par anticipation a également été tenu le 20 mai. Des bureaux de vote mobiles étaient aussi prévus les 21,22, 25 et 26 mai dans les collectivités.

Les électeurs incapables de se rendre à un bureau de vote pouvaient également faire entendre leur voix par procuration, tandis qu’un vote postal était offert sur demande auprès du directeur du scrutin.

Afin d’encourager la participation, NTI verse 100 $ aux électeurs admissibles qui prennent part au scrutin.

À l’issue du vote du 27 mai, les bulletins seront comptés puis transmis au directeur général des élections de NTI, qui procédera à l’addition officielle des résultats. Ceux-ci seront rendus publics une fois l’ensemble des votes reçus. En cas d’écart serré, soit 2% ou moins des suffrages, un recomptage pourrait être déclenché. La personne élue assumera ensuite ses fonctions conformément aux règlements de NTI.

L’annonce réalisée par l’Inuit Heritage Trust marque une avancée pour ce projet attendu depuis plusieurs années et destiné à accueillir des milliers de biens culturels inuit, actuellement conservés à l’extérieur du territoire.

En partenariat avec la firme manitobaine Penn-co Construction, l’entreprise inuit Arctic Fresh participera aux prochaines phases de planification, de logistique et de préparation du chantier prévu à Iqaluit.

Retenue dans le cadre d’un contrat en deux étapes, elle contribuera également à l’identification de pistes d’économie durant la conception finale. Une deuxième phase pourrait ensuite permettre à l’entreprise d’assurer la supervision des travaux du Centre de patrimoine inuit du Nunavut, rapporte Kevin Kablutsiak, conseiller en communications de l’Inuit Heritage Trust.

Malgré cette avancée, le financement complet du projet demeure à confirmer.

Financement et approbations à venir

Ottawa indique avoir déjà versé 50 millions de dollars pour la construction du Centre du patrimoine inuit du Nunavut. Cette somme s’inscrit dans le cadre du contrat de mise en œuvre signé en 2025 entre le Canada, Nunavut Tunngavik Incorporated (NTI) et le gouvernement du Nunavut. Des organisations inuit du Nunavut ont aussi injecté environ 20,2 millions de dollars pour soutenir son avancement, selon l’Inuit Heritage Trust.

Aucun financement fédéral supplémentaire n’est actuellement envisagé, précise Eric Head, porte-parole de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada. L’Inuit Heritage Trust poursuit parallèlement une campagne de financement pour recueillir des fonds additionnels.

Le projet demeure assujetti à plusieurs approbations avant le début du chantier. La Ville d’Iqaluit indique qu’en mars 2026, le conseil municipal a examiné un plan à long terme pour le secteur situé à l’est de l’aréna AWG. Il a aussi autorisé la réception de demandes liées au terrain.

Le dossier devra franchir certaines étapes touchant le zonage, les permis de développement, l’attribution du terrain et diverses ententes de services municipaux, précise Geoffrey Byrne, gestionnaire des communications à la Ville d’Iqaluit.

L’Inuit Heritage Trust vise toujours un début des travaux au printemps ou à l’été 2027. D’ici là, l’équipe doit notamment compléter les dernières étapes de conception, la planification du chantier et les démarches de financement. Kevin Kablutsiak indique que les documents finaux prêts pour la construction sont attendus au premier trimestre de 2027.  

Un projet attendu, mais coûteux

Le coût global du projet est désormais estimé à environ 225 millions de dollars, comparativement à quelque 150 millions évoqués l’an dernier par l’Inuit Heritage Trust. Le conseiller en communications explique que cette hausse est attribuable notamment à l’évolution des plans et à l’augmentation des coûts de construction, de transport et d’expédition dans le Nord au cours des dernières années.  

Au-delà du chantier, l’initiative vise à permettre le rapatriement de biens culturels inuit conservés ailleurs au pays.  L’an passé, l’Inuit Heritage Trust expliquait qu’une grande partie des collections liées au Nunavut est actuellement dans les institutions à l’extérieur du territoire, notamment à Winnipeg, Ottawa et Yellowknife.

Le projet s’inscrit également dans les engagements prévus à l’Accord du Nunavut en matière de protection et de gestion du patrimoine inuit. L’article 33 prévoit la création d’installations destinées à conserver une part représentative du patrimoine archéologique inuit dans la région.

« Nommer l’entrepreneur général est une autre étape importante pour transformer cette vision de longue date en quelque chose que nos équipes pourront bientôt voir se concrétiser », affirme Luke Suluk, président du conseil d’administration du Inuit Heritage Trust.

Du 1er avril au 15 mai 2026, une équipe internationale de scientifiques s’est déployée sur la glace de mer près de Cambridge Bay, dans le cadre du projet expérimental sur la glace de mer des missions d’expansion Copernicus (CEMSIE). Cette période printanière a été choisie puisque le couvert neigeux demeure alors froid et sec, des conditions jugées essentielles à des mesures radar précises.

Dirigé par le professeur John Yackel de l’Université de Calgary, le projet rassemblait des chercheurs de 15 pays, dont le Canada, les États-Unis, la France et l’Allemagne. La campagne mobilisait de 25 à 30 scientifiques, ingénieurs et techniciens en rotation. Il visait à améliorer la façon dont les satellites mesurent l’épaisseur de la glace de mer dans l’Arctique, une donnée clé pour mieux comprendre l’évolution de la banquise et soutenir les déplacements hivernaux sur la glace. Le projet s’inscrivait dans le cadre des missions Copernicus Expansion, une série de satellites européens dont le lancement est prévu entre 2027 et 2029.

Financée en partie par Polar Knowledge Canada (POLAR), l’initiative bénéficiait également d’un soutien scientifique et logistique de l’organisme. La campagne a par ailleurs réuni des partenaires internationaux à la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique (CHARS).

Mesurer la glace sur le terrain

Sur le terrain, les équipes ont combiné des relevés directement sur la glace et des observations aériennes afin de comparer les données recueillies au sol avec celles captées par satellite. Les chercheurs ont notamment mesuré la profondeur de la neige et l’épaisseur de la banquise pour mieux comprendre leur influence sur les données satellitaires. De petits groupes se rendaient quotidiennement jusqu’aux sites d’étude, les trajets se faisant principalement en motoneige et à l’aide de petits traineaux.  

Selon les chercheurs, ces informations pourraient contribuer à améliorer les prévisions météorologiques et la navigation dans le Nord, tout en renforçant la sécurité des déplacements sur la glace.

Le professeur John Yackel souligne également l’importance des échanges avec des membres de la communauté, qui ont aidé à sélectionner certains sites de mesure et à offrir un soutien logistique. Des artisans locaux ont aussi participé à la fabrication d’équipements utilisés sur le terrain.

Un avion de recherche de l’Institute Alfred Wegener survole un réflecteur d’angle utilisé pour calibrer les mesures radar.

Crédit : Dr. Clément Soriot

Des applications envisagées

Si les retombées concrètes pour les communautés nordiques demeurent pour l’instant incertaines, les partenaires du projet évoquent déjà des usages possibles, notamment pour faciliter les trajets hivernaux sur la glace.

Selon POLAR et le professeur John Yackel, une meilleure précision des données satellitaires pourrait éventuellement permettre de produire des cartes et des prévisions plus fiables sur les conditions de la banquise, afin d’appuyer les déplacements sur la glace et l’évaluation des risques. Il ajoute que ces outils pourraient contribuer à mieux comprendre les routes empruntées sur la glace de mer et le rôle qu’elles jouent pour les collectivités nordiques.

L’Association inuit du Kitikmeot (KIA) estime que des données plus précises sur les conditions de la banquise pourraient avoir une utilité concrète sur le territoire. « Les Inuit du Kitikmeot se déplacent beaucoup sur la glace de mer pour accéder à des zones traditionnelles de chasse, de pêche et de camping », souligne James Kaylor, gestionnaire des communications pour l’organisation.

Selon lui, toute recherche supplémentaire permettant de surveiller l’évolution de l’état de la glace « serait bénéfique ». La KIA souhaite d’ailleurs connaitre les résultats de l’étude.

À plus long terme, ces travaux pourraient contribuer à améliorer les cartes et les prévisions liées à la banquise, afin de soutenir les déplacements et l’évaluation des risques, espèrent les partenaires du projet.   

Découverte de la culture inuit à Pangnirtung, pêche à l’omble chevalier à Kugluktuk et apprentissage des techniques de construction d’un igloo à Grise Fiord : les deux amis franco-ontariens vont à la rencontre de plusieurs communautés dans cette deuxième saison diffusée sur TV5 Unis.

Le duo sillonne le territoire au fil de 13 épisodes, de Pangnirtung jusqu’à Grise Fiord, en passant notamment par Igloolik, Rankin Inlet et Cambridge Bay.

La production s’est déroulée en deux phases : une première à l’automne 2024, puis une seconde au printemps 2025, afin de capter une autre facette du Nunavut. Même si les animateurs prévoyaient revenir en février pour vivre le « vrai hiver » arctique, des habitants ont conseillé de reporter le voyage de quelques mois. « Ils nous ont dit : il fait trop froid, votre équipement va vous lâcher et personne n’est dehors. Tout le monde est dans les maisons, il fait noir tout le temps », raconte le réalisateur Vincent Poirier.

Au printemps, explique-t-il, les températures demeurent basses, mais la lumière revient et la vie communautaire reprend davantage.

Quand le nord dicte le rythme

Contrairement à la première saison, centrée sur un itinéraire routier, les déplacements au Nunavut se font principalement par avion, au gré de la météo.

Le périple a été marqué par plusieurs contretemps liés au contexte nordique. Les voyageurs n’ont notamment pu atteindre Cambridge Bay qu’à leur troisième tentative, après que des conditions météorologiques ont empêché l’atterrissage de l’avion, forçant l’équipe à se rendre à Yellowknife.

Ces imprévus ponctuent d’ailleurs plusieurs épisodes. À Igloolik, une chasse aux bélugas à laquelle devait participer les amis a dû être annulée en raison du mauvais temps. Ailleurs, les animateurs espèrent apercevoir des mammifères emblématiques du Nord, comme l’ours polaire ou le bœuf musqué, sans succès. « C’est sûr qu’il y a des petits deuils quand une expédition tombe à l’eau », souligne Vincent Poirier. « Quand on n’a pas pu aller chasser le béluga, ça nous a donné d’autres bons moments. Donc c’est décevant, mais il faut rester ouvert ».

Si la météo a parfois forcé l’équipe à revoir ses plans, plusieurs rencontres ont laissé une forte impression aux animateurs.

À Igloolik, le duo découvre entre autres les activités du collectif inuit Artcirq à la Black Box, un lieu culturel et communautaire détruit par un incendie quelques mois après le passage de l’équipe de tournage. L’expérience a particulièrement marqué le réalisateur, qui dit avoir mieux compris sur place l’importance du lieu pour les jeunes de la communauté. « Ça m’a vraiment étonné, c’est un beau coup de cœur pour moi », confie-t-il.

Au-delà des contretemps liés à la météo, Vincent Poirier estime que le rythme même du Nord impose une autre façon de tourner. Selon lui, les horaires se construisent davantage « au jour le jour », ce qui oblige constamment l’équipe à composer avec les conditions et les occasions qui se présentent. « Le temps est plus relaxe, les engagements sont pris différemment », observe-t-il.

Pour l’animatrice, cette nécessité de faire preuve de souplesse s’est rapidement imposée comme une réalité du tournage au Nunavut. « Il fallait être prêt à s’adapter, à être spontané et à laisser la vie nous donner ce qu’elle voulait nous donner », résume-t-elle.

À Igloolik, le duo a préparé le béluga avec Terry Uyarak.

Crédit : Frédérik Jones

Une immersion plus concrète

Si l’équipe s’était documentée avant le tournage, l’expérience sur le terrain a néanmoins changé leur regard sur le territoire, estime le réalisateur. « Tu as beau le lire sur papier tant que tu ne l’as pas vécu, que tu ne l’as pas incarné, ta compréhension est vraiment différente », dit-il. Le duo comprend désormais « beaucoup mieux la réalité du Nord et les réels enjeux » qu’à la fin de la première saison.  

La série cherche aussi à dépasser certaines perceptions simplifiées du Nunavut qui circulent souvent dans le Sud. Sans éluder les aspects plus difficiles du territoire, elle accorde une place à des initiatives positives et des rencontres marquantes au sein des communautés.

D’après Nadia Campbell, les rencontres vécues dans les communautés ont mis en lumière une réalité plus complexe que les clichés fréquemment associés au Nord. « Ce n’est pas qu’on veut montrer ci ou ça, c’est que les deux vivent ensemble », explique-t-elle. « Les gens peuvent être tristes et heureux en même temps, les gens peuvent être traumatisés et résilients en même temps. Les choses coexistent ».

À Igloolik, elle a été particulièrement marquée par un échange avec l’artiste Terry Uyarak, qui lui a offert un aperçu à la fois intime et nuancé de la vie inuit. « Pas juste le chasseur traditionnel, pas juste la personne résiliente qui réalise un projet », résume-t-elle en évoquant une vision plus complexe des réalités inuit.

Vincent Poirier retient lui aussi un moment marquant: celui passé avec Larry, un aîné rencontré à Grise Fiord, dont la force de caractère et le désir de raconter l’histoire de sa communauté l’ont beaucoup touché.