le Vendredi 11 septembre 2026

L’administration de Donald Trump a imposé, à partir du 22 août 2026, des droits de douane de 50 % sur environ 27,6 milliards de dollars de produits canadiens. Après trois jours de négociations, le Canada a annoncé la fin des discussions jugeant les nouvelles conditions proposées par Washington inacceptables. Ottawa a ensuite annoncé le 25 août 2026 des contre-mesures tarifaires de 15 à 50 % sur 27,6 milliards de dollars d’importations en provenance des États-Unis à partir du 8 septembre. 

« En fin de compte, c’est assez regrettable, car cela est tout à fait inutile à mes yeux », déplore John Main. « Le libre-échange apporte d’énormes avantages et si les conditions permettaient à nos collègues fédéraux de revenir à la table des négociations, ce serait formidable. »  

Selon le Premier ministre, les nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis ont majoritairement des répercussions en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique. Néanmoins, il reconnaît que ces nouveaux tarifs pourraient avoir des répercussions sur plusieurs domaines au Nunavut, tels que le coût de la vie, déjà élevé, les entreprises et les travailleurs.

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« Les droits de douane ne profitent à personne. J’espère que les parties retourneront à la table des négociations, mais nous ne savons pas quelle tournure prendront les événements », a déclaré John Main, Premier ministre du Nunavut, lors d’un point presse le 25 août dernier.

Crédit : Gwendoline Le Bomin

Impact sur les consommateurs 

Selon M. Main, il est encore trop tôt pour déterminer les réelles répercussions des nouveaux tarifs douaniers américains sur le coût de la vie au Nunavut.  

« Notre objectif est de cerner les répercussions potentielles sur les habitants du Nunavut et d’y répondre de manière appropriée une fois que nous aurons bien cerné ces répercussions », a-t-il déclaré.  

Il rappelle que plusieurs aides ont été mises en place sur le territoire afin de soutenir les familles et les consommateurs, notamment la réforme du programme Nutrition North et la bonification de la prime sur les produits alimentaires et les produits de première nécessité pour les résidents du Nord.  

Réunion du comité du commerce intérieur 

Les ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables du commerce intérieur se sont réunis le 27 août dernier à Iqaluit.  

Le Nunavut assure actuellement la coprésidence du Comité. « Ce comité a joué un rôle important dans la suppression des barrières entre les différentes juridictions du Canada », souligne Craig Simailak, ministre responsable du Commerce.

« Nous espérons continuer à progresser en matière de commerce intérieur afin de faciliter la collaboration entre les différentes juridictions, notamment en ce qui concerne la mobilité de la main-d’œuvre ou la vente et l’achat de biens », a déclaré Craig Simailak, ministre responsable du Commerce.

Crédit : Gwendoline Le Bomin

Lors de cette réunion, les ministres ont convenu, entre autres, d’accélérer leurs efforts pour faciliter le commerce et la mobilité de la main-d’œuvre au Canada, peut-on lire dans un communiqué publié le même jour.  

Concernant la construction de logements, le gouvernement fédéral travaille à harmoniser les codes de construction et les pratiques relatives afin de faciliter et d’accélérer l’approbation des nouveaux matériaux de construction et des maisons préfabriquées. 

Une entente de principe sur une loi de reconnaissance mutuelle des normes et des qualifications devrait être conclue d’ici la fin de l’automne 2026. Une prochaine rencontre aura lieu le 2 octobre pour faire état des avancées de cet engagement. 

Jean Poitras, Professeur titulaire en gestion de conflits, HEC Montréal


La difficulté augmente quand le partenaire peu fiable reste incontournable. On dialogue avec quelqu’un qu’on ne peut pas contraindre, mais avec qui l’on doit continuer à traiter.

Le premier ministre canadien Mark Carney en fait aujourd’hui l’expérience dans sa relation avec le président américain Donald Trump. Les États-Unis, principal partenaire commercial du Canada, demeurent incontournables, mais les règles du jeu sont devenues beaucoup moins prévisibles. Malgré l’ACEUM déjà en vigueur, Washington a imposé de nouveaux droits de douane sur des biens canadiens.

De plus, les négociations d’août 2026 ont échoué alors que les deux parties semblaient proches d’une entente. Selon Ottawa, l’administration Trump aurait présenté des conditions supplémentaires à la toute fin des pourparlers. Le gouvernement canadien a suspendu les pourparlers plutôt que d’accepter les modalités proposées. La question se pose directement du côté du Canada : pourquoi s’engager dans un accord si l’on a l’impression que l’autre partie pourrait, à tout moment, revenir sur sa parole ?

Cette situation se retrouve également dans d’autres secteurs. Comment une entreprise peut-elle gérer une situation où elle dépend d’un fournisseur dominant ou, à l’opposé, comment un parent peut-il négocier un couvre-feu avec son adolescent récalcitrant ?

Quand la confiance ne suffit plus

Le réflexe s’avère souvent moral lorsqu’on se trouve face à un tel négociateur : « Il manque de crédibilité », « on peut difficilement lui faire confiance » ou « il négocie de mauvaise foi ». Ces jugements peuvent se révéler équitables, mais ils aident peu. On ne force personne à devenir digne de confiance.

La question utile devient alors : pourquoi cette personne respecterait-elle sa parole si le coût de sa trahison se révèle presque nul ? Au lieu de se demander pourquoi l’autre ne tient pas parole, on peut se demander comment créer des mesures motivantes pour qu’il la tienne.

Les travaux sur la coopération répétée, la théorie des jeux et les accords auto-exécutoires montrent qu’en l’absence d’une perception de bonne foi chez le partenaire, la probabilité qu’il respecte ses engagements dépend moins de sa parole que des conséquences crédibles attachées à un manquement – d’autant plus lorsqu’aucun tiers ne peut imposer l’accord. Trois leviers permettent d’agir sur ce calcul.

Premier levier : réduire sa dépendance

Le BATNA (Best Alternative to a Negotiated Agreement) (la meilleure alternative à un accord négocié) a été popularisé par les Américains Roger Fisher, professeur de droit à Harvard et pionnier de la recherche en négociation, et William Ury, anthropologue et spécialiste de la négociation, dans Getting to Yes, publié en 1981. Plus cette solution est bonne, plus on a de pouvoir dans la négociation, puisqu’on peut refuser une mauvaise offre sans grand risque. C’est, en clair, notre plan B.

Considérons un exemple concret. Une entreprise dépendante d’un seul grand marché voisin subit chaque taxe ou chaque changement de politique de plein fouet, faute d’autres débouchés. Le partenaire ne gagnera pas grand-chose à se modérer. Mais le calcul change si l’entreprise développe aussi des marchés en Europe ou en Asie : le partenaire sait qu’il pourrait perdre une partie de ce commerce au profit d’un concurrent étranger.

C’est toute la logique du BATNA : on cherche d’abord à corriger ses propres vulnérabilités, et non pas à faire du mal à notre vis-à-vis. Une fois qu’on détient une véritable porte de sortie, le manquement de l’autre finit par lui coûter quelque chose, sans qu’on ait besoin de le dire à voix haute. Nous pouvons tout simplement aller voir ailleurs et il risque alors de nous perdre s’il exagère.

Deuxième levier : limiter les risques

Le deuxième levier agit sur le risque. Des travaux ont montré que la coopération peut émerger et se maintenir dans des relations répétées, même en l’absence d’une autorité extérieure. La répétition permet notamment aux parties d’ajuster leur comportement en fonction de ce qu’elles observent chez l’autre.

Le principe du « starting small » prolonge cette logique. Lorsque la fiabilité d’un partenaire se révèle incertaine, on commence par un engagement limité et on l’accroît progressivement à mesure que sa fiabilité se confirme.

Par conséquent, on divise un gros accord en étapes, et l’accès aux étapes suivantes est conditionné au respect des précédentes.

Deux pays négocient la levée de tarifs douaniers. Ils procèdent par paliers : l’acier d’abord, puis l’automobile, puis d’autres secteurs. Chacun doit respecter ses engagements à l’étape précédente pour passer à l’étape suivante. Si l’un des pays revient rapidement sur sa parole, l’autre ne perd que l’accès aux phases suivantes, souvent les plus avantageuses.

Le risque change. On ne punit pas nécessairement le tricheur, mais on limite ses gains. Son calcul devient moins attrayant : ce n’est plus « je peux obtenir un gros avantage, puis me défiler », mais « si je me défile maintenant, je renonce aux gains plus importants qui viendraient ensuite ». Cela ne dissuade pas autant qu’une véritable sanction, mais cela réduit l’intérêt du manquement et protège surtout l’autre partie.

Troisième levier : attacher un coût au manquement

Le troisième levier va plus loin : il fait dépendre directement les bénéfices futurs du respect des engagements actuels. Il s’ancre dans la littérature sur les accords auto-exécutoires. On peut choisir de respecter un accord non par crainte d’une sanction judiciaire, mais parce que tricher aujourd’hui fait perdre les bénéfices futurs de la relation.

Concrètement, le respect de l’entente donne accès à un bénéfice réel – taux préférentiel, accès privilégié, condition avantageuse – renouvelé automatiquement à intervalles courts, par exemple chaque mois ou chaque trimestre. Le bénéfice est automatiquement renouvelé tant que les promesses sont respectées. S’il y a un défaut, il n’est tout simplement pas prolongé.

Encore faut-il que cette conséquence soit crédible. Menacer son partenaire d’une mesure que l’on n’a pas intérêt à appliquer risque d’avoir peu d’effets. Une bonne conséquence doit donc être connue à l’avance, mais aussi suffisamment réaliste et peu coûteuse à mettre en œuvre pour que celui qui l’a prévue ait effectivement intérêt à la maintenir.

Cette différence entre « retirer » et « ne pas renouveler » peut sembler mince, et l’autre partie pourra toujours y voir une punition. Mais elle change une chose importante : personne n’a à décider de la sanction au moment du conflit. La règle a été établie à l’avance et la conséquence découle automatiquement du comportement convenu.

Des conséquences, pas des punitions

Ces trois leviers n’agissent pas de la même façon : le premier nous donne une meilleure porte de sortie, le deuxième limite ce que nous risquons de perdre et le troisième fait dépendre les avantages futurs du respect des engagements. Leur point commun consiste à faire en sorte que le non-respect d’un engagement entraîne enfin des conséquences concrètes.

Face à une partie dominante, leur effet reste réel, mais marginal. Ils ne renversent pas le rapport de force : ils modifient simplement le calcul du manquement. Introduire une conséquence réelle ne supprime pas l’asymétrie de pouvoir, mais la rend moins absolue.

Cette approche ne transforme pas non plus un partenaire peu fiable en allié loyal. Elle permet plutôt de poursuivre les négociations lorsque la confiance, la contrainte juridique ou les solutions de rechange font défaut. Ce sont, en somme, des stratégies de survie pour une relation qu’on ne peut ni quitter ni assainir.

Face à un partenaire dont la parole ne suffit plus, l’objectif vise donc autre chose qu’une meilleure promesse. Il consiste à construire une relation où respecter sa promesse devient le choix le plus avantageux.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Annie Larocque, directrice générale de la CSFN, indique que la hausse touche plusieurs niveaux. Au moment de l’entrevue, la maternelle comptait 16 enfants ; les effectifs augmentaient aussi dans les autres classes. Ce portrait pourrait toutefois évoluer au cours de l’année, au gré des arrivées et des départs.   

Le secondaire accueille également de nouveaux élèves, après quelques années marquées par des groupes relativement petits. « C’est vraiment encourageant », se réjouit la directrice. 

Elle constate que les jeunes sont plus nombreux à demeurer dans le réseau francophone à l’approche du secondaire. Par le passé, plusieurs quittaient l’École des Trois-Soleils vers la 6e, 7e ou 8e année pour poursuivre leur scolarité dans le système anglophone, notamment afin de rejoindre leurs amis ou d’avoir accès à davantage de services. Cette tendance semble toutefois s’atténuer.  

« Nos élèves restent beaucoup plus avec nous parce qu’on est en mesure d’offrir beaucoup plus de services », affirme Annie Larocque, qui signale aussi le retour de certains jeunes après quelques années d’absence.  

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La CSFN se félicite du retour d’anciens élèves. 

Crédit : Gwendoline Le Bomin

Une offre bonifiée 

La CSFN attribue notamment cette amélioration au développement des activités parascolaires. De nouveaux clubs de robotique, d’impression 3D et de danse ont vu le jour, s’ajoutant à celui de couture déjà en place. Différents sports complètent l’offre. Le choix proposé s’en trouve ainsi élargi.  

Le voyage d’échange organisé en Colombie-Britannique en 2025 aurait aussi favorisé la rétention, certains élèves ayant exprimé le souhait de rester à l’école pour participer à ce type d’initiative. Un projet semblable est envisagé cette année, mais sa tenue n’avait pas encore été confirmée au moment de l’entrevue.  

Annie Larocque estime que la stabilité accrue de l’équipe enseignante au cours des dernières années contribue au maintien des jeunes dans l’établissement. Les élèves ont de bonnes chances de retrouver les mêmes enseignants l’année suivante, ce qui leur permet de tisser des liens avec les membres du personnel. Cette continuité renforce, à ses yeux, leur attachement à ce milieu.  

La commission scolaire a par ailleurs offert de nombreuses formations sur la diversité, l’équité et l’inclusion. Selon la dirigeante, leurs effets se font sentir dans les salles de classe. « Tout ça mis ensemble, je pense qu’on commence à voir le fruit de ça », résume-t-elle.  

Le logement complique le recrutement 

Au moment de l’entrevue, un poste d’enseignant restait néanmoins à pourvoir à la CSFN, non pas faute de candidats, mais en raison de l’absence d’un logement disponible.  

Une demande de logement subventionné avait été présentée au gouvernement du Nunavut en mai, mais aucune unité n’avait encore été accordée. « On attend juste le logement. Sinon on est prêts à faire les entrevues, on est prêts à engager notre personne », explique Mme Larocque. Cette pénurie a également ralenti d’autres embauches cette année, ajoute-t-elle. 

En parallèle, la CSFN dispose de logements en ville dont elle reloue des chambres à certains employés. Cette mesure constitue, selon la directrice générale, un important outil de recrutement et de rétention.  

Dans l’intervalle, une enseignante retraitée a accepté de prendre la classe en charge. Cette solution temporaire a permis à tous les groupes de commencer l’année avec une équipe qualifiée et expérimentée.   

À l’exception de ce poste toujours vacant, les effectifs sont complets au service de garde, à la bibliothèque et du côté des éducateurs spécialisés. L’école peut compter, pour une deuxième année, sur une éducatrice inuit francophone, elle-même ancienne élève de l’établissement. La directrice générale souligne que cette dernière y apporte la culture et la vision inuit.  

Malgré ces difficultés, un nouvel enseignant a pu entrer en fonction pour 2026-2027. Pour la première fois, la CSFN met aussi en œuvre un programme d’accueil et d’intégration destiné aux recrues, élaboré avec l’Association des francophones du Nunavut (AFN).  

Une personne l’a accompagné à sa sortie de l’avion, notamment pour ses premières courses, une visite de la ville ainsi que des passages à l’AFN et au Carrefour Nunavut. Amateur de plein air, il a également reçu de l’équipement de camping et a dormi dans la toundra, sous les aurores boréales, dès sa deuxième nuit sur place. Selon Annie Larocque, cet accompagnement lui a permis de se sentir rapidement intégré à son nouveau milieu.  

Cette année, la Commission scolaire souhaite renforcer le sentiment d’appartenance des élèves au territoire en accordant davantage de place à la culture inuit et aux apprentissages dans la toundra.     

Crédit : Gwendoline Le Bomin

Une communauté plus accueillante 

Après avoir consacré la première année de son plan stratégique 2025-2030 au renforcement des compétences du personnel, la CSFN concentrera cette année ses efforts sur le quatrième pilier, celui d’une communauté accueillante.  

L’objectif consiste notamment à développer le sentiment d’appartenance des jeunes au territoire et à favoriser la découverte de leur identité franco-nunavummiut. Pour y parvenir, l’école entend accroître le bénévolat et l’engagement citoyen, consolider ses partenariats avec la communauté inuit et accorder une plus grande place à la culture inuit dans ses activités. 

Les parents souhaitent également que les élèves soient mieux ancrés dans la réalité locale et davantage exposés à cette culture, indique la directrice générale. La barrière linguistique a parfois compliqué cette démarche, reconnait-elle, mais la CSFN affirme travailler à des solutions. « Cette année, c’est vraiment là-dessus que je vais porter mon mandat », souligne-t-elle. 

Cette volonté d’ouverture se manifeste déjà dans l’utilisation du gymnase de l’école, qui est accessible à la communauté. Le lieu accueille notamment chaque semaine des entraînements aux jeux inuit. La CSFN cherche à accorder la priorité à ce type de partenariat lorsqu’elle reçoit des demandes en ce sens.  

Les apprentissages à l’extérieur devraient également gagner en importance cette année. La direction juge que cette immersion contribue à la construction identitaire des jeunes. « Si tu veux t’identifier comme un Franco-nunavummiut, il faut que tu la connaisses, la toundra, il faut que tu ailles la marcher », illustre Annie Larocque.  

Au conseil d’administration, les membres actuels demeurent en fonction, avec comme objectif principal la recherche d’une plus grande autonomie. Des discussions amorcées l’année dernière avec le gouvernement du Nunavut doivent se poursuivre cette année. La commission scolaire souhaite prendre directement en charge davantage de dossiers encore gérés à l’échelle territoriale afin de pouvoir décider elle-même. 

En septembre, cinq bambins intègreront la pouponnière du CPE Les Petits Nanooks. L’établissement accueillera alors 40 jeunes, sur un maximum autorisé de 52.  

Les groupes demeureront organisés selon quatre tranches d’âge : les poupons et bébés, les 2-3 ans, les 3-4 ans et les 4-5 ans. 

« Le CPE continue de grandir et on réorganise justement nos groupes pour mieux répondre aux besoins des familles », souligne la directrice générale, Hawa T. Diallo 

D’autres admissions pourraient avoir lieu au cours de l’année. La direction procédera toutefois graduellement, en observant le fonctionnement des groupes et en s’assurant que les éducatrices se sentent à l’aise d’accueillir davantage d’enfants. Elle souhaite ainsi préserver la qualité de l’encadrement et le bien-être du personnel, tout en respectant les ratios établis.

Une capacité accrue depuis 2023 

Avant la mise en service de ses nouveaux locaux en 2023, le CPE disposait de 16 places. Aménagés dans le cadre du projet d’agrandissement de l’École des Trois-Soleils, financés par le gouvernement du Nunavut et Patrimoine canadien, ceux-ci lui ont permis de renforcer ses effectifs. Sa capacité potentielle atteint désormais 52, avec la possibilité d’accueillir des enfants plus jeunes.  

Pour François Ouellette, président du conseil d’administration depuis 2024, cette croissance représente un gain majeur pour la communauté francophone d’Iqaluit. Elle a cependant obligé l’établissement à développer parallèlement son fonctionnement et sa gouvernance.  

Lui-même parent, il connaît la garderie depuis plus d’une décennie. Son fils, aujourd’hui âgé de près de 17 ans, l’a fréquentée dès l’âge de deux ans, tandis que sa fille de trois ans y est inscrite depuis 2024. À ses yeux, le CPE est né d’un besoin auquel une initiative communautaire est venue répondre.     

Une équipe complète, mais des défis persistants 

Le CPE compte 12 employés à temps plein : des éducatrices responsables des différents groupes d’âge, du personnel de soutien, une éducatrice en chef ainsi que la gestionnaire de l’établissement.  

Aucun poste n’est vacant. La directrice générale se réjouit de la stabilité des effectifs, qu’elle considère comme une très bonne nouvelle. 

François Ouellette affirme que le conseil d’administration éprouve une immense fierté envers l’ensemble de l’équipe. Le travail et la présence de chacun contribuent, selon lui, à créer « une vitalité humaine essentielle à notre communauté ».  

Attirer et retenir la main-d’œuvre demeure néanmoins une préoccupation constante. « Le coût de la vie, l’accès au logement et le recrutement à l’extérieur du territoire représentent des défis », indique Hawa T. Diallo. 

La direction souhaite bâtir une équipe francophone qui s’investisse à long terme et connaisse bien le contexte particulier du Nunavut.  

La croissance du CPE s’accompagne de besoins accrus en matériel éducatif, en formation et en entretien, auxquels s’ajoutent ceux liés à la mise en œuvre de nouveaux projets. À l’instar de plusieurs acteurs locaux, l’établissement doit composer avec les réalités financières et logistiques propres à la ville. 

La priorité demeure de veiller à ce que les services à la petite enfance en français disposent des ressources nécessaires. Selon la dirigeante, une communauté francophone forte se bâtit dès le plus jeune âge grâce à la collaboration entre le CPE, les familles, les organismes du milieu et ses partenaires. 

Une programmation renouvelée  

Le CPE prépare de nouvelles activités. L’appui de l’Association des francophones du Nunavut (AFN) et du gouvernement territorial favorise l’avancement de certains projets. Un cadre pédagogique adapté au contexte de la petite enfance au Nunavut est par ailleurs en cours d’élaboration.  

« L’objectif est vraiment de continuer à faire évoluer nos pratiques, tout en renforçant la place du français, la construction identitaire et l’ancrage des enfants dans la réalité culturelle du territoire », explique la directrice générale.  

Du côté du conseil d’administration, François Ouellette cite parmi les priorités la mise à jour du programme éducatif, le soutien au personnel éducateur et l’établissement d’ententes de collaboration plus formelles avec la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN) et l’AFN. 

« Il est maintenant temps d’approfondir notre travail et d’élargir notre vision », affirme-t-il.  

À la tête du CPE depuis septembre 2024, Hawa T. Diallo dit avoir observé une importante évolution en deux ans. Le CPE s’est davantage structuré, son équipe s’est développée et ses méthodes ont changé. Plusieurs initiatives axées sur la qualité éducative et la langue française ont vu le jour.  

Garder le français vivant

La directrice générale insiste particulièrement sur le rôle de la garderie dans le parcours des familles francophones d’Iqaluit. Selon elle, le CPE est souvent le premier endroit où les enfants commencent à vivre et à grandir en français avant leur entrée à l’école. « Le travail que l’on fait dès la petite enfance contribue donc directement à garder le français vivant au Nunavut », affirme-t-elle. 

Au-delà de la croissance du CPE, Mme Diallo se dit surtout fière de voir les tout-petits progresser en français, nouer leurs premières amitiés et forger peu à peu leur identité. Elle salue les efforts déployés par son équipe dans un milieu qui exige beaucoup d’adaptation, d’engagement et de collaboration. 

« On ne réfléchit plus seulement aux besoins immédiats du CPE : on réfléchit aussi à son développement à plus long terme et, plus largement, à l’avenir de la petite enfance francophone au Nunavut », conclut-elle. 

Faute de services adaptés dans le territoire, le Nunavut place depuis plusieurs années dans le Sud des enfants et des jeunes aux besoins complexes. 

En 2023, la vérificatrice générale du Canada décrivait le système de protection de l’enfance du Nunavut comme étant en crise. Le ministère ne pouvait établir le nombre exact d’enfants pris en charge. Sur 23 placements hors territoire étudiés, aucune preuve des suivis mensuels requis n’avait été relevée; la tenue des examens trimestriels exigés auprès des fournisseurs de soins n’était attestée que dans un seul cas. 

Le rapport de mars 2025 constatait certains progrès dans la vérification des dossiers et des établissements d’accueil. La liste ministérielle demeurait toutefois entachée d’inexactitudes et d’incohérences, notamment sur les lieux de placement et certaines dates de naissance, malgré une amélioration depuis ses premières versions du début de 2024. 

Malgré certaines améliorations, le rapport de suivi publié en 2025 par la vérificatrice générale du Canada conclut qu’il reste encore beaucoup à faire pour améliorer les services destinés aux enfants placés hors du territoire.

Crédit : Bureau du vérificateur général du Canada

Des mesures annoncées au Nunavut 

Le ministère des Services à la famille affirme que sa priorité est d’assurer la sécurité des jeunes tout en maintenant leurs liens avec leur famille, leur communauté, leur langue, leur culture et le territoire. Il présente le placement hors du Nunavut comme un dernier recours lorsque les soins spécialisés requis n’y sont pas offerts.  

Pour limiter ces départs, les efforts portent sur le renforcement de l’accueil familial et de la prise en charge par la parenté ainsi que le développement d’un programme de transition. Un appel d’offres est aussi en préparation pour accroître les services résidentiels de traitement à Iqaluit, Rankin Inlet et Cambridge Bay.  

La capacité, l’échéancier et le financement de ces ressources n’ont toutefois pas été précisés. On ignore également combien des 61 pourraient revenir au Nunavut. Aucune cible n’a non plus été fixée pour réduire ces placements.  

De l’avis du ministère, la diversité des besoins empêche d’établir un calendrier unique. Lorsque les services requis sont disponibles, un plan de retour est élaboré avec le jeune, sa famille et les intervenants concernés.  

Des années sans plan de retour 

Jane Bates, représentante de l’enfance et de la jeunesse du Nunavut, reconnait l’amélioration du suivi des placements hors territoire, mais observe encore des lacunes dans l’organisation et le traitement des dossiers. Savoir où se trouve une personne prise en charge ne garantit pas, selon son bureau, que son cas soit géré adéquatement.

« Dans certains cas, des jeunes demeurent hors du Nunavut pendant des années sans plan clair pour leur retour, leur réunification avec leur famille ou une solution permanente à long terme. »

— Jane Bates, représentante de l’enfance et de la jeunesse du Nunavut

Selon elle, chaque enfant ou jeune doit faire l’objet d’un plan actif et individualisé portant sur ses besoins, ses droits et ses attaches ainsi que, si possible, sur les démarches nécessaires pour rentrer au Nunavut.  

Un placement hors territoire peut entraîner un éloignement du foyer, des proches, de la communauté, de la langue, de la culture et de la terre. Essentiels à son identité, à son sentiment d’appartenance et à son bien-être, ces repères peuvent s’affaiblir ou disparaître en l’absence d’efforts constants, souligne-t-elle. 

Le ministère indique qu’un agent de liaison accompagne chaque personne prise en charge. Bénéficiaires inuit du Nunavut et établis notamment à Ottawa, Edmonton et Winnipeg, ces employés assurent son suivi, défendent ses intérêts et l’aident à préserver ses attaches familiales, identitaires et linguistiques.  

Après un séjour d’au moins 90 jours en établissement résidentiel, un jeune peut obtenir jusqu’à quatre voyages payés par exercice financier pour rentrer chez lui. Si des raisons médicales ou autres l’empêchent de faire le trajet, des proches ou des tuteurs peuvent plutôt recevoir un soutien pour se déplacer afin de lui rendre visite.  

Ces mesures doivent limiter les ruptures et favoriser les retours lorsque cela est approprié, indique le ministère. Aucune précision n’a toutefois été fournie sur les moyens d’assurer l’accès à l’inuktut, ni sur la disponibilité de la nourriture traditionnelle.  

Des jeunes insuffisamment entendus 

La Loi sur les services à l’enfance et à la famille vise d’abord à protéger l’enfant et à assurer son bien-être. Son article 3 énumère notamment ses opinions et préférences ainsi que l’importance de préserver la continuité de ses relations, de sa culture et de ses liens communautaires. Or, le Bureau affirme avoir examiné des dossiers ne permettant pas d’établir que ces éléments avaient réellement été intégrés au processus décisionnel.  

« L’intérêt supérieur ne peut pas être un slogan. Il s’agit d’un critère juridique. »

— Jane Bates

Lorsque le ministère l’invoque pour justifier un placement hors territoire, il doit pouvoir démontrer comment chaque facteur applicable a été considéré et appliqué. 

Le ministère soutient que, conformément au paragraphe 3(2) de cette loi, l’évaluation tient compte des opinions et préférences du jeune, mais aussi de son âge, de son développement, de son appartenance culturelle et de ses besoins individuels. Il ajoute que les travailleurs sociaux veillent à ce que sa voix guide les interventions, sans toutefois expliquer concrètement comment cette participation s’exerce dans les décisions liées à sa prise en charge ou à la possibilité de rentrer au Nunavut.  

Selon Jane Bates, la norme 609 sur les services spécialisés hors territoire, en vigueur depuis mars 2025, encadre insuffisamment la gestion continue des dossiers et définit mal les responsabilités du ministère, notamment en ce qui concerne l’accompagnement de l’entourage, le maintien des contacts et la préparation du retour.  

Le Bureau observe que les parents sont souvent peu associés aux démarches suivant le départ et reçoivent peu ou pas de services pour remédier aux circonstances ayant mené à l’intervention de la protection de l’enfance, ce qui compromet, selon lui, une réunification sécuritaire.  

Jane Bates réclame une planification active avant, pendant et après chaque placement, qui tient compte du point de vue du jeune, préserve ses attaches culturelles et soutient ses proches. Elle demande aussi de déterminer régulièrement si cette prise en charge demeure nécessaire et appropriée, de fixer des objectifs mesurables et des échéanciers précis pour préparer le retour et de coordonner l’accompagnement tout au long de la transition, y compris après son arrivée au Nunavut. 

Davantage de ressources réclamées 

La représentante de l’enfance et de la jeunesse du Nunavut recommande d’accroître le recrutement, l’évaluation, la formation et le soutien continu des ressources d’accueil, notamment par des services de répit. Le Nunavut devrait aussi offrir différentes options encadrées par des normes bien définies : milieux familiaux, foyers spécialisés et établissements résidentiels pour les jeunes aux besoins complexes. 

Elle juge le cadre stratégique et le plan d’action actuels du ministère inadaptés, un constat également dressé par le Bureau du vérificateur général. Elle déplore que les enfants pris en charge et les personnes qui les accueillent n’y figurent pas parmi les priorités, malgré les lacunes persistantes.  

À ses yeux, les progrès doivent se traduire par une diminution des placements hors territoire, par des soins appropriés et culturellement sécuritaires pour les jeunes qui doivent partir, par le maintien de leurs liens familiaux et culturels ainsi que par une préparation structurée de leur retour, assortie d’un accompagnement. « Les engagements du gouvernement n’ont de sens que s’ils entraînent des améliorations mesurables dans la vie des enfants », affirme Jane Bates. 

The Growcer travaillera avec Arctic Fresh Group of Companies, une entreprise appartenant à des Inuit du Nunavut, afin d’élaborer le concept d’une unité déployable d’agriculture en environnement contrôlé. Ce type d’installation, qui peut notamment prendre la forme d’un conteneur, permet de réguler la lumière, la température et l’humidité pour produire des fruits et des légumes. Le contrat porte toutefois uniquement sur une étude de conception, qui se poursuivra jusqu’au 31 mars 2028.  

 L’Agence dit avoir choisi le Nunavut en raison des défis vécus par de nombreuses communautés nordiques : isolement géographique, accès limité aux aliments frais et acheminement coûteux et complexe des marchandises. Elle y voit des similitudes avec les futures missions spatiales de longue durée, où il sera difficile de se réapprovisionner et où les systèmes devront fonctionner de manière autonome, fiable et efficace avec les ressources disponibles.  

Les communautés au cœur du projet 

Les perspectives et les priorités inuit guideront l’initiative, affirme Frédérick Fink, chef des relations médias à l’Agence spatiale canadienne. Les Inuit participeront à l’ensemble du processus afin que le concept proposé soit viable sur le plan technique, culturellement pertinent et adapté au contexte nordique.  

Cette démarche sera dirigée par Arctic Fresh Group, qui possède, selon l’Agence, une expertise et des liens étroits avec les collectivités du Nunavut.  

Les caractéristiques de l’installation dépendront des renseignements recueillis lors des consultations communautaires, indique Corey Ellis, chef de la direction et cofondateur de The Growcer. L’unité d’agriculture en environnement contrôlé envisagée répondrait aux besoins et aux souhaits des résidents du Nord.  

 Le projet débutera par plusieurs mois de mobilisation. « L’étape de la conception n’a donc pas encore commencé », précise-t-il.  

Un précédent à Kugluktuk 

En 2017, The Growcer et Arctic Fresh ont participé à une expérience hydroponique à Kugluktuk, interrompue en 2020. Pour The Growcer, il s’agissait alors de sa deuxième ferme, précise Corey Ellis.   

« Le système de culture était surdimensionné pour la communauté », explique-t-il. S’il pouvait produire beaucoup de légumes-feuilles, son fonctionnement exigeait aussi d’importantes ressources.  

 Depuis, The Growcer mène des consultations en amont afin de déterminer les types de denrées et les quantités visées, ainsi que le modèle d’exploitation susceptible d’assurer la pérennité du projet.  

«Les solutions de production alimentaire dans le Nord doivent être adaptées aux conditions locales, notamment aux réalités environnementales, aux infrastructures disponibles, aux exigences opérationnelles et aux besoins des communautés», souligne Frédérick Fink, chef des relations médias à l’Agence spatiale canadienne.  

L’Agence affirme collaborer depuis 2020 avec des partenaires du Nunavut et se rendre dans différentes collectivités afin de mieux comprendre leurs priorités et de maintenir un dialogue durableCes échanges ont contribué à façonner son approche actuelle.

Des défis humains, financiers et techniques 

Malgré les particularités de chaque milieu, Corey Ellis relève plusieurs obstacles récurrents dans les collectivités nordiques éloignées : le roulement du personnel, le transport de l’unité et la mobilisation communautaire.  

« Le principal défi demeure toutefois le coût des opérations, notamment celui de la main-d’œuvre et de l’énergie », explique-t-il.  

Sur le plan technique, The Growcer affirme avoir conçu une ferme modulaire adaptée aux conditions arctiques. Son système de chauffage, de ventilation et de climatisation peut tirer parti de l’air extérieur pour déshumidifier et refroidir l’installation, tandis qu’un dispositif de contrôle thermique écoénergétique limite la consommation d’électricité. Cette expérience devrait aider l’entreprise à composer avec les températures extrêmes et les tarifs élevés de l’électricité dans le cadre du nouveau projet.  

L’incidence environnementale de l’unité, y compris la quantité totale de gaz à effet de serre qu’elle générerait, sera prise en compte lors de la conception. The Growcer prévoit d’évaluer les émissions liées au transport aérien des légumes par rapport à l’impact global d’une production sur place.  

Les énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire, figurent aussi parmi les options envisagées.   

Si une deuxième phase était approuvée, un partenaire établi sur place serait choisi pour y participer. The Growcer invite d’ailleurs les groupes intéressés à communiquer avec elle.  

Dans d’autres projets dirigés par des communautés autochtones, l’entreprise a collaboré avec des écoles, des sociétés de développement et des acteurs des secteurs de la santé et de la jeunesse.  

The Growcer offre la formation initiale sur place et peut ensuite proposer régulièrement des séances de perfectionnement et de mise à niveau. Certains producteurs en viennent même à transmettre leurs connaissances dans leur région, à l’aide des ressources qu’elle leur fournit. 

L’expérience menée à Naurvik, un site de recherche situé à Gjoa Haven, met en évidence l’importance d’une équipe formée.

Crédit : Fondation de recherche arctique

Les conditions de réussite 

Naurvik, un site de recherche situé à Gjoa Haven, n’est pas associé au nouveau projet de The Growcer. Son expérience illustre toutefois certains défis propres à l’agriculture en environnement contrôlé dans l’Arctique.  

Pour Tom Henheffer, directeur général de la Fondation de recherche arctique, le facteur humain est probablement le plus déterminant. La production alimentaire dans un conteneur peut être complexe et exige une équipe dévouée, bien préparée et capable de collaborer efficacement. Celle-ci doit notamment maîtriser les systèmes électriques, les milieux de culture, le spectre lumineux et la santé des plantes.  

Une grande part de la réussite de Naurvik repose, selon lui, sur les techniciens de Gjoa Haven, que la Fondation emploie à long terme et auxquels elle offre une formation respectueuse de leur culture et un environnement de travail favorable.  

«Il est également essentiel que les aliments cultivés soient adaptés au régime alimentaire inuit, qu’ils correspondent aux plats que les membres de la communauté souhaitent cuisiner et qu’ils répondent à leurs besoins nutritionnels.»

— Tom Henheffer, directeur général de la Fondation de recherche arctique

Après le personnel, l’approvisionnement énergétique constitue, selon lui, le deuxième enjeu majeur. Naurvik et les autres laboratoires mobiles de la Fondation peuvent couvrir de 40 % à 70 % de leurs besoins énergétiques grâce à des sources renouvelables.  

Des matériaux de construction efficaces, une isolation adéquate et ces sources d’énergie permettent de réduire la dépendance au diesel, soutient-il. L’entretien et l’amélioration du système énergétique comptent parmi les principales leçons tirées des sept années d’exploitation à Naurvik.  

Le site demeure avant tout consacré à la recherche plutôt qu’à l’alimentation de la communauté. Ses récoltes, notamment des fraises, des pommes de terre, de la laitue et du maïs, contribuent néanmoins à compléter le régime des résidents de Gjoa Haven, en priorité de ceux à qui cet apport est le plus nécessaire, selon Tom Henheffer. 

Une unité entièrement vouée à la production pourrait réduire les livraisons aériennes de produits frais, estime-t-il, même si celles-ci demeureraient probablement indispensables. 

 « Avec la bonne installation, les bonnes personnes et un système d’énergie verte correctement optimisé, les retombées potentielles sur la sécurité et la souveraineté alimentaires, ainsi que sur l’économie locale grâce à la création d’emplois, sont importantes », conclut-il.  

La question « Suna ? » qui signifie « Qu’est-ce que c’est ? » en inuktitut a été posée à plusieurs reprises par les curieux venus découvrir différentes cultures culinaires. De la mimolette, du kimchi, de la salade composée de Jell-O au citron vert, fromage cottage et oignons crus, ou encore de l’igunaq (de la graisse de morse fermentée) avaient de quoi attiser la curiosité du public.  

Pier-Maud Lanteigne a apporté une spécialité de son coin de pays, des palourdes du Nord du Nouveau-Brunswick. « C’est une tradition dans ma famille. Chaque année on va pêcher du maquereau et cueillir les claims [palourdes] », raconte-t-elle. Avec ses proches, elle les nettoie puis les conserve dans des bocaux avec un peu de sel. Une façon de faire des réserves pour tout l’hiver, complète son conjoint, Charly Salaun. 

Pier-Maud Lanteigne, accompagnée de son conjoint, Charly Salaun, et de leurs enfants, a apporté des palourdes du Nouveau-Brunswick d’où elle est originaire.

Crédit : Gwendoline Le Bomin

Originaire de France, Axel Mouffron a quant à lui apporté des Anis de Flavigny, une spécialité de Côte-d’Or, en Bourgogne. « C’est une spécialité très ancienne », explique-t-il.  « C’est une graine d’anis qui est enrobée dans du sucre avec un arôme. J’ai apporté aujourd’hui l’arôme menthe. » 

Les trois participants ont particulièrement apprécié cet événement rassembleur et soulignent qu’il est important pour eux de s’impliquer dans la communauté. « Je suis curieux et j’essaie de participer le plus possible à ce type d’événements », partage Axel Mouffron, arrivé à Iqaluit depuis quatre mois. « J’ai aussi, en bon Français, une passion pour la gastronomie donc c’était évident de venir ici aujourd’hui. » 

Le Centre alimentaire a organisé un repas partagé où les résidents d’Iqaluit étaient invités à goûter à de la nourriture locale et provenant de différentes régions du monde.

Crédit : Gwendoline Le Bomin

Au-delà des différences culinaires 

L’événement, organisé pour la première fois par le Centre alimentaire, avait pour objectif de rassembler les membres de la communauté et de favoriser l’ouverture aux autres cultures culinaires, souligne Joseph Murdoch-Flowers, codirecteur général du Centre Qajuqturvik.

« L’idée était vraiment de déconstruire cette stigmatisation envers les autres cultures, car parfois nous avons honte de notre propre culture envers les autres ».

— Joseph Murdoch-Flowers, directeur du Centre alimentaire Qajuqturvik

Il rappelle qu’il s’agit de l’objectif du Centre Qajuqturvik, celui de connecter les uns aux autres et de s’ouvrir à la diversité. L’événement pourrait d’ailleurs être reconduit l’année prochaine. 

Le public s’est retrouvé au bar Storehouse, le 1er septembre dernier, à l’occasion de la projection des deux premiers épisodes de la série à succès « North of the North ». Un moment convivial qui a réuni une vingtaine de personnes devant l’écran.  

En plus d’être disponible pour les abonnés d’APTN+, la deuxième saison sera ensuite diffusée sur CBC à partir du 8 septembre et sur Netflix dans le courant de l’année.

Le projet de loi C-21, qui porte le Traité concernant la reconnaissance et la mise en œuvre de l’autonomie gouvernementale des Métis de la rivière Rouge, ne mentionne pas l’histoire, la culture, ni même la langue française des Métis. 

Cette absence met en lumière des désaccords entre les francophones de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM), d’un côté, et la Fédération Métisse du Manitoba (MMF) et le gouvernement fédéral, à l’origine du traité. 

Lors de la préparation du projet de loi, plusieurs sources affirment que le gouvernement fédéral n’a parlé qu’à la MMF, en ignorant d’autres voix métisses, dont celle de l’Union.

Une plainte à l’étude auprès du Commissariat aux langues officielles 

La personne qui a déposé la plainte allègue que le ministère des Relations Couronne-Autochtones a manqué à ses obligations prévues à la partie VII de la Loi sur les langues officielles. 

Le ministère n’aurait pas tenu compte des droits linguistiques des Métis d’expression française ni de leur représentation au Manitoba dans le cadre de la négociation et de l’élaboration du traité. 

Selon la personne plaignante, le texte ne prévoit pas de garanties suffisantes quant au statut du français, à l’offre de services et aux communications dans la langue au sein de la communauté. 

Elle estime que c’est le rôle de ce ministère de veiller à ce que les Métis d’expression française bénéficient d’une représentation, de privilèges et d’un financement équivalent à ceux dont bénéficient les Métis d’expression anglaise. 

Le Commissariat a jugé la plainte recevable et mène actuellement l’enquête. 

Reconnaissance de l’histoire et de la culture francophones 

L’UNMSJM veut que la culture et l’histoire francophones au sein de la Nation métisse fassent partie des conversations avec la MMF et le gouvernement fédéral, sans pour autant réclamer officiellement une modification au projet de loi C-21. 

« On veut célébrer justement limplémentation du Traité [porté par C-21, NDLR]. Mais cest aussi possible de dire que le travail narrête pas au Traité. Il y a des choses absentes du traitémais ça ne veut pas dire quon a besoin de le modifier. On peut ladopter tout en ayant aussi un but de reconnaitre lun elautre », expliquait fin aout en entrevue avec Francopresse le vice-président de l’Union, ÉricPlamondonaprès la publication de la lettre. 

Dans une lettre ouverte envoyée à ses membres, la semaine dernière, la présidente de l’UNMSJM, Crystal Desrosiers, dit vouloir que l’Union soit reconnue et avec elle,  
« l’histoire des Métis francophones et mitchifs de la Rivière-Rouge au cours des 140dernières années ». 

Éric Plamondon affirme que la partie francophone est un « segment de l’histoire des Métis ».

Courtoisie UNMSJM

Plus qu’une question de traduction 

Le président de la MMF, DavidChartrand, voit les choses d’un autre œil. En entrevue avec Francopresse à la mi-août – soit avant la publication de la lettre de l’Union – il a balayé la demande l’UNMSJM : « [Inclure le français est] déjà prévu dans le texte de la Déclaration des Nations Unies, nous n’avons pas à nous demander si cela figure ou non dans notre traité, car c’est déjà le cas. […] Mais je ne peux pas me contenter d’être un gouvernement dont le seul rôle serait de protéger une seule langue. » 

Le texte du traité est d’ailleurs disponible en anglais en en français, dit-il. 

« Je parle couramment le saulteaux. Plus au nord, mon peuple parle couramment le cri. […] Plus au sud, on trouve un mélange de l’ojibwé, qui est en fait du saulteaux, mais avec un accent différent. Et puis il y a le mitchif, très répandu dans le sud. Nous n’allons donc pas traduire notre traité dans toutes les langues que nous parlons », illustre David Chartrand. 

Contacté, le ministère des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord (RCAANC) résume lui aussi la question à une affaire de traduction.  

Par courriel à Francopresse, un porte-parole rappelle : « Le Traité d’autonomie gouvernementale conclu avec la MMF est disponible dans les deux langues officielles, tout comme les annonces conjointes précédentes de RCAANC et de la MMF concernant le présent traité. » 

Les députées manitobaines Ginette Lavack (Parti libéral du Canada) et Leah Gazan (Nouveau Parti démocratique) n’ont pas réagi à nos demandes d’entrevues. Elles sont au courant de la demande de l’Union, a confirmé Crystal Desrosiers, en entrevue avec Francopresse. 

Pour l’UNMSJM, ce n’est pas une simple question de traduction. Sans vouloir absolument modifier le projet de loi C-21, Crystal Desrosiers souhaite avant tout que soit reconnue la contribution de l’Union à l’histoire de la Nation métisse, notamment par la MMF et le gouvernement fédéral.

«Je cherche une conversation avec du respect mutuel» 

En entrevue avec Francopresse après la publication de la lettre, Crystal Desrosiers veut tempérer le débat : « Je cherche à développer un rapport avec le président Chartrand. Je cherche une conversation avec du respect mutuel. Je cherche à lui parler de ce que nous, on entend de la communauté. » 

En guise d’apaisement, dans sa missive à ses membres le 26 aout, la présidente de l’Union réaffirme qu’elle ne prétend pas être un gouvernement et reconnait la MMF comme gouvernement des Métis de la Rivière-Rouge. « Notre objectif n’est pas de diviser », insiste-t-elle. 

« Notre objectif est de construire la suite. Et cette suite nous appartient aussi. Une suite où les Métis francophones de la Rivière-Rouge ne sont ni oubliés ni réduits à une note de bas de page. Une suite où nos enfants et nos petits-enfants peuvent connaitre les noms de ceux et celles qui les ont précédés. »

— Crystal Desrosiers

En entrevue, Crystal Desrosiers ajoute avoir été « transparente » avec David Chartrand et avoir partagé sa lettre avec la MMF avant publication. Elle a aussi demandé à le rencontrer prochainement. 

Un comité parlementaire devrait recevoir l’Union cet automne, dans le cadre de l’étude de C-21.  

Après de longues semaines d’incertitude et plus de quatre mois après l’édition des jeux d’hiver de l’Arctique qui se sont déroulés à Whitehorse l’hiver dernier, le voile est enfin levé. Les Jeux seront donc de retour en Alaska, en 2028, dans la ville de Fairbanks au nord du 49e état.  

L’accord d’accueil qui définit les responsabilités respectives de l’arrondissement de Fairbanks North Star et de la Société d’accueil des Jeux d’hiver de l’Arctique 2028 marque le point de départ des préparatifs des Jeux qui vont s’intensifier au cours des 18 prochains mois, selon le maire de la ville états-unienne, Grier Hopkins. 

Cette phase de travail permettra notamment de sélectionner et préparer les sites, de recruter des bénévoles locaux et de coordonner les nombreux détails logistiques nécessaires à la réussite des Jeux d’hiver de l’Arctique.

Cette nouvelle a été accueillie avec enthousiasme par le gouvernement des TNO qui est d’ores et déjà en phase de planification, avec la direction d’Équipe TNO pour soutenir la délégation des Territoires du Nord-Ouest en vue de cette édition qui aura lieu dans deux ans. 

Une « rivalité » précieuse

Pour Vince McKay, ministre des Affaires municipales et communautaires, ces jeux offrent aux athlètes du Nord une occasion unique et précieuse de rivaliser, de se perfectionner et d’établir des liens durables avec les athlètes de l’Arctique circumpolaire. 

Alors que la temporalité des Jeux devait passer de deux à trois ans, la candidature spontanée de Fairbanks North Star Borough a permis de restaurer la périodicité bisannuelle qui est en vigueur depuis la première édition des Jeux d’hiver de l’Arctique en 1970 à Yellowknife. En 2020, les Jeux qui devaient avoir lieu à Whitehorse avaient été annulés en raison de la pandémie de Covid. Puis en 2023, ils ont eu lieu à Wood Buffalo en Alberta. Initialement prévus en mars 2022, les Jeux ont été repoussés par le comité organisateur à 2023 à cause de la pandémie COVID toujours active à cette époque. Puis 2024 marque le retour à un cycle biennal avec une édition tenue en Alaska à Matanuska-Susitna. 

Pour John Rodda, président du Comité international des Jeux, la municipalité a fait preuve de détermination remarquable : « Nous félicitons toutes les personnes impliquées et nous nous réjouissons de travailler ensemble pour offrir une expérience exceptionnelle lors des Jeux d’hiver de l’Arctique en 2028 », a-t-il déclaré le 4 aout 2026.

Par ailleurs, le retour des Jeux à leur cycle traditionnel de deux ans apporte une plus grande sécurité aux délégations participantes, aux athlètes, aux officiels, aux bénévoles et aux futures communautés d’accueil, tout en renforçant la planification à long terme au sein du mouvement des Jeux d’hiver de l’Arctique selon le comité international.