le Mardi 6 octobre 2026
le Mardi 6 octobre 2026 15:39 | mis à jour le 6 octobre 2026 16:58 Actualités

AGA de Carrefour Nunavut : une année pour sortir la tête de l’eau

L’assemblée générale annuelle de Carrefour Nunavut a rassemblé une trentaine de participants le 18 septembre dernier. — Gwendoline Le Bomin
L’assemblée générale annuelle de Carrefour Nunavut a rassemblé une trentaine de participants le 18 septembre dernier.
Gwendoline Le Bomin

L’organisme francophone de développement économique a tenu son assemblée générale annuelle (AGA) le 18 septembre dernier à l’hôtel Aqsarniit. L’événement a été l’occasion de rassurer ses membres et le public et de montrer que l’organisme a remonté la pente depuis les remous de l’année dernière qui avaient entraîné la destitution de l’ex-président du CA, Nicholas Rodrigues.

AGA de Carrefour Nunavut : une année pour sortir la tête de l’eau
00:00 00:00

Cette année, l’événement s’est déroulé dans une ambiance plus sereine que l’année dernière, estime Benoît Havard, réélu président à la tête du conseil d’administration (CA). « C’était très convivial et je n’ai pas senti qu’il y avait trop de discordes. » 

Des conflits d’intérêts au sein du CA avaient entraîné la tenue d’une assemblée générale extraordinaire (AGE) en août 2025. La majorité des membres du CA était chauffeurs de taxi, explique Francis Essebou, directeur général de Carrefour Nunavut. « Ils sont venus avec leur agenda, et leur agenda, c’était qu’ils mettent la main sur les ressources pour aller faire autre chose que le mandat qui nous est confié. » 

Il ajoute que quatre membres du CA souhaitaient mettre sur pied une coopérative de taxis afin de faire concurrence à Caribou Cab et de développer une coopérative d’habitation.  
« En tant que directeur, je n’ai pas voulu signer ce genre de choses-là », affirme-t-il.  

À lire aussi : Crise au Carrefour Nunavut : une assemblée générale pour tourner la page

La première partie de l’AGA a été consacrée à la révision à la révision et à la mise à jour des statuts et règlements de l’organisme.

Gwendoline Le Bomin 

Ne plus reproduire les erreurs du passé  

Dans le but de renforcer la gouvernance de l’organisme, l’événement a débuté par une Assemblée générale extraordinaire (AGE) consacrée à la révision et à la mise à jour des statuts et règlements de Carrefour Nunavut. Plusieurs articles ont ainsi été amendés et adoptés avec l’approbation des membres. 

« On s’est assuré de ne pas refaire face à ces crises-là en ayant un meilleur document sur les règles, sur les statuts et règlements de l’organisme », explique M. Havard. « Les statuts et règlements étaient désuets, et il y a des gens qui ont essayé de peut-être abuser des failles de nos règlements. »  

Un comité de sélection chargé d’évaluer les candidatures au conseil d’administration sera mis en place dès l’année prochaine. « Il y aura une présélection », informe M. Essebou. « Ça permettra déjà d’aller voir la moralité même des gens qui postulent pour le conseil d’administration. » 

Le directeur général de Carrefour Nunavut sera désormais habilité à autoriser les paiements au nom de l’organisme. « Auparavant, le conseil d’administration avait adopté, en mon absence, une résolution prévoyant que le directeur général ne pouvait plus signer de chèques. Seuls les membres du conseil d’administration étaient alors autorisés à le faire », explique M. Essebou.  

Autre modification : cinq membres en règle pourront demander la convocation d’une assemblée extraordinaire si le conseil d’administration ou son président refuse de convoquer le CA. « C’est une mesure qui vise à éviter les situations de connivence que nous avons vues l’année dernière », précise le directeur. 

L’AGA s’est poursuivie avec la présentation du rapport de la présidence, suivie de la lecture du rapport annuel 2025-2026 de la direction générale et des états financiers.   

Quel avenir ? 

« Malgré tout ce qui s’est passé, on a maintenu le cap », déclare le directeur général. « On est même allé un peu plus loin parce que nous avons introduit de nouveaux services. On a introduit de nouveaux projets et nous voulons continuer à aller de l’avant », résume Francis Essebou. Il rapporte que le budget de l’organisme a même augmenté, passant de 1,3 million de dollars à 1,5 million de dollars. 

L’AGA a également été l’occasion de présenter les membres du nouveau personnel de l’organisme. « Les secousses qu’il y a eues l’année dernière ont fait partir pratiquement tous les employés. Je suis le seul rescapé », dit-il.  

Le directeur promet de mettre sur pied un comité d’éthique au cours des prochains mois. Le CA sera chargé de désigner trois membres de la communauté possédant une certaine expertise, notamment dans le domaine juridique, afin de favoriser une certaine impartialité.   

Benoît Havard souhaite élargir la portée de l’organisme et prendre en compte l’environnement dans lequel il évolue. « Ma vision, c’est vraiment d’avoir un organisme en développement économique qui sert la communauté entière, et non seulement la communauté francophone. […] À Iqaluit, on est sur un territoire inuit, et il faut être consciencieux, il faut être sensible à l’importance d’avoir la communauté inuit en premier plan. Et donc, le respect qu’on doit porter aux Inuit, que l’on doit porter à la communauté, doit se faire sentir à travers notre approche francophone », estime-t-il.

L’assemblée s’est conclue par l’élection des membres du conseil d’administration. Benoît Havard reprend la présidence, tandis que Christ Vladimir Tchapda renouvelle son mandat de secrétaire-trésorier. Thierry Noutack, Pierre Essoh et Isabelle Din Dika siègent également au conseil à titre d’administrateurs.

Francis Essebou (à gauche), directeur général de Carrefour Nunavut, aux côtés des membres du CA, de gauche à droite : Pierre Essoh, Benoît Havard, Isabelle Din Dika, Thierry Noutack et Christ Vladimir Tchapda. 

Gwendoline Le Bomin