le Mercredi 3 juin 2026
le Mercredi 27 mai 2026 7:30 Francophonie

Une formation pour mieux saisir les réalités du Nunavut

La formation est ouverte à tous les francophones qui souhaitent la suivre en ligne.  — Crédit : Brice Ivanovic
La formation est ouverte à tous les francophones qui souhaitent la suivre en ligne.
Crédit : Brice Ivanovic

Histoire, savoir inuit, climat, francophonie et intégration communautaire : le Centre de formation Qaujimaniq mise sur une approche approfondie pour mieux comprendre le Nunavut, avec l’instauration d’une formation de neuf heures portant les enjeux et les réalités qui le façonnent.

Une formation pour mieux saisir les réalités du Nunavut
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C’est en complétant « Le Nunavut : découvrir et comprendre un territoire unique », une formation en ligne du Centre de formation Qaujimaniq divisée en huit modules, qu’Olivier Bourit estime avoir mieux saisi certaines facettes du Nunavut.

Installé depuis bientôt trois ans à Iqaluit, il dit avoir été surpris par tout ce qu’il ignorait encore de la région. « Je me rends compte que même après trois ans où je pensais connaitre la majorité des choses sur la vie et les réalités du Nunavut, j’ai appris pas mal de choses ».

Amateur d’histoire, il affirme avoir particulièrement aimé le volet historique de la formation. « Moi qui adore l’histoire puis les anecdotes, j’ai été très satisfait. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de recherches », souligne-t-il.

Avant son arrivée au Nunavut, Olivier Bourit reconnait qu’il connaissait peu le territoire et avait quelques interrogations, notamment liées au coût de la vie. Selon lui, la formation permet justement de mieux comprendre des aspects parfois difficiles à saisir lorsqu’on s’installe au territoire.   

Marie-France Talbot (droite) et Olivier Bourit (gauche) espèrent que l’initiative permettra aux nouveaux arrivants d’avoir les outils pour mieux saisir les réalités du territoire.

Crédit : Brice Ivanovic

Comprendre le Nunavut autrement

Mieux comprendre le Nunavut est justement au cœur de la démarche, explique Marie-France Talbot, cheffe du service Formation du Centre de formation Qaujimaniq. Le but était d’offrir davantage qu’une simple introduction.

« Monsieur Madame Tout-le-Monde qui s’installe ici, on veut qu’il ait un contexte, on veut qu’il comprenne, pour qu’il soit un membre bienveillant de la communauté et qu’il parvienne à s’intégrer. »

— Marie-France Talbot, cheffe du service Formation du Centre de formation Qaujimaniq

Elle indique que l’initiative, qui a rallié jusqu’à maintenant une trentaine de participants, est née d’une demande exprimée par la communauté francophone. Plusieurs partenaires souhaitaient aussi faciliter l’accueil des nouveaux arrivants et employés.

Le contenu s’inspire d’un outil développé à l’origine pour les enseignants du gouvernement du Nunavut, puis adapté par la suite à la réalité francophone pour mieux répondre aux besoins des personnes qui s’installent sur le territoire.

La formation aborde notamment l’histoire du territoire, le savoir inuit, le climat ainsi que divers enjeux liés à la francophonie et l’intégration communautaire.

Un outil pour mieux s’intégrer

Marick Romedenne, formatrice et gestionnaire petite enfance au Centre de formation Qaujimaniq, souligne d’ailleurs que plusieurs nouveaux arrivants s’installent au Nunavut directement d’un autre pays. « C’est quand même un gros choc. Le Nunavut, c’est très particulier par rapport au reste du Canada », dit-elle, estimant qu’il était important d’offrir plus de contexte aux personnes qui viennent s’établir.

Le Centre de formation a aussi opté pour un format d’environ neuf heures afin d’aller au-delà d’une simple introduction. « Si quelqu’un vient vivre au Nunavut, je pense que c’est correct qu’il prenne une journée pour s’informer, pour avoir du contexte », fait valoir Marie-France Talbot.  

Offerte en ligne depuis janvier 2026, la formation peut être suivie à son propre rythme et aborde notamment l’histoire du territoire, le savoir inuit, le climat ainsi que divers enjeux liés à la francophonie et l’intégration communautaire.

Saisir les réalités du Nunavut

Olivier Bourit estime que la formation en vaut la peine. « J’ai trouvé ça très complet. J’ai appris beaucoup de choses. C’est long, mais ça va quand même assez vite », dit-il.

Parmi les différents modules, celui consacré aux Franco-Nunavummiut l’a particulièrement marqué, notamment en raison de la place accordée à la communauté francophone du territoire :

« En tant que francophone, je trouve que c’est important de suivre cette formation parce que ça permet de relativiser quand on défend le français. Oui, c’est une langue officielle, mais on représente seulement que 4%. C’est très important de s’en rendre compte et de rester modeste. »

Cette mise en contexte aide, à son avis, à mieux saisir l’histoire et la place de cette communauté sur le territoire. « J’ai beaucoup aimé cette partie chiffrée et, en même temps, la partie historique pour voir l’héritage positif qu’elle a laissé ».

Les capsules vidéo et témoignages intégrés aux modules figurent parmi les éléments qu’il a appréciés.  « Il n’y a pas tant de plateformes où toute la partie historique est retracée », dit-il, citant notamment l’expédition Franklin comme l’un des contenus ayant retenu son attention.

Même si elle demande du temps, Olivier Bourit croit que la formation gagnerait à être complétée plus largement, particulièrement chez les nouveaux arrivants francophones. « Après avoir fait cette formation, ça va tellement les aiguiller ».

Selon les responsables du projet, l’objectif est de permettre aux personnes qui s’installent au Nunavut de devenir des alliés de leur communauté d’accueil plutôt que de simples visiteurs. Certains suivraient le programme avant même leur arrivée au Nunavut afin de se préparer plus adéquatement à leur déménagement.

Olivier Bourit croit que le moment idéal pour réaliser la formation serait dans les trois premiers mois suivants l’établissement au Nunavut afin de comprendre leur milieu d’accueil et ses communautés. 

« À partir du moment où tu comprends mieux certaines réalités, tu vas moins les juger déjà d’une part parce que tu sais d’où ils viennent, tu vas mieux comprendre. Ça te remet tout en contexte », conclut-il.