le Lundi 16 février 2026
le Lundi 16 février 2026 13:58 Local

Le NPD à la rencontre des Nunavummiut à Rankin Inlet

Adriana Kusugak et Olivia Tagalik d’Ilitaqsiniq ont pu discuter avec Don Davies, chef du Nouveau Parti Démocrate, de différents enjeux vécus par les Nunavummiut.  — Crédit : Ilitaqsiniq
Adriana Kusugak et Olivia Tagalik d’Ilitaqsiniq ont pu discuter avec Don Davies, chef du Nouveau Parti Démocrate, de différents enjeux vécus par les Nunavummiut.
Crédit : Ilitaqsiniq

Le caucus néo-démocrate s’est rassemblé le mois dernier pour aller à la rencontre des Nunavummiut afin d’échanger sur leurs priorités et les enjeux qui les touchent au quotidien. Il s’agissait de la première fois qu’un parti fédéral tenait une réunion nationale de ce type au Nunavut, une démarche présentée comme essentielle pour orienter son action.

Le NPD à la rencontre des Nunavummiut à Rankin Inlet
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Tenue à la veille de la reprise de la session parlementaire de janvier à Ottawa, la rencontre a donné lieu à des échanges francs et soutenus avec des membres de la communauté, des travailleurs, des syndicats et des organisations locales. Mené par le chef intérimaire du Nouveau Parti démocratique (NPD) Don Davies aux côtés de la députée du Nunavut Lori Idlout, le caucus a mis en lumière plusieurs enjeux du territoire dont la crise du logement, le coût élevé de la vie et l’insécurité alimentaire.

À l’écoute des réalités du Nunavut

Selon le NPD, la visite à Rankin Inlet visait à ancrer davantage ses priorités dans le contexte propre au Nunavut, à partir des préoccupations exprimées sur le terrain ainsi qu’à approfondir les liens entre les élus fédéraux et les acteurs locaux. « Les néo-démocrates s’engagent à écouter les membres de la population et à travailler avec eux pour trouver des solutions à Ottawa », a déclaré Lori Idlout par voie de communiqué.

Un porte-parole du parti indique que les échanges avec des groupes communautaires, des dirigeants et des aînés ont permis de mieux saisir l’histoire, les traditions et le mode de vie au Nunavut. Ces rencontres ont également accentué le sentiment d’urgence face aux défis auxquels les collectivités nordiques sont confrontées.

Il souligne par ailleurs, à titre d’exemple, le prix exorbitant des denrées alimentaires dans l’Arctique, qualifié de « choquant »,  ainsi que le manque d’accès aux soins de santé. « Il est temps que les habitants du Nord aient un véritable partenaire à Ottawa, qui se batte pour régler les problèmes qui leur tiennent à cœur », insiste Don Davies.

Selon lui, entendre ces témoignages directement de la bouche des Nunavummiut a eu un impact considérable sur le caucus, renforçant la prise de conscience des réalités vécues sur le terrain. Il ajoute que, bien que le Nunavut ne dispose que d’un seul siège à la Chambre des communes, cette visite a permis de sensibiliser davantage de députés aux enjeux propres au territoire et aux contraintes qui en découlent.

Un parti fédéral tenait pour la première fois son caucus au Nunavut.

Source : Compte X Don Davies

« Un geste significatif »

Ilitaqsiniq, un organisme inuit œuvrant en formation, en emploi et en bien-être communautaire au Nunavut a rencontré les membres du caucus et a saisi l’occasion pour mettre en avant les réalités auxquelles font face les collectivités ainsi que les lacunes persistantes des systèmes censés servir les Inuit.

Olivia Tagalik, directrice des technologies de l’information et des communications de l’organisation, affirme que les besoins identifiés par les Nunavummiut en matière d’éducation, de préparation à l’emploi, de bien-être et de programmes culturellement ancrés ont fait partie de la discussion. Elle précise que les échanges ont également porté sur la manière d’y répondre par des approches dirigées et conçues par les Inuit et fondées sur l’Inuit Qaujimajatuqangit.

Ilitaqsiniq souligne que les décideurs politiques pourraient mieux tenir compte des réalités nordiques, notamment en assurant un financement durable du milieu communautaire et une plus grande flexibilité des mesures afin qu’elles reflètent davantage le contexte et les priorités locales propres au Nunavut.

« Tant que vous n’avez pas payé huit dollars pour une orange, subi des retards de vol à répétition avant une annulation, ou vu votre connexion internet tombée en panne plusieurs fois lors d’une réunion Zoom, il est difficile de saisir pleinement ce que les Nunavummiut vivent au quotidien. »

— Olivia Tagalik

Bien qu’aucun engagement précis n’ait été pris lors de la rencontre, Ilitaqsiniq estime tout de même que la tenue du caucus fédéral au Nunavut constitue un geste significatif.

Les préoccupations du milieu syndical

Le caucus a également rencontré des représentants du Syndicat des employés du Nunavut (NEU) venus faire valoir les préoccupations des travailleurs. Jason Rochon, président du NEU, a insisté sur le fait que des enjeux comme l’insécurité alimentaire, le coût de la vie, la pénurie de logements et l’accès limité aux soins de santé ont un impact direct sur les conditions de travail et la rétention du personnel au Nunavut.

Pour lui, ces réalités accentuent la pression à la fois sur le plan professionnel et sur la vie personnelle des travailleurs dans un contexte où la frontière entre travail et vie privée demeure mince dans le Nord. Le président syndical estime que des investissements publics à long terme visant à réduire le coût de la vie, à lutter contre l’insécurité alimentaire et à répondre aux crises liées au logement, aux services essentiels et aux programmes communautaires sont indispensables.

« Le NEU souhaite voir davantage de services de santé offerts directement sur le territoire et mettre fin au recours excessif à la sous-traitance, qui nuit à la rétention des travailleurs du Nunavut », affirme Jason Rochon.