L’Arctic Canada Tourism Network vise à rapprocher les organisations du secteur des trois territoires pour favoriser l’échange d’information et le partage d’expertise sur les réalités du tourisme nordique. L’initiative a été annoncée lors de l’Arctic Summit, à Whitehorse, au Yukon, un événement consacré à la souveraineté, à la sécurité et au développement dans l’Arctique.
Travel Nunavut rappelle que le secteur touristique dans les trois territoires repose surtout sur de petites entreprises ancrées dans les communautés et actives dans des environnements éloignés. L’organisation souligne qu’au Nunavut, l’industrie est étroitement liée au tissu local, à la culture et aux moyens de subsistance des Inuit. Pour Alex Stubbing, président-directeur général de Travel Nunavut, ce projet répond à un besoin concret. « Ce réseau nous offre un espace pour partager des connaissances et assurer que les voix du tourisme nordique soient présentes dans ces conversations ».
Cette collaboration s’inscrit dans un contexte où ce secteur représente un levier économique important pour les territoires.
Le poids économique du tourisme
Selon une évaluation de l’impact économique réalisée pour 2024 par Travel Nunavut, l’industrie touristique génère environ 823 millions de dollars pour l’économie du territoire et soutient plus de 6 000 emplois dans les communautés. Une nouvelle analyse pour 2025 est en cours et devrait être publiée dans les prochaines semaines.
Le territoire accueille approximativement 50 000 visiteurs chaque année, incluant les déplacements d’affaires. On compte entre 140 à 150 opérateurs touristiques dans l’ensemble du Nunavut, dont plusieurs sont de petites entreprises, appartenant à des Inuit.
Le secteur soutient un large éventail d’activités, allant des compagnies aériennes aux guides locaux, en passant par les pourvoyeurs, les artistes et les expériences culturelles offertes à la clientèle. « Nos entreprises travaillent souvent dans de petites communautés où les infrastructures sont limitées. Les échanges avec nos partenaires territoriaux nous aident à mieux comprendre les défis communs et les possibilités qui s’offrent à nous », ajoute Alex Stubbing.
Un accueil favorable sur le terrain
Cette collaboration est bien reçue par certains acteurs du secteur. C’est le cas d’Arctic Kingdom, qui organise des expéditions à travers le Nord canadien, au Nunavut, mais aussi au Nunatsiavut, dans le nord du Labrador, ainsi qu’à Eeyou Istchee, au Québec.
Son président et chef des expéditions, Graham Dickson, souligne que chaque région offre des paysages, des cultures et des expériences distinctes :
« Alors que l’intérêt national et international pour la découverte du meilleur de l’Arctique canadien continue de croître, la collaboration entre les régions devient essentielle. En travaillant ensemble, le Nord canadien peut en bénéficier, tout en répondant plus efficacement aux attentes des visiteurs provenant d’Asie, d’Europe et d’ailleurs, qui transitent par les principales portes d’entrée du Canada pour vivre le meilleur du Nord ».
De son côté, Alex Stubbing estime que le réseau pourrait permettre de mieux coordonner leurs actions face à plusieurs enjeux, notamment le transport, les infrastructures, la main-d’œuvre et la façon dont le tourisme arctique est représenté à l’international.
Il conclut que cette collaboration vise aussi à favoriser l’alignement des perspectives de la région et à s’assurer que les réalités des communautés soient reflétées dans les discussions plus larges sur l’avenir du territoire.
Du côté de Coppermine Tours and Lodge, une entreprise de Kugluktuk qui offre des expériences touristiques locales, on indique être encore en phase de développement, un processus jugé « lent ».