Une course à pied de 175 kilomètres autour du massif du Mont-Blanc, entre France, Suisse et Italie, pour 10 000 mètres de dénivelé positif. C’est le défi que s’était lancé Anthony Morell il y a un peu plus d’un. Défi relevé cet été avec un résultat inattendu à la clé pour cet inconditionnel du plein air : un top 500 pour sa première participation, après 36h40 d’effort. « C’est une course mythique qui fait rêver tout le monde quand on pratique la course en sentier » introduit le sportif.
« On se sent vivant »
Anthony Morell a pris goût à la discipline en pratiquant, d’abord, de longues randonnées au Canada et aux États-Unis. « Puis j’ai rencontré des gens qui courraient en montagne » se souvient le jeune homme de 31 ans. Sportif depuis son plus jeune âge, il se découvre un amour pour la montagne grâce aux vacances passées en famille dans les Alpes et Pyrénées françaises. « Ça m’a fait aimer les endroits isolés, reculés » ajoute le graphiste de profession, installé à Iqaluit depuis 2024 et qui a toujours eu le rêve de découvrir le Grand Nord dans un coin de sa tête.
Pour le commun des mortels, on peut bien se demander ce qui pousse quelqu’un à s’aventurer dans de telles épreuves. « Ce qui m’attire dans l’ultra distance ? On se sent vivant ! » répond celui qu’on pourrait qualifier de « fou », comme certains de ses amis le font. « Être seul en haute-montagne, c’est ce que je recherche » réplique l’intéressé.
Originaire du sud de la France, Anthony Morell est passionné de montagne depuis son plus jeune âge.
Tempête de neige et tendinite
Pour vous donner une idée de la difficulté de cette épreuve, 2500 coureurs se sont présentés au départ à Chamonix le 29 août dernier. Moins de 2000 ont franchi la ligne d’arrivée. « On a eu des conditions extrêmes, surtout la première nuit. Froid, neige : il y a eu plus de 800 abandons » se souvient le finisseur.
Le chemin fût lui-aussi semé d’embûches pour Anthony Morell, tout au long des sept ascensions répertoriées sur le parcours. S’il n’avait, certes, jamais disputé d’épreuve de cette longueur, il pouvait tout de même compter sur son expérience acquise en entraînement et lors de courses de plus de 100 kilomètres. « C’est un effort particulier, très long. Il faut bien gérer la nutrition, son corps et la nutrition » explique le coureur.
Après avoir traversé une tempête neige, le Français a aussi connu des moments plus difficiles. « Il y a des moments magnifiques, mais aussi beaucoup de moments de doute. Tu te demandes si tu vas aller au bout » reconnaît Anthony, qui rêve aussi de disputer un jour la Diagonale des fous sur l’île de la Réunion. « Dans les 50 derniers kilomètres, j’ai eu une tendinite aux tendons releveurs. Il fallait accepter la douleur ». L’abandon a-t-il été une option ? « Non, puis mon ami ne m’aurait jamais laissé faire. Quand il arrive dans la dernière montée pour faire un bout de sentier avec moi, c’était vraiment un beau moment » se souvient « Antho », qui a terminé l’épreuve en boîtant et sans la moindre émotion, épuisé par son exploit. Il mettra plusieurs jours à faire dégonfler ses pieds et à remarcher normalement.
Préparation arctique
Défier son corps et les éléments, ça se prépare. Quoi de mieux qu’un environnement arctique pour préparer son corps ? « Se lever à 6 heures du matin pour courir avec le vent de face, ça forge le mental » sourit Anthony, qui s’est entraîné plus de 12 heures par semaines entre janvier et août. Course à pied, raquette, ski, salle de sport : rien n’a été laissé au hasard, jusqu’à la nutrition.
Anthony Morell s’est également envolé vers Pangnirtung en avril, pour faire une partie de la traversée du Parc national Auyuittuq en solitaire. « J’ai enchainé des journées de près de 9 heures dans le vent, le froid et en tirant un traineau. Ça m’a apporté beaucoup sur le plan mental » souligne celui qui souhaite relever de nouveaux défis au Nunavut.
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