À quelques jours du lancement de la prochaine édition des Jeux d’hiver de l’Arctique, un petit retour dans le temps s’impose pour comprendre ce présent sportif. Stuart Hodgson, commissaire des TNO de 1967 à 1979 et Bud Orange, membre du Parlement des TNO de 1965 à 1972 ont eu l’idée de créer des Jeux d’hiver de l’Arctique alors qu’ils assistaient aux tout premiers Jeux d’hiver du Canada au Québec en 1967.
Préoccupés par le manque de compétition auquel les athlètes et entraineurs du Nord avaient accès et par le fait qu’ils étaient souvent exposés à des scores déséquilibrés lorsqu’ils participaient aux Jeux du Canada et à d’autres évènements nationaux dans le Sud, des jeux organisés en Arctique devaient, selon eux, rétablir un équilibre et un accès équitable à des compétitions.
Cette idée a été acceptée par James Smith, commissaire du Yukon puis par le gouverneur de l’Alaska, Walter Hickel. Trois ans plus tard, les Premiers Jeux se déroulaient à Yellowknife pour coïncider avec le centenaire de la création des Territoires du Nord-Ouest.
En l’an 2000, les jeux se sont déroulés à Whitehorse.
De la création en 1970 à la pandémie en 2020
Les premiers Jeux de l’Arctique ont eu lieu en 1970 à Yellowknife et l’ouverture officielle a été orchestrée par le Premier ministre de l’époque Pierre Elliott Trudeau. Le Yukon, l’Alaska et les TNO ont participé à ces premiers jeux. Dans le premier numéro de l’Ulu News, le journal des jeux parut le 9 mars 1970, la parade d’inauguration est décrite comme la plus grande parade qui a eu lieu à Yellowknife. Plus de 700 athlètes, entraineurs et personnalités politiques ont défilé notamment sur l’avenue Franklin.
En 1972, l’événement s’est tenu à Whitehorse au Yukon et ces jeux marquent le début d’une rotation entre les différentes régions qui y participent tous les deux ans. L’équipe du Nunavik – qui s’appelait à l’époque Northern Québec – a envoyé des athlètes ainsi que le Groenland. Le Labrador et la Russie ont quant à eux envoyé un contingent d’observateurs.
Deux ans plus tard, l’édition 1974 a eu lieu à Anchorage en Alaska. Puis le nombre de participants a été revu à la baisse en 1976. En effet, cette année-là, les jeux ont lieu à Schefferville, une petite communauté nordique à la frontière du Québec et du Labrador, où les infrastructures et les hébergements étaient très limités.
En 1986, le nord de l’Alberta les organise pour la première fois et en 1990, le Groenland envoie un contingent de 50. La Russie envoie pour sa part une délégation culturelle originaire de la province de Magadan, dans le nord-est de la Sibérie.
En 1992, des athlètes russes et groenlandais participent officiellement pour la première fois aux jeux.
En 2020, les jeux sont annulés à moins de deux semaines du coup d’envoi à cause de la pandémie de Covid. Puis en 2022, toujours en lien avec la pandémie, les jeux sont reportés à l’année suivante à Wood Buffalo dans le nord de l’Alberta.
Malgré la participation des Samis de l’Europe du Nord, les jeux n’ont, cependant, encore jamais eu lieu en Europe.
L’équipe du Nunavut aux Jeux d’hiver de l’Arctique en 2002 qui. Ont été organisés à la fois à Nuuk au Groenland et à Iqaluit au Nunavut.
Une édition unique entre le Nunavut et le Groenland
En 2002, à la suite de plusieurs volontés politiques, le Comité international des Jeux d’hiver de l’Arctique approuve l’organisation des Jeux dans deux sites distincts. Nuuk, au Groenland, et à Iqaluit, au Nunavut.
Les premiers Jeux organisés en partie hors d’Amérique du Nord comprenaient 17 sports. Iqaluit a accueilli le basketball, le curling, les jeux dénés, le mushing, le hockey, la gymnastique, les jeux inuits, le patinage de vitesse et la lutte, tandis que Nuuk, au Groenland, a accueilli, entre autres, le ski alpin, le badminton, le ski de fond ou encore les sports arctiques.
14 ans plus tard, la ville de Nuuk a accueilli seule les jeux. Maliina Abelsen, directrice générale a rappelé, dans l’édition du journal des jeux, Ulu News, que le nombre de participants était plus de deux fois supérieur à celui des jeux de 2002. « Pour une ville de 17 000 habitants, trouver de la place pour (loger) 2 000 personnes supplémentaires n’est pas une mince affaire. »
Quel est le rôle du Comité international des Jeux ?
Le Comité international des Jeux d’hiver de l’Arctique assure la gestion des jeux. Cet organe directeur promeut les valeurs symbolisées par les trois anneaux entrelacés des jeux, qui représentent la compétition sportive, l’exposition culturelle et l’échange social. Dédié au succès continu de ces jeux, le Comité supervise la préparation de la société hôte et guide l’intégrité technique et culturelle des jeux.
Le principe de ces jeux est de permettre aux athlètes du nord circumpolaire de concourir, selon leurs propres termes, sur leur propre terrain. Non seulement les épreuves permettent aux sportifs d’améliorer leurs techniques et performances en se mesurant à d’autres athlètes lors d’une compétition internationale, mais en plus ces rencontres sportives renforcent la compréhension mutuelle et les liens d’amitié qui se créent entre les différentes communautés de l’Arctique.