Les deux Premiers ministres se sont rencontrés pour la première fois à Ottawa. En visite de quelques jours dans la capitale nationale, John Main s’est notamment rendu à la Chambre des communes accompagné de huit membres de son cabinet.
Ce rendez-vous s’inscrit dans une démarche plus large de consultations entre Mark Carney et les dirigeants provinciaux et territoriaux, alors que le gouvernement fédéral multiplie les discussions sur les priorités économiques et sociales du pays.
La priorité : la sécurité dans l’Arctique
Selon le bureau du premier ministre du Canada, les discussions ont porté sur l’accès au logement abordable et les projets de construction nationale, des enjeux jugés déterminants pour la compétitivité et la croissance du pays.
Dans un texte commun publié à dans la capitale fédérale le 29 janvier 2026, les chefs des gouvernements, dont celui du Nunavut, ont souligné l’importance de renforcer la coopération intergouvernementale pour faire progresser des dossiers tels que le logement, les infrastructures stratégiques et le développement économique du Nord. Ils ont aussi insisté sur le caractère crucial de ces orientations pour améliorer le bien-être des populations nordiques et soutenir la prospérité à long terme.
« La sécurité dans l’Arctique est une priorité essentielle pour nos deux gouvernements. Je me réjouis à l’idée de collaborer pour bâtir une économie plus forte et des communautés plus sûres pour les gens du Nunavut. »
Avant la rencontre, Carney a qualifié John Main de dirigeant expérimenté, orienté vers l’action et les résultats, lors d’une conférence de presse.
Aucun communiqué n’a été publié par le bureau du premier ministre du Nunavut au sujet de cette rencontre et au moment d’écrire ces lignes, aucune réponse n’avait été obtenue.
Les communautés espèrent « des engagements concrets »
Maria Limousin, directrice exécutive de l’Association des municipalités du Nunavut (NAM) s’est intéressée aux propos échangés entre les deux premiers ministres. Elle mentionne que les communautés du Nunavut espèrent maintenant que ces échanges initiaux mèneront à des engagements concrets et à long terme, notamment par la reconnaissance de leur rôle comme partenaires essentiels de la construction de la nation dans le Nord.
Sur le plan pratique, elle indique que les collectivités souhaitent des avancées sur des enjeux d’infrastructures essentielles comme les systèmes d’eau potable et d’eaux usées, la gestion des déchets, les transports, les communications et l’énergie.
Elle ajoute que, bien qu’il s’agisse de services essentiels relevant des responsabilités municipales, l’ampleur et les coûts des infrastructures dans le Nord excèdent largement la capacité financière locale.
La directrice de la NAM souligne que les élus désirent aussi une meilleure cohérence entre les objectifs des politiques fédérales, tels que la souveraineté arctique, la résilience climatique et le développement économique, et les réalités vécues sur le terrain dans les communautés du Nunavut.
« Globalement, les municipalités se disent encouragées par le dialogue amorcé et espèrent des signes d’une approche collaborative qui dépasse le financement à court terme, au profit de partenariats prévisibles et durables, avec les administrations locales pleinement intégrées aux discussions. »
Du point de vue municipal, renforcer le Nord doit, selon elle, impérativement passer par des communautés en santé et bien outillées. Cela suppose également des gouvernements locaux disposant des ressources et des capacités nécessaires pour faire face à la croissance, aux impacts des changements climatiques et à l’augmentation des besoins en services dans un contexte où ces pressions s’accentuent rapidement dans le Nord.