le Dimanche 1 février 2026
le Samedi 31 janvier 2026 10:12 Francophonie

Ottawa octroie 8,5 millions de dollars pour l’enseignement du français

Le financement contribuera en majorité à la prestation des services à l’École des Trois-Soleils.  — Crédit : Courtoisie
Le financement contribuera en majorité à la prestation des services à l’École des Trois-Soleils.
Crédit : Courtoisie

Le gouvernement fédéral et celui du Nunavut ont annoncé le 5 janvier dernier la signature d’une entente bilatérale relative à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’apprentissage de la seconde langue officielle. Dans le milieu scolaire, ces fonds sont jugés essentiels pour assurer la continuité et la qualité des services éducatifs en français.

Ottawa octroie 8,5 millions de dollars pour l’enseignement du français
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L’Entente Canada–Nunavut relative à l’enseignement dans la langue de la minorité et l’enseignement de la seconde langue officielle 2024‑2025 à 2027‑2028 a pour objectif d’offrir aux membres de la minorité francophone du Nunavut la possibilité de recevoir une éducation en français tout en proposant aux apprenants inuktut et anglophones l’occasion d’acquérir le français comme langue seconde.

En annonçant cette entente, Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, a réitéré l’engagement du gouvernement du Canada envers les communautés francophones du Nunavut.  

Des retombées multiples

Par voie de communiqué de presse, David Akeeagok, ministre de l’Éducation du Nunavut a décrit ce financement comme essentiel pour son département. Un propos soutenu par Annie Larocque, directrice générale de la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN). « Ces fonds sont vraiment indispensables pour nous, afin de garantir une éducation de qualité en français ».

Le ministère de l’Éducation précise que la majorité de ce financement est destinée à l’enseignement en français pour la communauté franco-nunavummiut, tel qu’offert par la CSFN par l’entremise de l’École des Trois-Soleils. Une partie des fonds est également consacrée au français comme langue additionnelle, notamment aux initiatives relevant de l’administration scolaire du district d’Iqaluit. En date du 9 janvier 2026, 113 élèves fréquentaient l’établissement francophone tandis que 353 autres avaient accès à un apprentissage en français dans les écoles Nakasuk, Joamie, Aqsarniit et Inuksuk.

La directrice de la Commission indique qu’un total de 792 297 $ pour l’année 2024-2025 et de 791 597 $ pour 2025-2026 ont été reçus afin de soutenir la réalisation de plusieurs actions, dont une offre de cours en ligne, un service d’orientation, une bibliothèque et l’embauche d’un responsable au service de garde.

Les enseignants et le personnel ont aussi pu se développer grâce à des formations portant notamment sur le curriculum, l’intimidation et l’inclusion. « Cela permet donc de recruter et retenir des professeurs francophones qualifiés », poursuit la directrice générale. Ces fonds donneront également aux élèves la chance de voyager dans différentes villes et communautés de langue française tout en favorisant la promotion de la culture par des rencontres avec des artistes s’exprimant en français.

Les enfants de 6 à 12 ans peuvent pour leur part bénéficier du camp d’été FrancoFun, offert par Carrefour Nunavut. En 2025, le programme a rejoint environ 87 participants, ce qui représente une hausse par rapport aux années précédentes. Par ailleurs, au 16 janvier 2026, 31 enfants fréquentaient le CPE Les Petits Nanooks, inclus dans cet investissement.

Ce soutien s’inscrit dans une série d’accords conclus entre le gouvernement fédéral, provinces et territoires pour assurer l’égalité entre les deux langues officielles du Canada.

Définir les priorités

David Larose des relations avec les médias pour Patrimoine Canadien explique que le montant alloué au Nunavut est établi selon des formules de financement prévues au cadre de collaboration et tient notamment compte des effectifs scolaires et de leur potentiel de croissance ainsi que des programmes d’études offerts. « Le Protocole reconnait explicitement la situation unique des territoires et engage le gouvernement du Canada à faire preuve de flexibilité dans la répartition des contributions financières rattachées aux plans d’action territoriaux », ajoute-t-il.

Comme l’éducation relève de la compétence exclusive des provinces et des territoires, le gouvernement du Nunavut est responsable de planifier le système éducatif, de fixer des objectifs, de définir les contenus, d’établir les priorités et d’évaluer ses programmes, y compris ceux liés à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’apprentissage de la langue seconde.

Le gouvernement du Nunavut affirme ne pas anticiper de difficultés à atteindre les visées de l’accord. Selon un échange de courriels, l’élaboration du plan d’action s’est appuyée sur de nombreuses consultations avec les partenaires en éducation afin de déterminer les priorités et les grandes orientations à retenir. Le gouvernement soutient que cette démarche reflète les besoins des Nunavummiut, y compris ceux de la communauté francophone.