le Dimanche 1 février 2026
le Mardi 16 Décembre 2025 14:01 Francophonie

Le commissaire aux langues officielles se dit « mitigé » à mi-parcours du Plan d’action 2023-2028

Dans son plus récent rapport, Raymond Théberge plaide l’urgence d’agir.  — Courtoisie
Dans son plus récent rapport, Raymond Théberge plaide l’urgence d’agir.
Courtoisie

Raymond Théberge, commissaire aux langues officielles du Canada, a présenté le 25 novembre dernier son rapport portant sur la mi-parcours du Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028. Cette initiative stratégique comporte un financement de 4,1 milliards, ce qui constitue la somme la plus importante versée pour un programme quinquennal depuis son entrée en vigueur. 

Le commissaire aux langues officielles se dit « mitigé » à mi-parcours du Plan d’action 2023-2028
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Le récent rapport de Raymond Théberge sur les enjeux communautaires intituléAgir pour des communautés fortes et résilientes : Constats de mi-parcours du Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028 fait état de certaines avancées positives, mais également de problèmes récurrents et de défis qui continuent de compromettre les collectivités et leur avenir. Ce document est le reflet de plusieurs discussions avec de nombreux intervenants et institutions fédérales qui ont eu lieu lors du printemps et l’été 2025.  

L’objectif du Plan d’action est de protéger, promouvoir et renforcer l’usage du français et de l’anglais dans les organisations fédérales.  

Beaucoup à faire 

Quittant ses fonctions au début du mois de janvier 2026, Raymond Théberge exprime avoir toujours placé les communautés de langues officielles en situation minoritaire au cœur de ses préoccupations et de ses actions. La politique en matière d’immigration francophone ainsi que le programme pour les langues en santé font partie des sujets qui ont retenu son attention. 

 « L’immigration est au cœur du développement des communautés que ce soit au Nunavut ou ailleurs. C’est fondamental pour répondre aux défis démographiques », soulève Raymond Théberge. Le commissaire indique qu’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a mis en place un programme conformément à la loi, mais qu’il est trop tôt pour juger de sa réussite ou non. 

 Parmi les avancées importantes qu’il considère intéressantes dans le domaine de la santé, il mentionne entre autres choses l’embauche de l’interprète à l’hôpital général Qikiqtani pour faciliter la communication des francophones avec le personnel soignant. 

 Cependant, la présence de plusieurs enjeux pousse le commissaire à qualifier son bilan de « mitigé » et à plaider l’urgence d’agir. Les délais d’attribution des fonds qui oblige des organismes communautaires à retarder, annuler des projets ou à diminuer des activités en sont un bon exemple selon lui. La lourdeur administrative et les défis liés à la reddition de compte figurent également parmi les plus importants obstacles mentionnés. 

 En ce qui a trait aux réductions budgétaires imminentes, Raymond Théberge affirme qu’une vigilance accrue est de mise, afin d’éviter les incidences disproportionnées sur les langues officielles.

«Il ne faudrait pas que la capacité de la fonction publique à servir le public dans les deux langues officielles et appuyer la dualité linguistique canadienne s’effrite et mine les progrès considérables rendus possibles par le Plan d’action»

— Rapport « Agir pour des communautés fortes et résilientes : Constats de mi-parcours du Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028 »

Aucun représentant au Nunavut 

Sur le territoire, le poste de commissaire aux langues, autrefois occupé par Karliin Aariak, est actuellement vacant. En octobre 2025, l’Assemblée législative a publié un appel à candidatures pour pourvoir ce poste, mais aucune information n’a pu être récoltée concernant le moment où une nouvelle personne entrera en fonction.  

Contacté à ce sujet, le Bureau du commissaire aux langues du Nunavut a déclaré qu’en l’absence de commissaire, l’organisation n’était pas habilitée à accorder des entrevues médiatiques ou à commenter publiquement au nom de l’institution, y compris sur des sujets liés à la structure organisationnelle, aux projets en cours ou à de possibles orientations futures. 

«Le commissaire a un rôle à jouer pour faire avancer les langues officielles donc, lorsque le siège est vide, qui s’occupe de promouvoir les droits linguistiques au territoire» 

— Raymond Théberge

À sa connaissance, aucune plainte n’a néanmoins été formulée récemment au Nunavut en lien avec la prestation des services en anglais ou en français. 

Il souligne toutefois que le territoire est unique au Canada, en raison des défis existants combinés à la présence de plusieurs langues. Il affirme y avoir effectué des rencontres très enrichissantes et avoir entretenu une bonne relation avec l’ancienne commissaire.   

Raymond Théberge souhaite enfin rappeler l’importance d’exercer ses droits et de demander ses services dans la langue officielle de son choix dans une institution fédérale. « Si on constate que nos droits ne sont pas respectés, on doit le faire savoir », insiste-t-il. 

À l’aube de son départ, il garde un œil attentif et espère le dépôt de trois règlements, dont celui sur la loi de l’usage suffisant du français dans les entreprises à charte fédérale. « Ce serait une bonne façon de boucler mon mandat », conclut le commissaire.